PETITES HORREURS
Peu de temps après la catastrophe de Ylinay un collaborateur d!Antà découvrit dans un journal pédagogique le sonnet que voici :
Je Tai lu ce matin, ce fait divers affreux :
**L*Iéna vient de sauter" et deux cents malheureux Qui ne sont plus, hélas 1 que des ruines d'hommes, Qiie Ton ne pourra par n'importe quelles sommes
Racheter ! gisent là, dans un charnier hideux, Pantelants, ou sombres sous le flot ténébreux ! ''Cent morts'*, des millions retournés à Tatome, Ce fait divers en dit plus long que tout un tome.
A présent, cuirassé, grand cadavre, tu flambes. Tu brûleS; teint du sang et des bras et des jambes. Des tètes et des troncs noircis, déchiquetés ;
Et peut-être sont-ils près de tes flancs, les mânes Des généraux et des amiraux brevetés, Ralliant tous les morts autour de leurs tartanes.
On le voit : le patriotisme peut mener loin.