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LIVKE II, CHAPITRE IV

ne sont soumis qu'à de telles conventions, ils n'obéissent à personne , mais seulement à leur propre volonté : et demander jusqu'où s'étendent les droits respectifs du souverain et des citoyens , c'est demander jusqu'à quel point ceux-ci peuvent s'engager avec eux-mêmes, chacun envers tous, et tous envers chacun d'eux.

On voit par là que le pouvoir souverain , tout absolu , tout sacré, tout inviolable qu'il est, ne passe ni ne peut passer les bornes des conventions générales, et que tout homme peut disposer pleinement de ce qui lui a été laissé'de ses biens et de sa hberté par ces conventions ; de sorte que le souverain n'est jamais en droit de charger un sujet plus qu'un autre , parce qu'alors , l'affaire devenant particulière, son pouvoir n'est plus compétent.

Ces distinctions une fois admises , il est si faux que dans le contrat social il y ait de la part des particuliers aucune renonciation véritable, que leur situation, par l'effet de ce contrat , se trouve réellement préférable à ce qu'elle était auparavant , et qu'au lieu d'une aliénation ils n'ont fait qu'un échange avantageux d'une manière d'être incertaine et précaire contre une autre meilleure et plus sûre , de l'indépendance naturelle contre la liberté, du pouvoir de nuire à autrui contre leur propre sûreté, et de leur force , que d'autres pouvaient surmonter, contre un droit que l'union sociale rend invincible. Leur vie même, qu'ils ont dévouée à l'État, en est continuellement protégée ; et lorsqu'ils l'exposent pour sa défense, que font-ils alors que lai rendre ce qu'ils ont reçu de lui ? Que font-ils qu'ils ne fissent plus fréquemment et avecplusde danger dans l'état de nature, lorsque , livrant des combats inévitables , ils défendraient au^ péril de leur vie ce qui leur sert à la conserver ? Tous ont à combattre au besoin pour la patrie , il est vxai ; mais aussi nul n'a jamais à combattre pour soi. Ne gagne-t-on pas encore à courir , pour ee qui fait notre sûreté , une partie des risques qu'il faudrait courir pour nous-mêmes sitôt qu'elle nous serait ôtée?

DU CONTRAT SOCIAL

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