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LIVRE IV, CHAPITRE IV

Les élections par le sort auraient peu d'inconvénients dans une véritable démocratie , où , tout étant égal aussi bien par les mœurs et par les talents que par les maximes et par la fortune , le choix deviendrait presque indifférent. Mais j*ai déjà dit qu'il n'y avait point de véritable démocratie.

Quand le choix et le sort se trouvent mêlés , le premier doit remplir les places qui demandent des talents propres , telles que les emplois militaires ; l'autre convient à celles où suffisent le bon sens , la justice , l'intégrité , telles que les charges de judicature ; parce que , dans un État bien constitué , ces qualités sont communes à tous les citoyens.

Le sort ni les suffrages n'ont aucun lieu dans le gouvernement monarchique. Le monarque étant de droit seul prince et magistrat unique, le choix de ses lieutenants n'appartient qu'à lui. Quand Fabbé de Saint-Pierre proposait de multiplier les conseils du roi de France et d'en élire les membres par scrutin , il ne voyait pas qu'il proposait de changer la forme du gouvernement.

Il me resterait à parler de la manière de donner et de recueillir les voix dans l'assemblée du peuple ; mais peut-être l'historique de la police romaine à cet égard expliquera-t-il plus sensiblement toutes les maximes que je pourrais établir. Il n'est pas indigne d'un lecteur judicieux de voir un peu en détail comment se traitaient les affaires publiques et particulières dans un conseil de deux cent raille hommes.

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