courbéreut le frout sous le poids du malheur
D: restèrent muets de crainte et de douleur,
Mais la posée cutin d'un si profond outrage,
Bouleverse leur âme et fait soudre la rage,
Wurs lu porte du temple ils s'élancèrent tous. Æ'esten vain toutefois qu'ils redoublent leurs coups :
le ne s'ouvre point! Des soupirs, des prières,
Dis inprécations et des menaces fières
ee
out bien haut retentir, en cet affreux moment,
Be lieu de la prière et du recueillement,.
out à coup dans Ja foule on vit le vieux Basile, rémissant, agité comme un bateau fragile
Que Le veut de l'orage emporte sur Les flots,
Lever ses poings nerveux en rugissant ces mots : —"{ A bis! ces fiers Anglais ! Ils ne sont point nos maîtres ‘ À bas ! ces étrangers ! ces perfides ! ces traîtres
# Qui viennent en brigands détruire nos moissons !
‘ Qui veulent nous chasser pour piller nos maisons !” Il en aurait bien dit sans doute davantage,
Mais uu brutal soldat à la mine sauvage,
Le frappant sur le front d’un gantelet de fer,
L'étend sur le parquet avec uu ris d'enfer.
Pendant que cette scène affreuse et sans exemple Se déroule, en plein jour, sous la voûte du temple, Pendant que les Anglais jettent leurs fiers défis
Le chœur s'ouvre, et tenant le divin crucifix,
Le prâtre, revêtu de l’aube et de l’étole,
Et le front entouré comme d’une auréole, S'avance d’un pas sûr jusqu’au pied de l’autel,
Son cœur est abimé dans un chagrin mortel ;
11 voit son cher troupeau qui crie et se désole, Lui parle avec douceur, et sa grave parole Retentit comme un g'as le soir du jour des morts :
— Hélas! que faites-vous et quels sont ces transports ? ‘# Pourquoi ces cris ? Pourquoi cette sourde colère ?
J'ai pendant quarante ans travaillé, comme un père,
‘ À vous rendre plus doux et plus humbles de cœur,
‘ Et vous ne savez point supporter le malheur ! È
‘ Aux âmes des payens vos âmes sont pareilles ! “D ‘ De quoi m'ont donc servi la prière et les veilles, Pr ‘ Si vous n'êtes meilleurs, si vous ne savez plus Un
#4 Pardouner aux méchauts comme font les élus ?
mots :
it nos maîtres
raîtres oissons !
maisons ! ”
emple temple, léfis
tel, , le,
morts :
transports !
olère ?
B un père, e cœur, ir!
illes,
us
# ne
à ‘ &i loin de pardonner vous cherchez la vengeance ? # C'est ici la maison d'un Dieu plein d'indulgence,
\ “Ne la profanez point par d'aveugles excès.
M La haine ne doit pas nu temple avoir d'accès,
Ce Dieu crucifié doit vous servir d'exemple ! 4 Voyez, mes bons enfants, quelles saintes da 0 Dans ce regard rempli de tristesse et de pleurs ! LA Que de paix et d'amour sur cette lèvre pâle di Qui semble dire encore, au moment où s'exale, « Comme un baume divin, le suprême soupir :
—{ Mon Père, pardonnez ce qu'ils me font souffrir ”
Mie \fes enfants, disons donc, nous que la peine aceable, Nous qui sommes l’objet d’une haine implacable, "1: O mon Père, pardon! pardon pour nos bourreaux ! ”
“Après un jour brûlant, s’il pleut, les arbrisseaux Vordissent dans les prés et nous semblent renaître. # Tels les cœurs abattus, aux paroles du prêtre, “Retrouvèrent la force et la tranquillité ;
* Et les bons villageois, avec humilité, Ler èrent sur le C dvi des regards d'espérance ; DIis s'écrièrent tous, oubliant leur souffrance
F dE tombant à genoux sous les sacrés arceaux :
1 ‘0 mon père, pardon! pardon, pour nos bourreaux !”
fes 1,
An: à le jour baissait. La voûte de l'église “Pre nait, de place en place, une teinte plus grise ; QU n clere vint allumer les cierges de l'autel, Et le Père Félix, sur un ton solennel,
Mi Oh! voyez sur la croix ce Dieu qui vous contemple !
Commencça la prière ; et, d’une voix plaintive,
Avec un cœur rempli d’une piété vive,
Le peuple infortuné pendant longt:mps pria.
