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Alors ! fempt
‘“ Qui depuis de longs jours servait fidèlement, Gr la
‘“ Le procès, pour la forme, eut lieu bien promptements
| uis, | ‘“ Et le juge pervers condamna la servante Aourin ' 66 Arc 1 af u à + infs « 4
A mourir au gibet d’une mort infâmante. U pot
| ‘ Autour de l’échafaud on vit les curieux, Ét, pre h ,» . . Q Q 4 ?
| Pressés, impatients, inonder tous les lieux, F
e viel La jeune fille vint, calme mais abattre,
‘6 Subir son triste sort au pied de la statue, É es
‘Le bourreau la saisit, Au moment solennel Lt cen:
: | & Où son âme montait vers le Juge Eternel *: qua Un orage mugit. L'impitoyable foudre Que !e & Frappe le monument et le réduit en poudre, on.
‘6 Et Ja balance tombe avec un sourd fracas, : eur 66 Or, dans un des plateaux qui se brisent en bas Dour o 6 On voit un nid brillant....e'était un nid de pie | bal ‘6 Daus lequel s'enliçrit avec coquetterie, à LT
6 Parmi les brins de foin, le collier précieux 1... Doc,
J ûta 1 rit le D'une
‘6 Cest ainsi qu'éclata la justice des cieux ! ?”
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ÉVANGÉLINE a?
and le père Leblane eut fini son histoire Lisile ne dit mot mais ne parut rien croire ; n'en coneluait point qu'on n'avait désormais
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À ul motif d'avoir peur des navires anglais.
voulait répliquer et manquait de langage.
ble, £ ks pensers demeuraient empreints sur son visage Cbinme, sur une vitre, on voit dans les hivers, ; témoins. ] a vapeur se geler sous mille aspects divers. ioins. 1
ors Evangéline, à la braise de l’âtre,
Mempresse d'allumer la lampe au pied d’'albâtre, ent, r
line
uw la nuit qui descend répand Pobseurité, rOMPLEMEN is, Jorque la maison est pleine de clarté, Bouriante, elle va déposer sur la table Du pot d'étain rempli d'un cidre délectable ;
t, prenant aussitôt son encre et son papier,
e vieux notaire écrit, d'un style régulier, Les noms des contractants, la date et puis leur âge, Ba dot qu'Evangéline apporte en mariage
nel t cent détails charmants sans en oublier un. Æt quand tout fut écrit comme voulait chacun, Que !e sceau de la loi fut mis, brillant et large e) Comme un soleil levant, sur le blane de la marge, , L'heureux fermier tira sa bourse de chamois AS 4
Pour offrir au notaire au moins deux ou trois fois,
de pic n bel et bon argent, le prix de son ouvrage,
Aus Leblanc refusa, grondant comme un orage j De ce qu'on payait trop des actes sitôt faits.
A fit aux fiancés les plus charmants souhaits,
4 rit le grand pot d’étain où fermentait la bière, D'une main sûre emplit la coupe tout entière,
Et but à la santé des gens de la maison.
Ne pas faire cela, c’eut été trahison,
Du cidre sur sa lèvre il essuya l'écume ; Derrière son oreille il enfonça sa plume ;
Il roula son papier et donna le bonsoir, Alors ceux qui restaient vinrent sans bruit s'asseoir En cercle devant l’âtre où pétillaient les flammes, Evangéline prit le damier et les dames
Et les alla donner aux puisibles vieillards,
La lutte commença. Leurs anxieux regards Voyaient, avec plaisir, les pions faire un sièxe
Et les dumes tomber dans un perfide piége, Sœalement adroits, ils s'amusient beaucoup
D'une manœuvre heureuse ou d’un malheureux coup. Les fiancés, assis dans la fenêtre ouverte,
Ecoutaient sur la rive expirer l'onde verte,
Heureux et souriants, ils se parlaient d'amour
En regardant les flots qui chantaient tour à tour,
Et les rubans de feu sur l’écuime des vagues,
La lune qui veilluit et les bruines vagues
Qui traînaient mol'ement leurs robes sur les prés,
Et les étoiles d'or dans les cieux empourprés.
