‹ Petits châteaux de Bohême; prose et poésieChapitre 9 sur 22 · LES PAPILLONS · texte numérisé non relu

LES PAPILLONS

Le papillon! fleur sans tige,

Qui voltige, Que l'on cueille en un réseau; Dans la nature infinie

Harmonie Entre la plante et l'oiseau !...

Quand revient l'été superbe, Je m'en vais au bois tout seul :

Je m'élends dans la grande herbe, Perdu dans ce vert linceul.

Sur ma tête renversée, Là, chacun d'eux à son tour, Passe, comme une pensée De poésie ou d'amour !

Voici le papillon Faune, Noir et jaune :

Yoici le Mars azuré, Agitant des étincelles Sur ses ailes,

D'un velours riche et moiré.

Voici le Vulcain rapide, Qui vole comme un oiseau :

Son aile noire et splendide Porte un grand ruban ponceau Dieux î le Soufré, dans l'espace, Comme un éclair a relui...

Mais le joyeux Nacré passe, Et je ne vois plus que lui !

Comme un éventail de soie

Il déploie Son manteau semé d'argent :

Et sa robe bigarrée

Est dorée D'un or verdâtre et chansreant.

Voici le Machaon- Zèbre, De fauve et de noir rayé ; Le Deuil t en habit funèbre, Et le Miroir bleu slrié :

Voici Y Argus, feuille-morte, Le Morio, le Grand-Bleu, Et le Paon-de-jour qui porte Sur chaque aile un œil de feu!

Mais le soir brunit nos plaines;

Les Phalènes Prennent leur essor bruyant, Et les Sphinx aux couleurs sombres

Dans les ombres Voltigent en tournoyant.

C'est le Grand-Paon, à l'œil rose Dessiné sur un fond gris, Qui ne vole qu'à nuit close, Comme les chauves-souris ; Le Bombice du troène, Rayé de jaune et de vert,

Et le papillon du chêne, Qui ne meurt pas en hiver!..

Malheur, papillons que j'aime.

Doux emblème, A vous pour votre beauté !...

Un doigt de votre corsage,

Au passage, Froisse, hélas ! le velouté ! . . .

Une toute jeune fille, Au cœur tendre, au doux souris, Perçant vos cœurs d'une aiguille, Vous contemple, l'œil .surpris :

Et vos pattes sont coupées Par l'ongle blanc qui les mord, Et vos antennes crispées Dans les douleurs de la mort!. .

NI BONJOUR, NI BONSOIR Sur un air grec

N'A $&Xtp.soa, vvi wp a jcaXt.

Le matin n'est plus! le soir pas encore: Pourtant de nos yeux l'éclair a pâli.

MA fcftXi^spa, vyî w^a îcaXi.

Mais le soir vermeil ressemble à l'aurore, Et la nuit, plus tard, amène l'oubli!

LES CYDALISES

Où sont nos amoureuses?

Elles sont au tombeau:

Elles sont plus heureuses Dans un séjour plus beau !

Elles sont près des anges, Dans le fond du ciel bleu, Et chantent les louanges De la Mère de Dieu !

0 blanche fiancée !

0 jeune vierge en Heur !

Amante délaissée.

Que flétrit la douleur:

L'éternité profonde Souriait dans vos yeux...

Flambeaux éteints du monde Rallumez-vous aux cieux!

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