ACTE II, SCÈNE XIV
BRIDKL
Et que si je ne pars pas, je manque une affaire très importante.
LUCIENNE
Je ne vous ai jamais accompagné dans ce genre de voyages que vous faites tous les ans. Quelle lubie vous prend aujourd'hui?
BRIDEL
Autrefois, en effet, je vous laissais à Paris ; mais, à cette époque, j'avais confiance en vous.
LUCIENNt:
Vous ne l'avez plus ?
BRIDEL
Plus du tout.
LUCIENNE
C'est fâcheux.
BRIDEL
C'est comme ça... Encore une question
et, cette fois-ci, ce sera la dernière. Désirezvous divorcer ?
LUCIENNE
Je vous assure que vous êtes fou>
BRIDEL
Je me mets entièrement à votre disposition. iXous jouerons une des comédies qu'on a l'habitude de jouer dans ce cas-là. Nous avons justement un avoué dans la famille, profitons-en. Quant à moi, j'ai assez de mener l'existence que vous me faites mener depuis quelque temps ; j'ai assez de la tête pommadée de M. Toury ; j'ai à m'occuper d'autre chose que de me demander chaque matin si vous prendrez un amant dans l'après-midi 1 (Mouvement de Lucienne.) Ça m'énerve ! Ça m'énerve ! . . , Recommencez à vous conduire comme une femme qui se respecte, ou bien alors mettez- vous franchement à vagabonder. Mais, dépêchez-vous ! Car je veux bien être cocu, mais je ne veux pas devenir enragé !