Epist. II, 10. Les vers sont cités au chap. V
prise l'interruption de son travail de recherches : « Il m'aborde à l'improviste, dit Pétrarque, et me prie de lui accorder une faveur pour lui très agréable, pour moi très aisée. Je consens de confiance, n'ayant rien à lui refuser et sûr qu'il ne peut rien vouloir qu'en ami excellent. «Donne- « moi, dit-il alors, les clés de ton armoire. » Je les donne très surpris. Il prend aussitôt tous mes livres et tous mes objets pour écrire et les enferme soigneusement; puis, s'en allant : « Je t'impose, dit-il, dix jours de vacances et, de « tout ce temps, d'après notre convention, je te défends de « lire ou d'écrire. » J'accepte le jeu. Mais tandis qu'il me croit simplement mis au repos, moi je me sens comme mutilé. La journée se passe, plus longue qu'une année ennuyeuse; le lendemain, j'ai mal à la tête du matin au soir; le troisième jour commence à peine, que je constate déjà un léger mouvement de fièvre. Mon ami l'apprend, revient et me rend les clés. Je fus aussitôt guéri, et lui, voyant bien que le travail était, comme il disait, mon aliment, ne renouvela plus semblable demande '. » Ne se reconnaissent-ils pas en Pétrarque, tous ceux pour qui l'étude est devenue le plus impérieux des besoins ?
Il y avait à Vaucluse un assez grand nombre d'ouvrages d'historiens, de moralistes et de poètes, et les travaux du maître permettent d'en connaître la nature \ Pour s'en tenir à ce qui se retrouve entre nos mains, ajoutons aux volumes déjà cités un fort beau recueil de Cicéron précédé de sa vie les lettres d'Abailard et d'Héloyse ^, une traduc-
1. Fam. XIII, 7. L'ami était peut-être Philippe de Cabassoles.
2. Veterum ingénia qiionun nohis copia mag}ia est (Fani. IX, 14) ; Libroruni copia ingens adesl fideliumque coniiictns atque ohsequiuni awiconim. Versaheris cum sanctis, Cîini pbiîosophis, cum poetis, ciini oratorihus, cnm historicis (Fam. XVI, 6).