‹ Petits chefs-d'œuvreChapitre 56 sur 130 · LIYKE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIYKE III, CHAPITRE III

Il est sûr encore que l'expédition des affaires devient plus lente à mesure que plus de gens en sont chargés ; qu'en donnant trop à la prudence on ne donne pas assez à la fortune ; qu!on laisse échap-, per l'occasion , et qu'à force de délibérer on perd souvent le fruit de la délibération.

Je viens de prouver que le gouvernement se relâche à mesure que les magistrats se multiplient ; et j'ai prouvé ci-devant que plus le peuple est nombreux, plus la force réprimante doit augmenter. D'où il suit que le rapport des magistrats au gouvernement doit être inverse du rapport des sujets au souverain ; c'està-dire que plus l'État s'agrandit , plus le gouvernement doit se resserrer ; tellement que le nombre des chefs diminue en raison de l'augmentation du peuple.

Au reste, je ne parle ici que de la force relative du gouvernement , et non de sa rectitude : car, au contraire , plus le magistrat est nombreux , plus la volonté de corps se rapproche de la volonté générale ; au lieu que , sous un magistrat unique , cette même volonté de corps n'est, comme je l'ai dit, qu'une volonté particulière. Ainsi , l'on perd d'un côté ce qu'on peut gagner de l'autre ; et l'art du législateur est de savoir fixer le point où la force et la volonté du gouvernement , toujours en proportion récif^roque , se combinent dans le rapport le plus avantageux à l'État.

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