Ainsi passait le soir, sans soucis, sans tristesse, Et le temps paraissait redoubler de vitesse, Tout à coup l’on ouït, dans le beffroi voisin, La cloche qui vibrait sous le marteau dairain,
On entendit neuf coups; elle sonnait neuf heures ; À | C'était le couvre-feu de toutes les demeures, à El . . \ . à | Basile et son ami se serrèrent la main 4 | 4 . ‘ RON PRRNERE . Au | Et se dirent adieu pour jusqu’au lendemain, Le
; s'asseoir inmes,
Bien des mots de douceur, bien de tendres paroles, 4 ’aroles d'amitié charmantes et fiivoles,
à hangèrent tout bas entre les deux amants,
it de leurs cœurs émus calmèrent les tourments,
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Les charbons du foyer furent mis sous la cendre ; Nul bruit dans la maison ne se fit plus entendre, “LExcepté toutefois le bruit, sur l'escalier, «Des pas quelque peu lourds de l’honnête fermier. Tenant dans sa main blanche une lampe de verre, 4 Evangéline aussi monta, mais si légère
Qu'elle semblait glisser sur les degrés de bois. À Une chaste lueur éclaira les parois «Et dora tour à tour les barreaux de la rampe ; “Ce n'était point alors sa radieuse lampe, 4 Mais c'était son regard qui versait la clarté. Elle entra dans sa chambre. Un châssis, d’un côté, | M laissait du soleil pénétrer la lumière.
Une chaise et le lit de la jeune fermière, Une table, une image, une croix seulement, Voilà ce qu’on voyait dans cet appartement, 4 Mais on trouvait, au fond, en rang sur les tablettes, « De flanelle et de drap maintes pièces complètes, Ouvrage ingénieux, tissu fin et parfait : 5e son habile main au métier avait fait,
“Lt qu’elle allait offrir pour dot en mariage, % Voilà qui prouverait la femme de ménage
* Mieux que les champs de grain et mieux que les troupeaux.
{ Elle éteignit sa lampe. Inondant les carreaux, Aussitôt les rayons de la lune sereiue
Flottèrent en faisceaux sur le tapis de laine, Et sou cœur vaguement agité par l'espoir, Au pouvoir merveilleux du bel astre du soir Obéit doucement comme l'onde et la nue, Elle buvait alors une ivresse inconnue, Quand de son fin soulier sortit son beau pied blanc ; Quand ses longs cheveux noirs tombèrent sur son flanc, Qu'elle parut charmante ! Et, dans sa rêverie,
Elle s’imagina qu'au bord de la prairie,
Amoureux et rusé, Gabriel son amant,
En silence épiait le fortuné moment
Où, devant les rideaux de Pétroite fenêtre,
Ïl verrait son image un instant apparaître.
Or, l'ombre d’une nue eflleura les cloisons
Que la lune baignait de ses moelleux rayons,
Et par l’obseurité la chambre fat remplie.
Uu sentiment de crainte et de mélancolie
Saisit Evangéline. Elle eut comme un remords,
Enutr'ouvrit sa fenêtre et regarda dehors, Lu. La lune s’échappait, souriante et volage, 7 Des plis mystérieux d'un vagabond nuaze. , Une étoile aux cils d’or la suivait dans le ciel, Le
De même, au temps jadis, le petit Ismael Suivait Agur sa mère en sa lointaine marche, Après qu’elle eut quitté le toit du Patriarche.
j L blanc ; ur son flanc, Cy è
Quand le bourg de Grand Pré sortit de son sommeil Les fleurs ouvraient déjà leur calice vermeil, U: océan de pourpre entourait les collines, es ruisseaux babillaient, puis le Bassin des Mines,
Hécorement ridé par l'haleine du vent,
Rctléchissait l'éclat d'un beau soleil levant,
Et. sur les flots d'azur, les barques aux flaines sombres Bercaient avec fierté leurs gigantesques ombres,
‘ds, Aux clameurs du Travail qui s'éveillait encor Le matin radieux ouvrit ses portes d'or.
Portant l'honnêteté sur leur figure franche
1. Les paysans, vêtus des habits du dimanche, Arrivèrent bientôt des villages voisins,
Jci quelques vicillards, sur le bord des chemins,
é aidant de leurs bâtons, venaient par petits groupes ; a « ’ . * ; , JL: les gars éveillés, en turbulentes troupes,
’assaient à travers champs, suivant, le long du clos,
æ sillon qu'avaient fait les pesants chariots,
ux jours de la moisson, dans la pelouse tendre, Du grondait les amis qui se faisaient attendre, Chacun fumait, causait, riait de toute part.
Les groupes arrivés aux groupes en retard : … Criaient mille bons mots, mille plaisanteries, L Les maisons ressem blaient à des hôtelleries, .L ; .
Assis devant les seuils sur de vieux bancs de bois, “ Se chauffant au soleil, nombre de villageois À l
Discouruient du danger qui menaçait leur tête. i La maison de Benoit avait un air de fête. L J
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Là plus vive qu'ailleurs paraissait la gaîté ;
On voyait en entrant s'enfuir l'anxiété.
La jeune Evangéline accueillait les convives Avec un air modeste et des grâces naïves;
Eile avait à leurs yeux, ce jour-là, plus d’attrait Que le cidre nouveau que sa main leur offrait.
