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pour Lahire ce (jue tu voudrais ([uil fit pour toi si tu étais Lahire et qu'il lût Dieu! » Et il cuidait fort bien prier et dire^ ajoute le naît clironi- (pieur. Ce troisi(>me personnage en froc et capuchon (jui vient derrière eux sur un mulet à
Tamble, et abandonnant les pans de sa robe au peuple qui la baise avec respect, c'est Taumônier de Jeanne d'Arc, frère Pâquerei ; à ses côtés est un carme de la province de Bretagne appelé Thomas Commecte, célèbre par sa vie austère et ses prédications contre les hennins, ' "^ '^'*'' «bonnets delà
longueur d'une aune, aigus comme clochers, desquels dépendent par derrière de longs crêpes à riches franges comme étendards, » coiffures monstrueuses, d'invention nouvelle, que les nobles dames portaient pour se distinguer des femmes du petit état, signe d'orgueil et de coquetterie que le saint homme condamnait au feu sans pitié et dont il faisait un au-
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|()(I;il«'' <!;iiis Imih's les \illcs on il prrcliiiit . u .M;iis ;i|HTs son j);ill('liu'lil . dit le rliioiii- (|U('iii-. les <|;ii lies ri' love ni leurs jx tuiles cl Idtil eomiiie les li iiuieons, lcs(|iiels. (|ii:in(l ilsetitetuleiil (|iiel(|iie Ixiiil. relirenl Iniit Ixtiiiiemeiil leurs eoi-nes, (Misnile le hriiil passé, soudain ils les rele\ (Mil pins jurandes (| ne (le\ a nt. » Deirière .leaniu'. Ilolle son étendard, dont les plis relondxMil sur son ehaperon el jouent avec son j)ana(lie.
Cette bannière, portée j)ai- Inicrguct, est blanehe, semée de ileurs de lis; on y voit figuré le Christ assis en son trii)unal dans les nuées du eieK et tenant un globe à la main. Deux anges, dont l'un porte une branehe tie lis, sont à ses pieds en adoration, et de l'autre côté brillent, brodés en or, les noms de J/iésus, Maria. Le cortège se dirige ainsi lentement, à travers la foule et les acclamations, vers l'église, où retentit bientôt un Te Deiim.
Dès le lendemain, Jeanne voulut répéter de
vive voix aux ennemis les avertissemens qu'elle leur avait donnés dans sa lettre. Montant sur un des bouleA^ards des assiégés, en face de la bastille anglaise des Tournelles, elle leur commanda de s'en aller, « sinon, ajouta-t-elle, il vous adviendra honte et malheur ». Guillaume Gladesdale, qui commandait en ce lieu, ne répondit à Jeanne que par de vilaines injures; et quelques jours après, suivant la menace prophétique, il advint malheur à l'Anglais. D'abord, un nouveau convoi, sous la conduite de Jeanne, passa devant Gladesdale, sans qu'il pût s'y opposer; plus tard le pied lui glissa sur un pont qu'il défendait, et, comme poussé par une main invisible, le blasphémateur se noya dans la Loire. Quelque temps après, un soir, encouragés par leurs premiers succès, des hommes d'armes, sans avoir consulté leurs chefs, firent une sortie contre une bastille; Jeanne, qui dormait alors, accablée de fatigue, s'éveilla en sursaut sans qu'on l'eût avertie.
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Il Ail! mccliniil ;^;ir((Hi. dil-cllc ii s<»ii |);i;^r (|ii elle li-(>ii\:i |nii:iiil siii' l.i porh*. \<>iis ne nie «lisiez. |i;is (|ii(' le s;iiin liiiiiciiis csl rcjJiiiMlii! .M I ( ) 1 1 s , \ I h ' . I II n 1 1 cl I (• \ ; 1 1 ! ))
Aiissih»! (iiiCllc j);iiiil. I:i \i(l(»irc se drcid;! |)(>iir les l"'r;iii(;iis ; une loiilc dAii^lais périic'iil, cl «(Mix (|iii (Mlia|)|)('i(Mil à la nunt ne le (.Iiironl (|u à la piolctlion de .Icaiiiic. C!lia(|iic houlovard lut pris ainsi tour à loiir.ct paitout f . cWr (Mil une lar^c pari dans \c sium'cs; parloiit ollo s'exposa coniiHc un homme dans le eoni-u ' > hal. \\c rede\(Mianl lemnuMpi après la Nieloirc, pour prier, sauver les prisonniers et panser leurs blessures. A la deuxième affaire, qui fut la plus ehaude et la plus sanglante, elle eut le cou percé d'une flèche, et pleurait, la pauvre illle : « Monseigneur, dit-elle à Dunois, sauriez-vous pas des paroles pour adoucir les blessures? — Oui. répondit-il, j'en sais cpii en ont guéri de plus profondes. » En parlant ainsi, le guerrier indiquait de la main sa poitrine, puis, se penchant sur son
cheval, il souffla ces trois mots à l'oreille de Jeanne : Dieu, honneur et patrie. « Oh! vous êtes un grand clerc, dit-elle; il me semble que je n'ai plus de mal! ;> Et bientôt elle put entendre le cri des chariots de l'armée anglaise qui s'en allait : le siège d'Orléans était levé !
