‹ Petits poémesChapitre 9 sur 29 · L'OCÉAN · texte numérisé non relu

L'OCÉAN

Quand je lis Machiavel, Tacite et les annales

Où notre Révolution Déroule sa grandeur, le deuil, les saturnales,

La gloire et l'expiation.

Tout s'éclaire à présent d'une lueur nouvelle.

Je vois plus loin, je comprends mieux.

Ce que le temps cachait s'explique et se révèle ;

Car le présent m'ouvre les yeux.

Comme un pâtre, la nuit, du haut d'un promontoire

Contemple la mer à ses pieds, Prolongeant mes regards dans l'ombre de l'histoire

Parmi nos débris je m'assieds.

J'étudie aux éclats de la foudre qui gronde,

Penché sur l'abîme béant, Ce terrible élément plus perfide que l'onde,

Le peuple, cet autre océan.

Il a, comme la mer, son calme, ses tempêtes.

Ses flots, ses volcans sous-marins; Son flux et son reflux, son but, ses lois secrètes

Et ses caprices souverains.

Mais nul globe éclatant comme un ami sublime

Ne le régit du haut du ciel, Et nul navigateur n'a pu sonder l'abtme

Où dort ce chaos étemel.

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