‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 42 sur 139 · In nostro armariolo (Sen. VIII, 6 ; Op · texte numérisé non relu

In nostro armariolo (Sen. VIII, 6 ; Op

4. Lettre de Nicolô de' Beccari, 3 août [1371], p.p. Novati dsius Attraverso il Medio Evo, Bari, 1995, p. 270. L'empereur Charles IV interrogeait P. à la même époque sur l'authenticité d'une lettre de César et d'une autre de Néron (Sen. XVI (XV), 5 ; Op. 955). Cf. Sabbadini, Le scoperte dei codici. latini e greci ne sec. XIV et XV. Florence, 1905, p. 35, 42 et 217.

A ce moment, ses goûts de jeunesse avaient retrouvé toute leur force. Il achevait ses Trionfi et mettait au net, de sa propre main, une partie de la rédaction définitive du Canioniere, dont il devinait à présent l'importance pour sa gloire future C'était peut-être des variantes de poète, autant que des références d'humaniste, qu'il inscrivait pendant l'hiver, sur le revers de cuir de sa pelisse, dans la promptitude de l'inspiration jaillissante ^ Sans abandonner les auteurs sacrés, il laissait reprendre dans ses lectures une grande place aux auteurs profanes. Il rouvrait, pour leur confier des observations nouvelles, ces livres vieillis avec lui et d'autant plus chers \ Il avait la joie d'en acquérir d'autres, et les lisait à soixante-dix ans avec le même enthousiasme qu'il eût fait à trente : un de ses derniers travaux ne fut-il pas ce grand commentaire qu'il commença sur les marges de son Homère et qu'il ne put achever ? Il interrogeait à nouveau, d'un esprit mûri par l'expérience d'une longue vie, les œuvres qui lui avaient révélé la sagesse antique. Toute autre science continuait à le laisser indifi'érent. Certains livres, déposés chez lui par un Colon na, tous de droit canon ou civil, risquaient, pensait-il, d'être égarés à sa mort; il demandait instamment de les restituer à leur

1. V. les justes observations de V. Cian sur le dédain, qu'on a trop exagéré, du poète pour ses œuvres en langue vulgaire (« Nugellae ludgares » ? qiiestione petrarchesca, Pérouse, 1904).

2. V. le témoignage du vieux paysan d' Arqua recueilli par Bernardo Bembo et rapporté par Beccadelli : « Di verno portava una pellicia di buone fodere dentro, ma di fuora scoperta, com' anco oggidi usano molto oltramontani... E diceva il contadino che in molti luoghi di quel cuoio era scritto variamente... Movendosi a scrivere repentinamente secondo che l'animo lo sospingeva... uso quasi comune a tutti poeti. )) (A. Solerti, Le vite di Dante, P. e Boccaccio scrittefino al secolo XVII, Milan, 1904, p. 462).

3. Mecum senuit, disait-il de sonms. des Confessions de saint Augustin (Sen. XV, 7; Op. 955).

Page 1