Petites gens
MADAME EERGERKT, purifiant SUS chaussufés. — Il y a de c'ie crolle aujourd'liui dans c'Paris, lue c'nest, en vérité, pas pour dire.
LA voisn-E. — Oh! oui, qu'il y en a, de c'te viaine crotte. Dites-donc, madame Bergeret, vol' îiédecin n'est pas encore venu?
MADAME BERGERET. — Pas encorc ; il ne peut arder , c'est approciiant son heure. Conimeiif ju'ça va, vous, à ce matin?
LA VOISINE. — Mais merci, à la douce; j'ai loum:s pktiiks r.j:>s. 1
6 LES PETITES GEXS.
jours mes tiraillements d'estomac. Je veux bien présumer que c'n'est pas l'ver solitaire, puisque rien ne s'est présenté jusqu'à présent ; mais, bien sûr, j'ai quet'cliose dans mon estomac, et j'veux voir vot' médecin quand il sera ici ; je veux le consulter là-dessus.
MADAME BERGERET. — Eh bCU , C'CSt dit; On
vous préviendra dès qu'il sera arrivé. Mais entrez donc une minute, mame Madou ! Parbleu! vous n'êtes pas si pressée?
LA VOISINE. — C'est-à-dire j'suis pressée sans l'être; j'suis pressée et je ne la suis pas; je suis pressée si vous voulez ; c'est que j'ai laissé ma porte tout contre.
MADAME BERGERET. — On n'culrcra pas cbez vous, tant que vous resterez là, n'ayez pas peur. Je ne vous engage pas à entrer dans l'autre chambre, c'est une infection !
LA VOISINE. — J'vous crois sans peine... Comment est-ce que va M. Lasserre?
MADAME BERGERET. — Jc uvous dirai pas, je ne l'ai pas encore vu d'aujourd'hui, j'arrive; je ne sais si c'est qu'il est mort ou si c'est qu'il est vivant : tout ce que je sais, c'est qu'hier au soir, quand je suis donc partie, il n'allait pas fort; faut croire, voyez-vous, qu'il s'aura assoupi c'matin, que je ne l'entends pas. 11 y a une chose, mame Madou, à considérer, c'est qu'c'esl un coffre usé, il n'y a pas
grand'liuile dans la lampe; et puis c'qui rctouffe, c'I'lioiiime-là, c'est la méchanceté ; il est si méchant, d'un si méchant! que c'est, en vérité, pas pour dire.
LA voisiAE. — Il était pourtant si bon enfant quand il se portait bien, il ne soufflait jamais mol à personne; et honnête qu'il était! il vous aurait salué un enfant dans les escaliers.
MADAME BERGERET. — C'était de la fausseté. Moi, voyez-vous, je reste ici parce que c'est M. Chapellier, qu'est donc son médecin , qui m'a fait avoir ce malade-là ; sans ça, est-ce que vous croyez que je resterais bonnement ici, au mal que j'ai, pour dix piètres sous jour? Oh! non , par exemple!
LA voisim:. — Dame, le pauvre cher homme n'est pas fortuné.
MADAME BERGERET. — Quaud OU n'cst pas fortuné, ma pauvre manie Madou. il ne faut pas avoir d'amour-propre : on va n'a l'hôpital ; là on est bien forcé de vous guérir.
LA VOISINE. — Dans ce bas monde, on ne fait pas toujours c'qu'on veut.
MADAME BERGERET. — On fait Ce quon peut, je sais bien. Dites-donc, à propos, est-ce que ça n'serait pas M. Pégucbet que j"viens d'voir en officier, dans les escaliers?
LA VOISINE. —Oui, probablement ; il est de garde aujourd'hui.
8 LFS PETITES GENS.
MADAME BERGERET. — II CSt clOllC aUSSi Oflicicr.
celui-là?
LA voisixE. — Bon Dieu! oui; esl-ce que tout le monde ne Test pas; c"esl là précisément sa brouille avec le propriétaire.
MADAME BERGERET. — ils nc 56 fréquentent donc plus?
