‹ Petits poémesChapitre 11 sur 29 · LES ÉTOILES · texte numérisé non relu

LES ÉTOILES

Le jour tombe ; la nuit tout doucement s'avance;

£t dans le fond du firmament Chaque étoile se lève et s'assied en silence

Sur son trône de diamant.

C'est l'heure du repos, du sommeil et du rêve ,

Qui verse l'oubli sur nos maux ; L'heure où l'âme et le corps* profitent de la trêve

Que Dieu dispense à nos travaux.

Seul je veille. Tout dort — Comme la nuit est douce!

Dans le silence universel Je crois ouïr le globe entraîné sans secousse

Glisser sur les vagues du ciel.

Où roulons-nous ainsi? Comme un vaisseau qui passe

Et fend les ombres de la nuit, Sur quel bord inconnu de Téternel espace

Allons-nous échouer sans bruit?

Peut-être que demain, cherchant une autre aurore.

Dans son chemin capricieux Notre globe égaré verra dans l'ombre éclore

D'autres soleils et d'autres cieux...

Mais non ! tout est réglé. Dans l'insondable abîme

Chaque étoile sait son chemin.

Sur chaque monde veille un pilote sublime :

Dieu tient le gouvernail en main.

0' mondes! ô soleils! étoiles, nuit sereine,

Doux silence, vents frémissants!

Vous ranimez ce cœur à qui pèse la haine.

Vous rendez le calme à mes sens.

L'espérance descend sur moa âme embrasée

Et baigne mon front soucieux.

La paix, la foi, Tamour, invisible rosée.

Glissent vers moi du fond des cieux ; Et je me dis ."ce ciel immense où tout s'agite

Comme une poussière de feu Ne vit jamais un astre infidèle à Torbite

Que lui traça le doigt de Dieu.

Le même doigt nous guide. Avançons donc sans crainte.

D'un pied sûr, d'un cœur indompté.

Dieu nous remit lui-même au seuil du labyrinthe

Le fil d'or de la liberté.

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