‹ Petits contesChapitre 1 sur 37 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

ES longs ouvrages me font peur ! disait un jour Jules Janin, dans un de ces entretiens de tête-à-tête où il aimait à parler seul, en parlant de tout avec une abondance intarissable. L'idée de^ composer un livre., un volume entier, m'épouvante et me décourage à l'avance; et pourtant Dieu sait si f ai écrit des livres et entassé volumes sur volumes, comme le terrible Laserre ou le bienheureux Scudéri, auxquels Boileau ne pardonnait pas leur stérile fécondité. En vérité j'ai manqué ma vocation : j'aurais dû me borner à faire des contes, de petits contes, non pas, Dieu soit loué, ainsi qu'en faisait ce lourdaud de Marmontel, mais comme Voltaire ou Diderot, qui savaient mettre dans un conte tout l'esprit du XVIIl^ siècle. Je me souviens que, dans ma jeunesse littéraire, il ne me venait pas une pensée qui ne prit aussitôt la forme

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