LA VOISINE. — Ah ben, oui, s'fréquenter! bien mieux qu'ça, ils s'exècrent; quand j'dis qu'ils s'exècrent, j'n'entends pas dire par là que c'est par rapport à M. Vassal, qucsl le meilleur des bumains, la crème de son sesque; mais c'est sa femme... quand j'dis sa femme, c'est sa femme, voyez-vous (avec intention), du côté gauche. On parle des femmes mauvaises, en v'ià une de femme qu'est mauvaise, et menteuse, et gourmande, et fausse ; elle a toutes les qualités. H faut qu'elle sache tout, d'abord c'qu'on fait dans la maison, et. quand n'y a rien, elle invente. Il est bon d'vous dire qu'elle ne fait œuvre d'ses dix doigis toute la sainte journée; v'Ià ce qu'elle fait : elle se plante le derrière sur une chaise, en d'dans de sa porte, et crac, sitôt qu'elle entend quet'chose dans les escaliers, la v'Ià aux aguets.
MADAME BERGERET. — Ouj-da! Eh bcu, j'm'cn serais doutée, je ne descends pas de fois les escaliers que je n'ia rencontre ; elle est toujours à faire celle qui nettoie son paillasson ;j"m'ai
LA GAUDE-MALAUE. 9
dit d'juile : -; Toi, l'es l'une curieuse, tu n'vaux rien. »
LA voisixE. — Moi, je nl'appelle que manie Bribri, à défaut d'son nom que je n"connais pas, et que je ne veux pas connailre. Eli bien, pour vous en linir, elle en veut à la mort à manie Péguciiet.
MADAME EERGERET. — Pourquoi donc Ça?
LA voisi>E. — Parce que manie Péguciiet, dame, c'est tout naturel, cHe petite femme qu'est mariée, elle, elle ne s'rait pas flattée de faire sa société d'eune femme qui vit avec un homme.
MADAME EERGERET. — Ça tOHlbe SOUS l'scns,
LA voisn'E. — Qu'esl7ce que fail l'autre? elle en dit des horreurs : qu'elle n'est pas mariée, est-ce que je sais, moi! que c'est des banqueroutiers; et ça partout, chez l'épicier, chez la bouchère, de tous les côtés.
MADAME EERGERET. — VOVCZ-VOUS Ça !
LA VOISINE. — Lui, de son côté, M. Vassal, qu'aurait aussi été hen aise, par amour-propre, d'être officier, quand j'dis ben aise, pas pour lui toujours, car il n'a pas de volontés à lui, l'pauvre cher homme, mais pour faire plaisir à sa madame, qui lui a persuadé que, comme propriétaire, ça lui revenait de droit d'être nommé officier , que non pas, M. Péguehet.
MADAME EERGERET. — Oui, C'CSl tOUJOUrS ICS
riches qui veulent tout avoir.
LA>oisi>"t. — Qu'ça menait à la croix d'honneur, et patali, et patata ; enfin, si bien que deux hommes qui devaient mourir ensemble, qu'étaient les meilleurs amis du monde, qui n'fuisaienl qu'un, comme deux cœurs dans une même culotte; toute c'I'amillé-là a été coupée dès que marne Bribri est rentrée dans In maison.
MADAME BERGERET.— Comment donc ça, rentrée? elle en avait donc sorti?
■ LA VOISINE. —Oui, certainement, parce qu'il est bon dvous dire, mame Bergeret, que M. Vassal l'avait priée de circuler plusieurs fois pour sa santé, pour mille et une bamboches qu'elle lui avait faites ; enlin, il la reprise, parce que, le pauvre cher homme, courir à l'âge qu'il a... et puis, il n'est pas heureux quand il court... c'n'est qu'pour ça qu'il s'est remis d'avec.
MADAME BERGERET. — Vous v'ucz de nréclaircr, mame Madou; elle n'a pas l'air d'y toucher quand on la voit. L'autre jour, elle passait devant la porte cochcre ; elle disait à la portière, mame Desjardins : '( J'vas à la boucherie, voulez-vous quet'cliose? » c'était pour la trahir après...
LA voisi>E. — Comme cest joli, la propriétaire qui failcelle qui fait la boucherie d'sa portière! Moi, elle ne peut pas m'sentir.