Puis, toujours à genoux, de l’Ave Maria
Tous ces hommes soumis, après cela, chantèrent
Les mots divins. Longtemps leurs cantiques montèrent, Sur l'aile de l'amour, vers le trône de Dieu,
Comme autrefois Eli sur son char tout de feu.
Un affreux désespoir du village s'empare
Alors que l’on apprend la conduite barbare
Des Anglais ; et l'on voit tremblants, épouvantés,
Les femmes, les enfants courir de tous côtés. Longtemps Evangéline attendit son vieux père,
A la porte, debout sous l’auvent solitaire,
TFenant sa main ouverte au-dessus de ses yeux
Afin de se garer du soleil radieux ;
Du soleil qui versait des torrents de lumière
Dans les chemins du bourg et sur l’humble chanmière
Dont il faisait reluire au loin le chaume d'or ;
Du soleil qui semblait vouloir jeter encor
Un long regard d'amour sur cette noble terre Euchainée à jamais par la fourbe Angleterre.
Sur la table elle avait mis la nappe de lin :
Elle avait apporté, pour le souper, ie pain
Faié d'un froment nouveau, le cidre, le fromage, Et le miel odorant comme la fleur sauvage :
Elie avait approché sa chaise et le fauteuil,
Aiusi l'iifortanée attendit sur le senil Jusqu'à l'heure tard ve où, loin dans les prairies,
ve é Les ombres des grands pins sur les herbes fleuries a. S longent vers le soir, Et comme une ombre aussi Descendit la douleur dans son cœur tout transi, èrent DIR était accablée, et pourtant sa jeune âme, s montèrent. € mme un jardin céleste, exhalait le dictame De l'espoir, de l'amour et de la charité.
U, Oubiiant sa fuiblesse et sa timidité, L: lle partit alors, et, dans tout le village, Pur des regards amis, par un pieux langage, Couraseuse, elle alia consoler, tour à tour, ; Les vicrges qui pleuraient comme elle leur amour; anves, E le alla ranimer les femmes désolées é Q ii rentraient à regret et tout échevelées, DU Du: leurs foyers déserts avec leurs chers enfants, 3 aintenant que la nuit s’étenduit sur les champs. ux Ê
Le soleil descenilit derrière les collines, ‘hanmière ft de molles vapeurs, de folâtres bruines,
; De sou orbe éclatant voilèrent les doux feux ; De mème qu'autrefois, en des temps merveilleux, e Quand du Mont Sinaï descendit le prophète À L voile de rayons environna su tête,
Ai heure de mystère où s’efface le jour,
On cutendit sonner l’angelus dans la tour.
ge, Comme un triste fantôme, anxieuse et plaintive, Miachant à pas pressés, Evangéline arrive A l'église où régnait un silence de mort, Mie cherche les siens et pleure sur leur sort ; le entre au cimetière ; elle s'arrête, écoute : put est calme et muet sous la modeste voûte,
silence l’effraie, Uue vague souleur
Re
ies,
Dans son cœur abattu se mê!e à la douleur ; D'une tremblante voix deux fois elle s'écrie : # Gabriel ! Gabriel !” et de sa main flétrie Elle assèche les pleurs qui conlent de ses yeux. Mais rien ne lui répond ; tou -t silencieux ;
Et les tombeaux des morts, « :s le sein de la terre, Entendent plus de voix, cachent moins de mystère Que ce temple qui semble un tombeau de vivants ! Marchant le front courbé sur les sables mouvants Elle revient alors, l'esprit remplit de trouble,
Au foyer paternel ; et son chagrin redouble
À l'aspect désolé de l’humble appartement,
Sous le toit solitaire entraient rapidement
Les ombres de lu nuit et les spectres livides :
Les fantômes du soir hantrient les chambres vides, Le souper sur la table était encore entier
Et la fliumme dormait sous la cendre, au foyer.
Sur l'escalier, alors, et dans sa chambre chaste
Ses pas firent gémir l’écho. L’horizon vaste
Se perdait dans la nuit ; le ciel était couvert,
Eile entendit bientôt, près du châssis ouvert,
Sous le fouet de la pluie et le vent de l'orage,
Du sycomore ombreux crépiter feuillage.
Déchirant le ciel noir, d’éblouissants éclairs
D'une horrible lueur firent briller les airs.
