‹ Petits poèmes en proseChapitre 21 sur 70 · L'HORLOGE · texte numérisé non relu

L'HORLOGE

Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui «*st à la lois l'honneur de son s<>\<\ l'orgueil de mon cu'iir H |<« parfum de mon esprit, que ce soil la nuil. que ce soil I»1 jour, dans la pleine lumière ou dans l'ombre opaque, au Pond de ses yeux adora Mes je vois toujours l'heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l'espace, sans divisions de minutes ni de secondes. — une heure immobile qui n'est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d'œil.

Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard repose sur ce délicieux cadran, si quelque Génie malhonnête et intolérant, quelque Démon du contre-temps venait me dire : «Que regardes-tu là avec tant de soin? Que cherches-tn dans les yeux de cet être? ^ vois-tu l'heure, mortel prodigue et fainéant?- je répondrais sans hésiter : -Oui. je vois l'heure;

il est l'Eternité!»

JN'est-ce pas, madame, que voici un madrigal vraiment méritoire, et aussi emphatique que vous-même? En vérité, j'ai eu tant de plaisir à broder cette prétentieuse galanterie, que je ne vous demanderai rien en échange.

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