MADAME BERGERET. — VoUS aUSSi?
LA VOISINE. — Oui. moi aussi, parce que, voyez-
VOUS, il est bon d'vous dire, marne Bergerel, qu'il y a environ deux, mois d'ça, on a enlevé à M. Lasserre un petit cellier qu"il avait à la cave. Dès que je l'ai appris chez la portière, j'ai dit que c'était l'infamie des infamies; que j'savais qui qu"en était l'auteur, et que c"nélail bien sùremetpas une femme honnête. Ça n"a pas manqué de lui être reporté, je ne l'disais qu'pour ça.
MADAME BERGERET. — Vous avez fait cquc j'aurais fait moi-même à vot" place. Elle vous a donc dit des sottises?
LA VOISINE. — Des sottises! non, elle n'en dit jamais, pas si bête; et puis on lui en répondrait, c'est ce qu'elle ne veut pas; mais je l'ai su par leur chien. Cette pauvre petite bêle, il v'nait toujours dans ma chambre, il me f'sait toutes sortes de caresses; à présent, dès qu'il m'voil, il ne m'souffle pas l'mol, il passe sans me rien dire, roide comnw un soldat aux gardes. J'm'altends à être aboyée un d'ces matins.
MADAME BERGERET. — Eh bien, foi dfenime honnête, j'vous jure que c'te femme.-là m'a toujours eu l'air bien mauvaise, bien mauvaise. Dites-donc, à propos, est-ce que ce monsieur Péguchet n'est pas un peu...?
LA VOISINE. — Lu peu quoi?
MADAME BERGERET. — Vous m'entcndcz bien.
LA VOISINE. — Carliste?
MADAME EERGERET. — Oui.
LA VOISINE. — M. PégucUet?
MADAME EERGERET. — Oui... Ull pCU.
LA VOISINE. — Ah ben, oui, carliste! c'est lui avec répicier, M. Trenioilot, qu'a fait la première liarricade de nof rue... Ab ben, oui, lui, carliste, M. Péguchet? Ben du contraire, il méprise ben trop les prêtres pour ça.
MADAME EERGERET. — ExCUSeZ... niOi, j'BVaiS
cru entrevoir...
LA VOISINE. — Vous avez mal entrevu.
MADAME EERGERET. — Moi, Ce u'cst pas cucore tant Charles X que je méprisais que son frère Louis XVIII. Ah! par exemple, celui-là... de tout mon cœur. Je n'ai jamais pu lui passer, et je ne lui passerai jamais, le massacre des chevaux café au lait de l'empereur.
LA voisnE. — Comment, comment! les chevaux café au lait?
MADAME EERGERET. — Lescbevauxdu sacrc, cufin.
LA VOISINE, avec indignation. — Les chevaux du sacre ont été massacrés? c'est Louis XVIII qui les a massacrés? On a donc massacré les chevaux du sacre ?
MADAME EERGERET. — Mais donuez-moi donc rtemps dvous expliquer la chose : vous v'ià comme une soupe au lait, que vous allez réveiller monsieur. Quand j'vous dis que les chevaux du sacre ont été
LA GARDE-MALADE. i:i
massacrés, c'est vrai, parce que leur massacre a évu lieu.
LA VOISINE. — On les a massacrés?
MADAME BERGERET. — Ou les 3 massacrés ; mais je n'entends pas, quand j'vous dis ça, prétendre que c'est Louis XVJIl en personne qua fait ça. Parbleu ! c"l'liomnie qui n" pouvait pas straîner, n'a pas été, avec un grand sabre, massacrer toutes ces pauvres bêles; et puis, toutes bonnes qu'elles étaient, elles ne s'auraient pas laissé faire, elles s'auraient r' vengées!
LA AOISIJ.E. — Je les r'connais bien là, par exemple.
MADAME BERGERET. — Quand lempercur a donc été tralii, ça n'a pas été facile de l'rempiacer; ils ne savaient tous plus comment faire, alors ils ont été s'adresser à Louis XVIII. Eh ben, il a eu la petitesse, Louis XVIII, car c'est de sa part une bien grande petitesse, de répondre ces paroles : « Je ne remettrai jamais le pied dans la France que quand j'verrai les tètes des clievaux café au lait du sacre.»
