LES ÉTOILES
Le jour tombe ; la nuit tout doucement s'avance;
£t dans le fond du firmament Chaque étoile se lève et s'assied en silence
Sur son trône de diamant.
C'est l'heure du repos, du sommeil et du rêve ,
Qui verse l'oubli sur nos maux ; L'heure où l'âme et le corps* profitent de la trêve
Que Dieu dispense à nos travaux.
Seul je veille. Tout dort — Comme la nuit est douce!
Dans le silence universel Je crois ouïr le globe entraîné sans secousse
Glisser sur les vagues du ciel.
Où roulons-nous ainsi? Comme un vaisseau qui passe
Et fend les ombres de la nuit, Sur quel bord inconnu de Téternel espace
Allons-nous échouer sans bruit?
Peut-être que demain, cherchant une autre aurore.
Dans son chemin capricieux Notre globe égaré verra dans l'ombre éclore
D'autres soleils et d'autres cieux...
Mais non ! tout est réglé. Dans l'insondable abîme
Chaque étoile sait son chemin.
Sur chaque monde veille un pilote sublime :
Dieu tient le gouvernail en main.
0' mondes! ô soleils! étoiles, nuit sereine,
Doux silence, vents frémissants!
Vous ranimez ce cœur à qui pèse la haine.
Vous rendez le calme à mes sens.
L'espérance descend sur moa âme embrasée
Et baigne mon front soucieux.
La paix, la foi, Tamour, invisible rosée.
Glissent vers moi du fond des cieux ; Et je me dis ."ce ciel immense où tout s'agite
Comme une poussière de feu Ne vit jamais un astre infidèle à Torbite
Que lui traça le doigt de Dieu.
Le même doigt nous guide. Avançons donc sans crainte.
D'un pied sûr, d'un cœur indompté.
Dieu nous remit lui-même au seuil du labyrinthe
Le fil d'or de la liberté.