FAÏENCES
es faïences de Bruxelles sont peu connues, l'exposition archéologique aura pour résultat de mettre en lumière , d'assez nombreux produits de cette fabrique du XVIP et XVIIP siècle , conçus dans le style des faïences deDelft. La spécialité de Bruxelles consistait dans la reproduction d'animaux domestiques, poules, canards , oiseaux de différentes sortes, exécutés en général en faïences polychromes, la marque la plus estimée est celle de Mombaerts, elle se retrouve sur deux objets catalogués sous les n°^ 412 et 458 ; le n» 412 est un damier décoré en camaïeu bleu portant au revers la signature : Philippus Mombaers totBruxelle, 1709. Le n° 458 faisant partie de la collection de M. Fetis , est une grande soupière signée : Brussel le 15 nouvamber 1746 P. Mombaers, Les faïences de Liège, d'Andenne, de Bruges, de Namur, sont représentées par différents spécimens dont le plus intéressant est un médaillon appartenant à la société archéologique de Namur, médaillon ovale, décor polychrome, portant en creux l'inscription: le pourtraie Pierre Philipp Decoux potier peintre fayencie et sculpteur et fait p. p. Decoux Namur ai. 1767. La Belgique n'a pas produit seulement des faïences mais aussi et surtout des porcelaines de la fabrique de Bruxelles et de celle de Toumay. La porcelaine de Bruxelles a pris naissance à Schaerbeek, faubourg de Bruxelles, dans une villa dite Monplaisir ; la marque est un grand B surmonté
d'nne couronne avec l'inscription de Monplaisir Bruxelles^ (n" 593 du catalogue). La porcelaine de Tournay est plus célèbre et plus estimée que celle de Bruxelles, elle est particulièrement représentée à l'exposition par des pièces de la collection de madame Paul Morren. Comme les porcelaines de Copenhague et de Berlin , celles de Tournay et de Bruxelles sont une imitation souvent très réussie des porcelaines de Saxe , et la ressemblance de la marque fait souvent attribuer à Meissen des porcelaines de Tournai, depuis 1757 la marque de Tournai étant deux épées en croix , cantonnées de croisillons ; la marque primitive de Tournai était une tour qui ne prêtait pas aux mêmes erreurs d'attribution.
La part la plus importante de l'exposition de la céramique provient , non pas de la Belgique proprement dite , mais d'un pays voisin : elle est formée par cette célèbre faïence de Delft, que l'on peut comparer dans une certaine mesure aux faïences italiennes. Il y a là un grand choix de faïences de toutes sortes de la fabrique de Delft et de celle d'Arnheim, des plaques et tableaux, vases et assiettes, cornets , bouteilles de différentes nuances , décor camaïeu bleu ; décor polychrome, décor à rehauts d'dr ; il y a des pièces très remarquables au point de vue artistique , mais les marques et les signatures sont assez rares : on y trouve cependant , mais sur très peu de spécimens les marques connues et estimées : in f fortuin^ lamp het kan, la Griffe, Van Duyn , etc., mais presqu aucune des grandes plaques de Delft représentant de véritables tableaux hollandais exécutés avec un grand fini , ne porte indication du nom de l'auteur; un tableau d'après Berghem (n" 760) représentant une scène champêtre , porte la date
Une grande plaque représentant une Kermesse de village {n° 751) porte la date de 1640.
Le n° 766 représente un tableau de Van Goyen, le n» 752 un autre tableau de Wouvermans , rendu avec beaucoup
de vérité et d'exactitude , mais je signalerai particulièrement trois grandes compositions de la même collection Evenenpoel exécutées à l'aide de carreaux réunis , ce sont le n° 794 , représentant une vue de la ville pittoresque de DordrecM, avec son haut clocher émergeant entre les mâts, du milieu des eaux , et les n"* 792 et 793, deux pendants formés chacun de trente-trois carreaux représentant l'un le portrait du prince Frédéric-Henri de Nassau , l'autre le portrait de sa femme, la princesse Amélie de Solms.
Je dois indiquer encore dans le décor polychrome la plaque n° 893 représentant une scène de cabaret avec la signature : G. Ve^^kaast, et le broc portant le n° 920 représentant un homme assis sur un tonneau avec cette inscription Wittewijn. Anno 1575. date très reculée pour la faïence de Delft.
Quant aux faïences d'Arnheim , elles portent presque toutes leur marque distinctive : le coq chantant , quelques unes avec cette inscription placée sur une banderole : Arnhemse fabrique.