Nous ne dirons rien de la bataille de Patay, de la prise de Jargeau et de Troyes, grands événements militaires qui précédèrent le sacre de Reims, et où Jeanne, comme partout, veilla et conduisit les Français sous son étendard. La répétition de tous les coups d'épée qu'on échange, de tous les flots de sang qui coulent, n'aurait pas été pour vous, ma sœur, un spectacle attrayant, et Jeanne d'Arc ellemême avait hâte d'en détourner les yeux.
Plus tard, comme elle insistait auprès du roi Charles VII pour qu'il allât se faire sacrer à Reims, s'apercevant qu'il hésitait à suivre ses conseils : « Je ne durerai qu'un an ou
JKANNK DAUC.
^uôl't* plus, (lit-cllc. il inc liiiil (IfMic lucii r('m|)l()\ (T.
l^ciulaiil l;i (•('icmoiiic, clic se tint |)i('s
s:i l);iiiiii('i°(' à ;ii)rcs le sucre, ;ta à genoux devant le
roi et lui baisa les pieds en pleurant : (( Gentil roi, dit-elle, il est exécuté, le plaisir de Dieu qui voulait que vous vinssiez à Reims recevoir votre digne sacre pour montrer que vous êtes vrai roi de France. »
Par reconnaissance, le roi anoblit Jeanne d'Arc, son père, ses trois frères et tous leurs descendans, même par filles, changea le nom de leur race qui était d'Arc en celui de Lis, et leur donna pour armes un écu d'azur à Fépée mise en pal, ayant la croisée et le pommeau d'or, accostée de deux fleurs de lis soutenant une couronne de même sur sa pointe.
« J'ai accompli, disait-elle à Dunois, ce que Dieu m'a ordonné ; je voudrais bien maintenant retourner auprès de mes père et mère qui auraient tant de joie à me revoir. Je garderais leurs brebis et leur bétail, et ferais ce que j'avais coutume de faire. » Et, dans le dessein de retourner bientôt à Vaucouleurs, elle suspendit son armure blanche au tombeau de saint Denis.
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( !«'|)('lHliilil les scii;il('iirN (Iniil (Ile in.i irluiit (Mi\ ii'oiiiH'c lii'ciil ;iii|)i'(-s (I <-||c liiiit (I iiistiiiiccs (|M Clic (((lisciil il (Milni ;i ne j);is (iiiillcr I ;iriiM'c; mais. (I('|»iiis ce mnnicnl, de Iristcs prcssciil I inciil s la |)< »ii l'Mi 1 \ 1 iciil . l 11 |(iiir mrmc. (Iil-oii, a|)i('.s av<Hi<()miiiiiiiié à réalise Saiiil-.laccjiics de C<)mj)i('^ii(\ cWc s'a|)|)uva liislciiUMil coiilii' un (les pilicis cl dit à [»liisiciii-s liahilaiis cl à iiii ^laiid iiuinhrc d cnfans qui se trouvaient là :
« Ah! mes bons amis et ehers enfans, je vous le dis avec assuiance, je serai bientôt livrée à la mort — Priez Dieu pour moi, je vous en supplie, car je ne pourrai plus servir mon roi, ni le noble royaume de France. »
Ces tristes prévisions ne furent que trop tôt justifiées. En effet, Jeanne d'Arc ayant rempli la mission que Dieu lui avait confiée. Dieu ne pouvait plus rien pour elle, et quelques jours après, au siège de Compiègne par les Bourguignons, Jeanne fut prise dans une sortie, puis vendue aux Anglais qui la con-
duisirent à Rouen, où leur jeune roi Henri VI tenait sa cour. Là, on fit forger une cage de fer dans la grande tour du château, et on y mit la sainte fille avec des chaînes aux pieds. Pour se venger de celle qui avait annoncé et consommé leur ruine, et pour décrier la cause du roi, en montrant au peuple que la victoire de Charles VII était l'œuvre de la sorcellerie, les Anglais pressèrent l'Inquisition de mettre Jeanne en jugement. Or, promesses, menaces, ils n'épargnèrent rien pour atteindre leur but et réussirent. Nous n'entrerons pas dans les détails de ce hideux procès, où furent violées toutes les formes et oii le bon sens eut à gémir autant que la justice. Ceux qui trempèrent le plus avant dans cette iniquité furent Estévet, chanoine de Rouen, Cauchon, évêque de Beauvais, deux noms voués pour toujours à l'exécration des siècles. On ne rougit pas de donner à l'accusée pour confesseur dans sa prison un mauvais prêtre, qui, pendant les interroga-
jkanm: D'A lie.
t()if(*s (inCllc ciil ;i siil>ii'. soiiHl.i coimfMininciil ;i t rtU" |);ui\r«' lillc i^iioraiilc cl Niiii|»lc (les i(''|)<)ns(*s (|iii (IcNiiiciil \,[ pcidic. IMiisiciirs fois
(■(•|)('ll(l;i lit s;i |);ir()lc niilVC cl l(iiicli;iiilc l:iillil rcincrscr des accusations lal)olicusenicnt comhinccs.