Le tonnerre roula de colline en colline.
Dans sa chambre, à genoux, la pauvre Evangéline Sa rappela qu'au ciel est un Dieu juste et bon
Qui voit tout l’univers s'incliner à son nom : Elle se rappela cette jeune servante
Dont Leblanc avait dit l’histoire consoluute.
ux.
a terre, iystère vants !
vants
éline
on âme se calma, son front devint vermeil, uis elle s'endormit d’un paisible sommeil,
uatre fois le soleil, sorti du sein des ondes,
Mit pleuvoir sur Grand Pré ses feux en gerbes blondes ; Quatre fois, en dorant humble croix du clocher,
1 disparut derrière un noirâtre rocher
Qui découpait au ciel une ligne bizarre.
A cette heure suave où l'aurore 8e pare
‘Des roses qu'elle cueille à l'approche du jour,
Le cog joyeux chanta dans chaque basse-cour,
Et pendant qu'il chantait, livides et muettes, Couduisant vers la mer leurs pesantes charettes,
Le chapelet au cou, les femmes, tour à tour, Sortirent, à pas lents, des ham aux d’alentour,
“Elles mouillaient de pleurs la poussière des routes,
7 Et puis, de temps en temps, elles s'arrêtaient toutes
3 Pour regarder encore une dernière fois
Le clocher de l’église au milieu de leurs toits
Et leurs sillons livrés au plus lâche pillage,
1 Avant que la forêt qui couronne la plage
etre 5 errmtimeeirenp arriere mers =
sé” Neles vint pour jamais ravir à leurs regards, Et les petits eufants, loquaces et gaillards, Aiguillonnant les bœufs de leurs voix menaçantes, Auprès d'elles marchuient; et leurs mains innocentes Serraient contre leur cœur quelques hochets bien chers Qu'ils voulaient emporter de l’autre bord des mers.
ren =
Tous arrivent enfin dans ce lieu solitaire
Où la Gaspereau mêle, en bruissant, son eau claire Aux fluts de l'océan. Et là, de toute part
1ls errent tristement attendant le départ.
Où les surveille ; on leur parle uu grossier langage ; Ou entasse au hasard leur modeste bagage.
Et tout le long du jour les fragiles canots
Les trans)yortent à bord au milieu des sanglots !
Et tout le long du jour de nombreux attelages, Chargés péuiblement, descendent des villages !
si de à = =
net
L’aile sombre du soir sur le bourg s’étendit : Un grand calme régnait. Soudain l’on entendit Le roulement pressé des tambours à l’église.
Une terreur profonde, une horrible surprise
Des femmes du hameau font tressaillir Es cœurs, Et, bravanc ds soldats L:s sarcaisines moqueuts, Eiles coureut au temple, en assiégent la perte. Muis voici qu'aussitôc, Le front haut, L'âme forte, Les bons Acadiens uelilent deux à deux,
Et des hommes armes se tiennent aupres d'eux. Quelquefois pour trouver ia fatigue légère, De pauvres peleriss, sur la terre étrangère, Chuuteut, en cheminaut, les refrauins du pays ;
Je
jantes, nocentes bien chers ÿ Mers.
Ainsi, dans les sentiers qui longent les taillis, Les prisonniers chantaient en allant vers la grève. Les soldats endurcis les plaisautaient sans trève ;
4 Leurs épouses, leurs sœurs et leurs filles pleuraient! Tour à tour, cependant, ces airs pienx mouraient, Mais voici que soudain un autre hymne commence!
. —‘ Cœur sacré de Jésus, à source de clémence,
4 Cœur sacré de Mairie, Ô fontaine d'imour, Hélas! secourez-nous en ce malheureux jour!
Nous sommes exilés sur la terre des larmes !
‘6 Pitié, pitié pour nous dans nos longues alarmes !” Les jeunes paysans commencèrent d'abord ;
Puis les vicillards émus à leur pieux accord
Uuirent aussitôt leur chant tremblant et grave,
Et le vent qui des bois portait l'odeur suave,
Les femmes qui suivaient le cruel régiment,
Et les petits oiseaux qui volt geaient gaiement à Sous la pourpre du ciel on sous la sombre nue, Mélèrent à ces voix une plainte inconnue!