LA VOISINE. — Des pauvres bêles qu'on aimait tant!
MADAME BERGERET. — Et qui rméritaienl; car, certes, elles le méritaient. Je les vois encore comme je vous vois, moi, ces pauvres petites bêles, avec leurs petites plumes blancbes sur leurs petites têtes ; comme elles n'étaient pas fières dans leur position !
comme elles saluaient le peuple! tenez, je les vois encore, elles faisaient comme ça avec leurs petites tètes. {Elle imite le mouvement de tête des chevaux café aillait.)
LA voisi:vE. — Tenez, j"en ai un poids d'cent livres sur l'estomac, de ce que vous v'nez de radire là.
MADAME EERGERET. — J"vous crolsbicn, d'autaut que j'ai évu ça assez longtemps aussi... Si bien donc que, quand on Ta débarqué, pour not' malheur, à Calais, Louis XYIII, qu'on a même coulé son gros pied sur un bronze, et que ça n'y est même plus, heureusement;- mais ça y a été ; il a demandé les têtes des chevaux café au lait, c'est la première chose quil a demandée : « Je veux voir les têtes des chevaux café au lait. » Tout de suite on les a apportées toutes, dans plusieurs paniers, à la vérité, mais on les a apportées.
LA voisi>"E. — Et dire qu'on n'a pas pu y rien faire !
MADAME EERGERET. — CommC C'CSt UlCSquln !
Aussi, quand j"voyais passer Louis XVIII, je d'meurais alors dans le faubourg du Roule, que j'y étais portière, et toujours il passait par là, jamais par la place de la Révolution ; dès que j'apercevais le bout du nez du premier cheval de son escorte, je sortais de ma loge tout doucement, tout doucement, el savez-vous c'que jfaisais ?
LA GARDE-MALADE. ' 4 a
LA VOISINE. — Pas encore.
Madame bergeret. — Jem"plaii(aissurrtrottoir, et, quand il était d'vant moi, je m'l)aissais comme pour... vous m'entendez bien... on n'pouvait rien m'dire, j'aurais répondu, ficre comme Artaban : « Ça vient de m'prendre. » V'ià c'que j'faisais, je n'en ai jamais fait d'autres, tout l'temps qu'il a été surl'trône; et ça, toutes les fois que jem'rencontrais avec lui : le tout pour riiumilier. Bien des personnes comme ça m'ont dit : « Mais vous avez tort, manie Bergeret, vous finirez par vous compromettre. » J'ieur z'y répondais froidement : « Ce que j'fais là, je l'ferais sur l'ccliafaud, tant j'étais montée. »
LA voisoE. — Vous étiez comme... exaltée.
madame bergeret. — Pire que ça encore... Quand je pense que tout ça n'aurait pas évu lieu si l'empereur s'avait voulu tenir tranquille.
LA voisn'E. — Oh! bien sur, que, si il n'avait pas évu autant d'ambition; car c'est bien sa trop grande ambition qui l'a perdu, et nous avec.
MADAME bergeret. — Vous n'y êtes pas du tout, vous, mame Madou. Son ambition, il la fallait, son ambition, pour faire diminuer le sucre et les cafés, qui étaient hors de prix, et que les Anglais ne le voulaient pas. C'nest pas pour son ambition que je lui adresserai jamais des reproches.
LA VOISINE. — Il est vrai qu'on npouvait pas
approclier ni des cafés, ni du sucre, que c'était hors de prix; au lieure qu'en Angleterre, à c'qu'on disait dans ce temps-là, ils en donnaient aux cochons.
