‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 15 sur 139 · Vit. sol. II, lo, I (Op · texte numérisé non relu

Vit. sol. II, lo, I (Op

2. Faw. XII, 6. Ici, comme en d'autres traductions de ce chapitre, le texte n'est pas littéralement traduit, mais un peu condensé ; on cherche surtout à rendre exactement les détails essentiels.

3. Le testament de P., qui fait connaître son nom, l'indique comme originaire de la ville ou du diocèse de Clermont.

P. DE NoLHAC. — Pétrarque. 4

petits formats y soient mêlés aux plus grands', je n'ai jamais rien trouvé de dérobé ni même de changé de place, quand je revenais après ces longues absences, dont l'une a duré plus de trois années \ Cet illettré était fort ami des lettres et gardait avec une vigilance particulière lés livres qu'il savait m' être les plus chers. Il était même parvenu par une longue habitude à connaître de nom les oeuvres des Anciens et à distinguer au milieu d'eux mes modestes travaux. Il rayonnait de joie tout entier chaque fois que je lui mettais quelque livre dans les mains ; il le pressait en soupirant sur sa poitrine ; parfois il appelait l'auteur à voix basse et, chose étonnante, à contempler ces ouvrages, il croyait devenir plus savant et plus heureux ^ ». On voit jusqu'à quel point les goûts de Pétrarque et jusqu'à ses manies innocentes avaient passé à son serviteur.

Alors que le poète pouvait encore compter sur cette garde fidèle, en 1347, se décida à retourner pour la cinquième fois en Italie ^. Le voyage devait être long, car, tout agité des espérances patriotiques que faisait naître en lui la tentative de Rienzi, il se disposait à y apporter son concours. A Gênes, malheureusement, il apprenait à la fois le massacre des Colonna et la chute du tribun, et, au lieu d'aller à Rome assister, comme il le rêvait, à la résurrection de la République, il se dirigeait sur Parme pour prendre posses-

1 . Omnis generis uohuninum multa iiarietas et quaedani ihi mimitissima maximis intermixta . . .

2. Fracassetti imprime quandoque pust termimnn ; le Par. 8568, f. 171, donne friennium, qu'il faut adopter, en pensant au séjour de P. en Italie de la fin de 1347 à 1351.

3. Fam. XVI, i (aux cardinaux de Talleyrand et de Boulogne, en leur demandant la permission de quitter Avignon pour aller surveiller ses livres dont le sort l'inquiète, magis bihliothecae sollicitus quam agelli).

4. Ou la sixième, si on admet qu'il ait été à deux reprises à Bologne, lors de ses études de droit.

sion d'un canonicat. Son séjour en Italie se prolongea cependant et vit des acquisitions importantes.

AJGênes, il cherche a se consoler de ses déconvenues politiques à l'aide d'un fort bel Horace entouré de scholies Dans son habitation de Parme, il réunit déjà une petite bibliothèque Outre les livres qu'il recueille en Italie, plus d'un a été apporté de Vaucluse. Son Virgile, par exemple, ne l'a pas quitté et il y inscrit, selon sa coutume, les deuils qui l'atteignent dans ses amitiés et qui sont, en ces années de peste, si nombreux et si cruels. Il a aussi son Abailard, auquel il confie, dans les crises de sa conscience, des souvenirs particulièrement intimes \ Au mois de novembre 1348, il commence un petit journal de jardinage sur les gardes d'un volume, qui contient V Agriculture de Palladius

En 1350, il se rend à Rome pour le jubilé et traverse Florence et la Toscane, où ses compatriotes accueillent sa personne avec affection et sa gloire avec fierté; il y fait sans doute ample moisson de livres ; mais le seul qu'on puisse désigner avec assurance est le Quintilien qu'il a découvert à Arezzo K A son retour dans l'Italie du nord, passant quelques jours à Mantoue, il y achète, le 6 juillet, Y Histoire naturelle de Pline ^. L'année suivante, il laisse toute sa collection en dépôt à Vérone, entre les mains de Gulielmo da Pastrengo, un travailleur qui a les mêmes goûts que lui et avec qui il vient de se lier étroitement Il se dispose, en

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