Assise au pied d’un arbre, à côté du chemin,
En silence et le front appuyé sur sa min,
Levant souvent un œil rempli d'inquiétude
Vers le bourg devenu comme une solitude,
La jeune Evangeline attend les prisonniers, Come le brait des flots sous les vents printaniers, Retentissent des pas sur la terre durcie,
Et la vierge sensible est de nouveau saisie,
À ce suprême instant, d'une affreuse douleur,
Elle voit Gabriel! Quelle étrange pâleur Sur sa noble figare, hélas ! s’est répandue !
Elle vole vers lui frissonnante, éperdue,
Presse ses froides mains: Gabriel! Gabriel!
4“ Ne te désole point! soumettons-nous au ciel ;
Il veillera sur nous! Et que peuvent les hommes,
‘4 Que peuvent leurs desseins contre nou<si nous sommes
L'un et l'autre toujours unis par lPamitié ? 7?
Sur ses lèvres de rose, à ces mots de pitié, Avec grâce voltige un triste et doux sourire; Muis voici que soudain sa chaste joie expire ; Elle tremble et pâlit, Au milieu des captifs Elie ‘oit un vieillard dont les regards plaintifs Se reposent le loin, avec amour, sur elle :
Ce viellard, c'est 4 vere ! Une peine mortelle, Un profond déses: ont altéré ses traits !
Il porte sur son t'ont :4 trace des regrets :
On ne voit plus le feu juillir de sa paupière: Son humble vêtement est couvert de poussière, Lui jadis si joyeux il est tout abattu
Ec paraît dépouillé de force et de vertu.
Parmi ses compagnons tristement 11 chemine ; Il pleure en regardant sa chère Evangéline, Puis elle, avec transport, se jette dans ses bras, Le couvre de baisers et s’ittache à ses pas ; Mais sa voix adorable et sa vive tendresse
Du vieillard désolé calment peu la détresse !
Cest alors que lon vit, au bord des sombres flots, Un spectacle navrant, Les grossiers matelots,
Eu entendant les cris et les sanglots des femmes, - Replongeaient plus giîment dans les ondes leurs rames :
Par d'horribles jurons les soldats insolents
Pl À k
| Des prisonniers eraintifs hâtaient les pas trop lents, L'époux désespéré parcourait la pelouse,
mines,
Cherchant, de toute part, sa malheureuse épouse,
Les mères appelaient leurs enfants égarés,
Et les petits enfants allaient, tout effirés,
Pareils à des ag eaux cherchant leurs tendres mères !
us Sommes
Malgré les pleurs brûlants et les plaintes amères, Ou sépare, en effat, les femmes des maris, À Les frères de leurs sœurs, les pères de leurs fils. Sur le sein de sa mère en vain Penfant s'attache, Aux baisers maternels le matelot Parrache Et l'emporte, en riant, jusqu'au fond du vaisseau. Quels soupirs quels transports quels eris, à Gaspereru, S'élevèrent alors de tx rive tranquille !
Le jeune Gabriel et son père Basile
Sur deux vaisseaux divers furent ainsi traînés, Tandis qu'auprès des flots restèrent enchaînés Benoît et son enfant, la douce Evangéline,
Le soleil disparut en dorant la bruine.
La nuit vint de nouveau. Tout n’était pas fini, Et sur la grève encor restait plus d’un banni.
Le reflux commençait et ocean limpide,
S'en allait en groudant, laissant le tuf humide
Au loin tout recouvert d'algnes et de vieux troncs, D'arbres déracinés et de flexibles jones.
ames :
Cependant les canots échounés sur le sable Pour reprendre leur tâche impie et méprisable De la hante marée attendaient le retour.
Auprès, les matelots s'endormaient tour à tour Igioblement repus de tabae et de L'ère.
Parmi les chariots, le long de là rivière,
Les pauvres exilés, sans abri, sans maison, Ayant pour toit le ciel, pour couche le gazon, Ervraient plaintivement semblables à des ombres. Leur retraite n’était qu'un amas de décombres, Vainement de s'enfuir à la faveur du soir
Is auraient, dans leur âme, entretenu lespoir, Epiant tous leurs pas, Soupçonneuses, cruelles, Partout se promenaient d'actives sentinclies.