MADAME BERGERET. — C'CSt IfèS-Vrai ÇH, On UlC
l'a encore rapporté ; mais ce n'est pas tout, la voilà, la chose. L'empereur, comme vous, comme moi, comme tout l'monde, avait fait des i)êtises, comme tout l'monde en a fait, comme j'en ai fait, comme vous avez pu en faire, mame Madou; mais, quand on a l'honiieur d'avoir eune Joséphine, voyez-vous, eune Joséphine pour son épouse, on doit se t'nir tranquille, voilà ce qu'on doit faire, et c'est ce qu'il n"a pas fait. Si c'était son tempérament qui voulait qui s'en aille d'avec elle, il avait assez de moyens pour ne pas manquer de trouver.. .vous m'entendez. Si c'était un fils qu'il réclamait pour sa couronne, il en avait un ; car, si à celle époque-là il avait seulement voulu suivre mes conseils, je ne me suis pas cachée pour le dire, et ça en plein Champélysées : « Tu veux un garçon, adope Eugène. » Il n'y avait rien d'beau comme Eugène en guide *. Eh ben, non; je n'ai pas seulement été écoutée, et il a épousé qui? une Autrichienne, une belle chute, qui
* Régiment de chasseurs à cheval de la garde impériale commandé par le général Lefebvre-DesnoiiPtles.
depuis a épousé un maréclial des logis clief, dans son pays.
LA VOISINE. — La femme à l'empereur?
MADAME BERGERET. — La femme à l'empereur. rAutricliienne, bien entendu, une intrigante. Jloi, quand j'ai appris que c'était fini avec Joséphine, j'avais le cœur qui m'tournait, voyez-vous, qui m'tournait comme à mon premier enfant; je ne voulais pas rester dans la loge; mon mari était on journée; si j'avais aussi bien évu ce jour-là sous la main quelqu'un pour me tirer mon cordon, j'ireii aurais fait ni une ni deux , j'aurais volé, toute femme que j'étais, j'aurais volé tout d'suile à lu Malmaison, j'aurais été pleurer avec Joséphine, mêler mes larmes avec les siennes.
LA VOISINE. — Toute femme l'aurait fait à votre plice, marne Bergeret.
MADAME BERGERET. — Ça luI a Wcn réussiaussi, à c'pauvre empereur, que tout depuis son divorce y a tourné; et puis son Autricliienne, sauf le respect que j"vous dois, pour ne pas s'donner la peine de saluer le peuple, elle avait dans sa voiture, qu'elle faisait partager à l'empereur, un siège en gomme élastique; elle donnait un pelil coup dessus avec son derrière, et crac, le peuple était salué- J'vous dis, elle n'a jamais voulu s'donner le moindre mal pour la France; tandis que l'autre, pauvre Joséphine! c'était ('onime une procession de Paris
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à la Malmaison; tout l'monde voulait !a voir après son divorce. [La voisine et la garde-malade fondent en larmes.)
LA VOISINE. — Tenez, madame Bergerel, c'est des bêtises que d'être comme ça pour des choses qu'on ne r'verra jamais.
MADAME BERGERET. — Qu'on ne r'vcH'a jamais? Je m'attends, marne Madou, à des grands cliangements... Écoutez une chose... que ça ne sorte pas de nous deux...
LA voisiîVE. — Je le jure sur la lèle de mon aine.
MADAME BERGERET, s'approckant de la voisine avec le plus grand mystère. — L'empereur n'est pas mort.
LA voisi>E. — Laissez donc î
MADAME BERGERET. — Il dolt uous arriver un de ces jours à la tête de trois cents mille nègres.
LA VOISINE. — Je le croirai quand je l'verrai.
MADAME BERGERET. — J'OSC HIC flatter dC VOUS
mettre un jour à même de le voir, sans trop présumer de mes forces.
LA VOISINE. — Enfin, ça serait bien cejour-ià le plus beau de ma vie. Mais renvoyez-moi donc, que j'ai mon ménage à faire. Je reslerais là toute la journée.
MADAME BERGERET. — JC UC VOUS rCliOnS paS,
j'vas faii'e mon déjeuner.
LA voisniî. — Eli bon, n'a revoir, marne Bergeret : vous m'avertirez pour le médecin?
MADAME BERGERKT. — Oui ; lOUl (le SUitC qu'il
s'ra venu, j'suis chez vous.
LA VOISINE. — Eh ben, c'est convenu. [Elle sort. )