‹ Petits poèmesChapitre 3 sur 7 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Elle apparaît, riant sous sa petite ombrelle.

Vieille arquebuse entre les vieilles arquebuses,

pour me tenter encor c'est en vain que tu t'uses ,

amour ! Mes chiens sont morts et mon rêve lointain.

Et n'étant plus de ceux qui partent au matin,

et foulent en chantant la luzerne qui plie,

je suspendrai ta rouille à quelque panoplie.

Que ceux-là seulement te viennent décrocher,

de qui l'espoir est plus solide qu'un rocher.

Qu'ils partent ! Les chemins sont blancs de tubéreuses.

L'oiseau jette à l'azur ses notes langoureuses.

Qu'ils partent ! Mais l'oiseau qui nargue le péril

avalera leurs plombs comme des grains de mil !

La maison où je l'ai connue abrite un cuistre chauve et gras, Où est la courbe de ses bras ?

Où est sa gorge dure et nue ?

Bon cuistre (hic, hœc, hoc, hiijus, hiijiis, hujus), parle-moi d'elle ; que ta voix comme une chandelle éclaire les plaisirs que j'eus.

Je viendrai dans l'étroite chambre, et les souvenirs sur les murs seront pareils à des fruits mûrs sur les espaliers de septembre

Pclils l\)cmi's ol

(Cuistre adorable iliic, luvc, hoc) son amant llenre-t-il le mnsc, le réséda bien ? Tend-il le muscle du mollet comme un jeune coq ?

Voici le store et les persiennes.

La tendresse donnait le la.

Comme c'est drôle tout cela !

Oh ! les gravures anciennes !

Cuistre, je t'aime avec éclat, car le cuir de ton crâne chauve reflète l'ombre de l'alcôve où l'amour aux dieux m'égala.

Une feuille de l'hiver blême

tombe sur la table où j'écris ;

et je raille malgré les cris

que j'entends au fond de moi-même.

Il faut être gai, voyez-vous, comme un lièvre sur une touffe, quand la tristesse vous étouffe et vous fait ployer les genoux.

L'azur est clair, la vie est belle,

je meurs, lu meurs et nous mourons

J'ai de la terre plein le front

Ouvrez l'amour comme une ombrelle,

Ah ! ferme ces yeus. obstinés si rien au monde n'est durable, et mets la lampe sous la table, car l'encrier te rit au nez !

Entre la vie et mdi tirant un voile épais,

j'enfermerai mon cœur et conquerrai la paix.

Je sèmerai dans mon oreille une tulipe ;

et quand j'aurai fumé mes cheveux dans ma pipe,

pour marquer la retraite où je m'ensevelis,

sur mon crâne rasé je ferai peindre un lis.

M$$ttt$M$$$$ttiP.$t$$:?.tttt

Débouchons l'encrier et, du titre à la table,

j'écrirai, pour lui plaire, un livre lamentable

où, le cœur écrasé sous plusieurs univers,

je veux agoniser durant deux mille vers.

O prodige ! Ma plume au fond des écritoires

harponnera les adjectifs lacrymatoires

et vibrants comme les anguilles des fossés.

Et de petits mouchoirs seront dûment fixés

dans les marges de ces poèmes pathétiques.

Un volume in-dix-huit dans les bonnes boutiques

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