« Vous croyez eu la l; race de Dieu ? lui demandait-on.
^^ — C'est une
grande chose que de réj)ondie à cette question; si je n'y suis.
Dieu veuille m'y recevoir! et si j'y suis. Dieu veuille m'y garder! — Pourquoi portiez-vous un étendard aux combats?
— Je le portais en guise de lance pour éviter de tuer quelqu'un : je n'ai jamais tué personne.
— Quelle vertu supposiez-vous en cette bannière pour expliquer vos succès?
— Je disais aux soldats : « Entrez hardi- « ment parmi les Anglais, » et j'y entrais moi-même.
— Pourquoi la portiez-vous au sacre de Reims?
— Elle avait été à l'épreuve, c'était raison qu'elle fût à l'honneur. »
Comme un prédicateur, qui la sommait d'avouer ses crimes, se répandait en invectives contre le roi Charles VII : « Parlez-moi, non pas du roi, dit-elle en l'interrompant, car j'ose bien dire et jurer sous peine de la vie que c'est le plus noble d'entre les chrétiens. » Enfin on la força, par menace et par violence, à signer une abjuration dont elle ignorait le contenu, et alors les inquisiteurs prononcèrent une sentence par laquelle ils la
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condainiinicuf à passer le ic^tc de ses jours :iii |):iiii (le (loiilciirs et a I caii d angoisse, lit coiimic les An^'-lais, iiidi^nirs de <'ottr s<Mil(Mi(<' (|iii leur scinMail Iroj) dniicc, liraient leurs épées et menaçaient les ju^cs : « N'ayez pas de sonei. dit I nn dCnx, nous la retrouverons l)ien. » l'^t, en elïet, une nouv(dle eondanination ne tarda pas à reiuplaeer la première. Voiei sous quel prétexte. Jeaniu" avait re|)ris l'habit de femme, car ou lui imputait à ciinie l'habitude, contractée dans les camps, de se vêtir en chevalier. Pour lui faire violer sa promesse, on lui enleva pendant son sommeil les vétemens de son sexe, et on y substitua des habits d'homme. Quand elle voulut se lever, il lui fallut bien se vêtir de ces habits. Elle fut surprise par des espions apostés, jugée de nouveau sur leur témoignage, et condamnée au feu comme sorcière, séductrice, hérétique et ayant forfait à son honneur.
Le 3o mai i43i, Jeanne monta dans la charrette du bourreau : huit cents Anglais armés de toutes pièces lui servaient d'escorte. Tout à coup, un homme s'élança ^ers elle à travers la foule et lui baisa les pieds en pleurant :
c'était son faux confesseur, qui, repentant de sa perfidie ,
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venait lui en demander pardon. Anivrc an |)i('(l du huilier, elle recommanda son anic à Dien el à la sainle Vi(M'<4;c, et demanda une croix, l'n s|)eclalenr en lit une de dcnx Itàlons et i:i lui donna. .Mais l>ient('>l nn cri d iin|)alieiice se (il enlendre parmi les Anglais. Alors, interrompant les prières de la viclinu\ le bourreau la saisit ("t Tentraîna sur le l)ncher. (^)nand elle vit le Icu s allumer : « Tenez-vous en bas, dit-elle à son confesseur, levez la croix devant moi, que je la voie en mourant, et dites-moi de pieuses paroles jusqu'à la (în. »
On l'entendit prier longtemps encore à travers les flammes, et le dernier mot qn'on put distinguer lut : « Jésus! »
« Nous sommes perdus, s'écriaient les Anglais : on vient de brûler une sainte! »
On trouva son cœur tout entier dans les cendres. Et quelqu'un prétendit même avoir vu l'âme de Jeanne d'Arc s'envoler vers le ciel sous la forme d'une colombe.
Il y allait de riionneur de la France et du roi de justifier la mémoire de cette fille héroïque. Charles VII voulut que ses parens demandassent des juges. Le pape Calixte III fit assembler les évèques à Rouen; Tinnocence de Jeanne fut reconnue, et le procès lacéré et brûlé. Il ne fut pas besoin de rien ordonnancer contre les faux ju- y ges: la plupart périrent d'une mort subite ou infâme: juste jugement de Dieu !