LE FOU ET I.A \ EN! S
que la chaleur, rendanl visibles l<is parfums, les l'ail monter vers l'astre comme des fumées.
Cependant, dans celle jouissance universelle, j'ai aperçu un être affligé.
Aux pieds dune colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l'Ennui les obsède, affublé d'un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l'immortelle Déesse.
Et ses yeu\ disent : — ce Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle Beauté! Ah! Déesse! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire ! n
Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.