Li Alors, comme le soir descendait sur les champs,
Ou enter.dit les voix des tronpeaix mugissants
Qui laissaient la pâture et regignaient leurs crèches Eu broutant aux buissons les feuilles les plus fraîches,
Mais la grasse génisse attendit vainement : 1 L'étable était fermée; et son long beuglement |. JT Ne fit point revenir la joyense laitière | ] Avec un peu de sel au fond de sa ehiu lière, 4 Eu: | Nul oiseau ne chanta le concher de ce jour. À ( Ou n'ouit point sonner l'Angelus dans la tour ; ] Où ne vit point surgir de legères fumées, l |! Ni luire de lumière aux fenêtres fermées ! 1
Afin de réchauffer lenrs membres engourdis ! Plusieurs des paysans, parmi les plus hardis,
et me LE re RU à BAT AE RE ERNS EN S POA
1eS ches,
Alièrent amasser, sur le tnf de la rive,
Quelques morceaux de bois venns à lu dérive,
Et firent de grands feux. Bientôt on put les voir Auprès de ces brasiers sur des roches s'asseoir,
E: des larmes de feu semb'aie t mouiller Icurs faces, Alors on entendit encore des menaces,
Des laumentations et des gémissements.
Des enfants nouveau-nés les longs vigissements, Les pleurs et les sanglots des vierges et des femmes, Et les cris furieux des hommes dont les âmes Soctaient soudainement d'une longie torpeur, Moutèrent à la fois au trône du Seigneur,
Et parmi les sollats dédaignenx et faronches,
Sins eraindre les jirois qui sortaient do leurs bouches, Passait silencieux le bon Père Félix,
Itenait dans sa main le divin erocifix ;
Jallait plein d'ardenr, humble et divin anôtre, Sans se décourager, d'une troupe vers l’antre,
Pour calmer et bénir son peuple iufortuné,
En arrière des feux, sois un arbre incliné,
Il voit Evangéline assise avec son père, Limalhoeurense enfant plenre, se désespère, Car le vieillard endare une immense douleur, Et la mort l’a déjà voilé de sa pâ'eur,
I ne reconniît plus sa fille, et 1 pensée Semble, hélas ! de son front à jimais efficée ! I n'entend ni ne voit ; il est sans monvement, Si fille. tont en pleurs, prodigie vainement, A cet instant fatal, ses soins et si tendresse, 1] demeure insensible aux pleurs de sa détresse,
er pe
Comme à son dévoñment, conme à ses mots d'espoir. Sur les feux ittisés par la brise du soir,
Ouverts sinistrement, ses veux vitrenx et termes Sont sis cesse fixos, pareils à deux lanternes
Qui jettent, dans un lieu tout plein d'obscurité,
Un rayon immobile, une fiuve clarté,
—t Benoît! allons, Benoît, sovous forts dans léprenve Et bénissous les muix dont le ciel nous abreuve, # Benoît, pardonnous., fit le prêtre avec respect, J'en aurait dit plus, mais au pénible asp'et
De ce vieillard mourant, de cette jeune fille
Qui bientot nauvair plis ici-bas de famille,
Son âme se coifli ; comme an éhant dans les bois Sur sa lèvre entr'ouv rte alors mourut si voix.
Il posa ses deux mains sur la vierge plaintive, Promena ses resards un moment sur la rive,
Et les leva longtemps vers li voûte des cieux
Où, dans la pourpre et or des sentiers radieux, Le soleil bienfaisant, les étoiles sereines
Roulent avec accord, peu soucieux des peines
Qui troublent ici-bas lPiafortuns moriel,
Et quand il Peut bénie au nom da: l'Eternel,
Eu sileuce il s'assit près delle sur les pierres,
Et bien longtemps des pleurs mouillèrent leurs paupières,
Uue lueur parut du côté du midi.
Quand de la lune d'uoût le disque ragrandi élève, vers le soir, à l'horizon de brume, Rouge comme du sang, tont l’espace s'allume, Aux reflets argentés de l’astre de la nuit
Cha La 1 Et | Tell S'él Le | Dai Paii Les Rel De Sur Le:
Les De Le :
T'ot Ain Sou Et S'é Le:
En Sil Su D°
vo
Chaque brin de verdure et chaque feuille lait;
La mer semble rouler des flammes au rivage,
Et l’on dirait qu'au loin brûle une vaste plage, Telle on vit, vers le sud, dans cette nuit d'horreur, S'élever tout à coup et grandir la lueur :
Le bourg s'enveloppa d’un sanglant et lourd voile ; Dans un ciel embrisé lon vit bientôt l'étoile
Pâlir et s’effacer comme devant le jour ;
Les coteaux, les forêts et les toits d'alentour Reflétaient des clartés inconstautes et vagues ;
De sinistres reflets roulaient avec les vagues ;
Sur le bord de li mer, près des flots écumants,
Les sables scintillaient comme des diamants ;
Les voiles, les huniers des navires superbes
De feux aériens semblaient lancer des gerbes,
Le sol parut tremb er; il se fit un grand bruit.
