‹ Petits chefs-d'œuvreChapitre 30 sur 130 · LIVKE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVKE II, CHAPITRE II

possible au moins que cet accord soit durable et constant'; car la volonté particulière tend , par sa nature , aux préférences , et la volbnté générale à l'égalité. Il est plus impossible encore qu'on ait un garant de cet accord , quand même il devrait toujours exister ; fe ne serait pas un effet de l'art, mais du hasard. Le souverain peut bien dire , Je veux actuellement ce que veut un tel homme , ou du moins ce qu'il dit vouloir ; mais il ne peut pas dire. Ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore, puisqu'il est absurde que la volonté se donne des chaînes pour l'avenir, et puisqu'il ne dépend d'aucune volonté de consentir à rien de contraire au bien de l'être qui veut. Si donc le peuple promet simplement d'obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa quaUté de peuple ; à l'instant qu'il y a un maître, il n'y a plus de souverain, et dè& lors le corps politique est détruit.

Ce n'est point à dire que les ordres des chefs ne puissent passer pour des volontés générales , tant que le souverain , libre de s'y opposer, ne le fait pas. En pareil cas , du silence universel on doit présumer le consentement du peuple. Ceci s'expliquera plus au> long.

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