LES PAPILLONS
Le papillon! fleur sans tige,
Qui voltige, Que l'on cueille en un réseau; Dans la nature infinie
Harmonie Entre la plante et l'oiseau !...
Quand revient l'été superbe, Je m'en vais au bois tout seul :
Je m'élends dans la grande herbe, Perdu dans ce vert linceul.
Sur ma tête renversée, Là, chacun d'eux à son tour, Passe, comme une pensée De poésie ou d'amour !
Voici le papillon Faune, Noir et jaune :
Yoici le Mars azuré, Agitant des étincelles Sur ses ailes,
D'un velours riche et moiré.
Voici le Vulcain rapide, Qui vole comme un oiseau :
Son aile noire et splendide Porte un grand ruban ponceau Dieux î le Soufré, dans l'espace, Comme un éclair a relui...
Mais le joyeux Nacré passe, Et je ne vois plus que lui !
Comme un éventail de soie
Il déploie Son manteau semé d'argent :
Et sa robe bigarrée
Est dorée D'un or verdâtre et chansreant.
Voici le Machaon- Zèbre, De fauve et de noir rayé ; Le Deuil t en habit funèbre, Et le Miroir bleu slrié :
Voici Y Argus, feuille-morte, Le Morio, le Grand-Bleu, Et le Paon-de-jour qui porte Sur chaque aile un œil de feu!
Mais le soir brunit nos plaines;
Les Phalènes Prennent leur essor bruyant, Et les Sphinx aux couleurs sombres
Dans les ombres Voltigent en tournoyant.
C'est le Grand-Paon, à l'œil rose Dessiné sur un fond gris, Qui ne vole qu'à nuit close, Comme les chauves-souris ; Le Bombice du troène, Rayé de jaune et de vert,
Et le papillon du chêne, Qui ne meurt pas en hiver!..
Malheur, papillons que j'aime.
Doux emblème, A vous pour votre beauté !...
Un doigt de votre corsage,
Au passage, Froisse, hélas ! le velouté ! . . .
Une toute jeune fille, Au cœur tendre, au doux souris, Perçant vos cœurs d'une aiguille, Vous contemple, l'œil .surpris :
Et vos pattes sont coupées Par l'ongle blanc qui les mord, Et vos antennes crispées Dans les douleurs de la mort!. .
NI BONJOUR, NI BONSOIR Sur un air grec
N'A $&Xtp.soa, vvi wp a jcaXt.
Le matin n'est plus! le soir pas encore: Pourtant de nos yeux l'éclair a pâli.
MA fcftXi^spa, vyî w^a îcaXi.
Mais le soir vermeil ressemble à l'aurore, Et la nuit, plus tard, amène l'oubli!
LES CYDALISES
Où sont nos amoureuses?
Elles sont au tombeau:
Elles sont plus heureuses Dans un séjour plus beau !
Elles sont près des anges, Dans le fond du ciel bleu, Et chantent les louanges De la Mère de Dieu !
0 blanche fiancée !
0 jeune vierge en Heur !
Amante délaissée.
Que flétrit la douleur:
L'éternité profonde Souriait dans vos yeux...
Flambeaux éteints du monde Rallumez-vous aux cieux!