Où fit dans le verger les chastes fiançailles. Le soleil était chaud comme au temps des semailles ; De l'odeur des fruits mûrs Pair était parfumé ;
Le ciel brillait d’un feu tout inaccoutumé.
Le prêtre fut conduit à l'ombre du feuillage
Où le suivit Leblane, notaire du village.
Du bonheur des amants s’entretenant tous deux, Basile et le fermier étaient assis près d'eux.
Et contre le pressoir et les ruches d’abeilles,
Avec les jeunes gens aux figures vermeilles,
Etait le vieux Michel, joueur de violon,
Charmant diseur de riens, beau chanteur de chanson, Qui tenait bien l’archet et battait la mesure
Eu frappant du talon le tapis de verdure.
Sur ses cheveux de neige on voyait, tour à tour, L'ombre de quelque feuille ou les reflets du jour Passer quand les rameaux se berçaient à la brise.
h e bois,
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emailles ; e ;
eux,
chanson,
ur, our rise,
| Son visage riant avec 8a barbe grise “ Brillait comme un charbon qui s’anime au foyer
“ Qnand le vent prend la cendre et ka fait tournoyer. © [1 promena l'archet sur les cordes vibrantes. L'instrument résonna : les danses délirantes
» Commeucèrent sur l'herbe, à l'ombre du verger,
| Le gazon s’inelina sous plus d'un pied léger.
4 * Jeunes gens et vieillards s’unirent dans la danse. [es brillants tourbillons roulèrent en cadence, “ Sur l'émail du vert pré, sans trève, sans repos, … Au milieu des ris francs et des tendres propos,
ñ La plus belle parmi toutes ces jeunes filles,
La plus belle au milieu de ces vierges gentilles, C'était Evangéline !
D C'était bien Gabriel le fils du forgeron ! !
et le plus fier garçon,
© Le matin passait vite : on était dans l'ivresse ;
1 Mais voici qu'arrivait l'heure de la détresse,
On entendit souner la cloche dans la tour ;
“ On entendit le bruit du sonore tambour,
4 Et l’église aussitôt se remplit tout entière,
à Tremblant pour leurs époux, au fond du cimetière, Les femmes du village, “ Attendirent la fin de cet événement.
3 Elles se crampounaient aux angles de la pierre, Aux saules qui des morts protégeaient la poussière e. Pour voir dans la chapelle à travers les vitreaux.
en foule et tristemenut,
Avec un air d’orgueil, marchant à pas égaux, © Les soldats, deux à deux, des vaisseaux descendirent
Et tout droit à l’église à grands pas se rendirent, Au son de leurs tambours de sinistres échos
Du temple profané troublèrent le repos, o1 Un loug frémissement s'empara de lu foule el
Qui boudit comme un flot que Li temmpôète roule, La porte fut fermée avee de jros verroux.
Des féroces soldats redoutant le courroux L'Acudieu eruintif attendit en silence,
Bieutôc le commandant avec fierté s'avance, Monte jusqu'à l'autel, se tourue et parle ainsi : — ‘{ Vous êtes en ce jour tous assemblés ici
‘# Comme Pa décrété Si Majesté chrétienne,
Habitants qui peuplez la terre Avadienne:
6 0r, vous n'ignorez pas que le roi fut clément,
‘€ Fut généreux pour vous; mais vous autres, comment
A de si grands bienfaits osez-vous donc répondre ? “Consultez votre cœur il pourra vous confondre,
# Paysans, il me reste un devoir à remplir, à € Un pénible devoir; mais dois-je douce faiblir ? D ‘ Dois-je faire à resret ce que mon roi n’ordonne ? as ‘Je viens pour confisquer, au nom de la cotronne, ec ‘Vos terres, Vos maisons et puis tous vos troupeaux. ne ‘€ Ou va vous transporter, à bord de nos vaisseaux, al ‘6 Sur un autre rivage où vous serez, j'espère, see Un peuple obéissant, travailleur et prospère, el ‘ Vous êtes prisonniers au nom du Souverain. ? os out Quelquefois en été quand le soleil de juin, el Sous Pardeur de ses feux dessèche les prairies ; out Que les fleurs des jardins, que les feuilles flétries rein Jombeut, une par une, au pied ds l’arbrisseau ; ue |
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S, COMMENT ‘pondre ?
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‘OUperux, AUX,
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Ç u‘on n'entend plus couler le limpide ruisseau ;
À l'horizon de flamme un point sombre, un nuage, ortaut dans sou flanc noir le tonuerre et l'orage, Pelove tout à coup, grandit, grandit toujours,
Le soleil eflfrayé semble hâter son cours :
I recne dans les airs un lugubre silence :
Le ciel est noir; l'oiseau vers la forêt s'élance ; Et 1 cigale chante et l'air est étouffant ;
Lu foudre gronde ; enfin le nuage se fend,