‹ Petits chefs-d'œuvreChapitre 24 sur 130 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Du souverain.

On voit par cette formule que l'acte d'association renferme un engagement réciproque du public avec les particuliers, et que

^ Le vrai sens de ce mot s'est presque entièrement effacé chez les modernes; la p'upait premienl une ville pour une cité, et un bourgeois pour un citoyen. Ils i.»e savenL pas que les maisons îoa'i la ville, mais que les citoyens fo.xt Ja cité. Cette mérav^ erreur coûta ctier autrefois aux Carthaginois. Je n'ai pas lu que le titre de cil'es ail jamais été donné aux sujets d'aucun prince, pas même anciennement aux Macédoniens, ni , de nos jours, aux Anglais, quoique plus près de la liberté que tous les autres. Les seuls Français prennent tous familièrement ce nom de citoyens, parce qu*ils n'en ont aucune véritable idée, comme on peut le voir dans leurs dictionnaires; sans quoi ils tomberaient, en Tusurpanl, dans le crime de lèse-majesté : ce nom chez eux, exprime une vertu, et non pas un droit. Quand Bodin a voulu parler de nos citoyens et bourgeois , il a fait une lourde bévue, en prenant les uns pour les autres ^ M. d*Alembert ne s'y est pas trompé, et a bien distingué, dans son article Genève^ les quatre ordres d'hommes ( même cinq, en y comptant les simples étrangers ) qui sont dans notre vi^Je, et dont deux seulement composent la république. Nul autre auteur français, que je sache, n'a compris le vrai sens du mot citoyen»

* M. Brizard observe ici avec raison que Bodin écrivait dans un temps où le nom de citoyen en Fraace n'était pas un vain titre , et que Bodin l'avait soutenu lui-même avec autant de fertnelé que d'éloquence dans les états de Blois en x5B8.(ÉD.}

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