La ruse triomphait ; œuvre portait son fruit, Tout eroulait, L'ennemi couronnait son ouvrage, Ainsi l'arbre géant tombe, pendant l'orage,
Sous l'éclair de la foudre où sous les aquilons.
Et partout la fumée, en sombres tourbillons, S'éleva vers le ciel avec de longs murmures,
Les limbeanx enflimmés du chaume des toitures, Emportés dans les airs par un vent irrité, Sillonnèrent longtemps l’ardente obscurité,
Sur le vaste océan, sur l’étroite rivière, D'innombrables tisons, la cendre et la poussière Tombèrent jusqu'au loin comme un brûlant rideau Avec le grondement du fer rouge dans l'eau.
Où entendit alors des jeunes tourterelies
Les doux roucoulements et les battements d'ailes! Où entendit le coq chanter dans le lointain
Comme pour saluer le réveil du matin!
Ou entendit les cris et les hurlements tristes
Du chien qui de son maître interrogeait les pistes ! Et les longs benglements des troupeaux inquiets ! Et les vagues soupirs des profondes forêts!
Et les hennissements des chevaux hors d'haleine Qui couraient effrayés, écumants, dans la plaine! Et tous ces bruits divers formaient un bruit affreux Comme celui q'entend un camp aventurenx Endormi quelque part sur l'h:rbe des prairies,
Au bord du Nebraska dont les rives fleuries
Se déroulent au loin comme de verts rubans, Quand viennent à passer, par un soir d'ouragans, Tout auprès de l'endroit où s'é èvesit les tentes, Les naseaux enflummés, les crinières flottantes, De sauvages coursiers qu'emporte le courroux,
Ou d'agile troupeaux de bisons au poil roux.
Parmi les paysans dispersés sur la berze, Etonnés et sans voix, le saint prêtre et la vierge Regardaient la lueur qui grandissait toujours, Assis à quelques pas, refisant tout secours, Benoît leur compag ion demeurait impassible E6 semblait ne poiuc voir cette seène indicible Que l'ombre de la nuit ne pouvait pas vo ler, Après quelques instants, lorsque pour lai parler Ils revinrent tous deux, à surprise profonde ! Ils le virent, hélas !'étendu près de Ponde
Et mourant ! Il allait en appeler à Dieu.
Le prêtre lui soulève alors la tête un pen,
Et la vierge, tombant à genoux sur la terre,
fÉVANGÉLINE
Couvre d'ardents baisers son front encore austère ; Elle jette un sunglot, elle s'évanouit,
Et jusqu'à l'heure où l'aube au ciel s'épanouit, Comme une fleur au bord d’un odorant parterre, La pauvre enfant dormit ce sommeil de mystère, Ce lourd sommeil qu'on nomme évanouissement, Quand elle s'éveilla le fond du firmament Réfléchissait encor l'éclat de l'incendie ;
Les galets de la rive et l'herbe reverdie EÉtincelaient encor. Ses amis l’entouraient,.
Emus, silencieux, plusieurs d’entre eux pleuraient,
—‘* Euterrons la dépouille à l’ombre de ce hêtre, Dit alors au proscrits le vénérable prêtre,
‘ Enterrons la dépouille au bord des océans ;
“ Et, si nous revenons après de nombreux ans,
“ Nous irons, mes amis, la mettre en terre sainte : ‘4 La haine des méchants sera peut être éteinte.
Auprès des flots amers, dans un sinvage endroit, Ainsi fut enterré le vertueux Benoît,
Nul cierge ne brâla près de ses humbles restes ; Nilchant u'alla fripper les portiques célestes ; La cloche du hameau ne sonna point de glas ; Muis les bous paysans pleurèrent son trépas
Et la mer répoudit à leurs pliintes funèbres, Où erut entendre alors, au milieu des ténèbres, Les versets alternés, les accents solennels
Des moines à genoux devant les saints autels, C'était le vent, c'était le bruit de la marée,
Or, chaque barque fut aussitôt démarrée,