Cf. A Ratti, /. c, p
3. L'ex-libris, mal déchiffré jusqu'ici,^t q^ Ratti a fait exactement connaître, se présente à peu près ainsi : 03 ma dx ml
QVIN
ce qu'il faut lire : Galeai Maria Diix Mediolani quintiis.
PÉTRARaUE ET VIRGILE
Cusani, qui meurt à Milan, sa ville natale, en 1598. En 1600, à la vente d'un ecclésiastique obscur, attaché à la maison du cardinal, l'abbé Maffa, le cardinal F. Borromeo le fait acheter pour la Bibliothèque Ambrosienne alors en formation Depuis le commencement du xvii^ siècle, hors un court séjour en France de 1796 à 181 5 % le précieux volume y est demeuré.
Le Virgile passe pour être un des plus anciens manuscrits que Pétrarque ait possédés : il l'aurait eu, en effet, dès l'âge de vingt-deux ans, si l'on s'en rapporte à la note suivante : Liber hic fiirto mihi subreptus fuerat anno Domini m° iif xxvf in kalendis Nouembris ac deinde restitutus anno m° iif xxxviif die xvij Aprilis, apud Auinionem. On pourrait croire que la plume du poète a omis un x, en écrivant la date de 1326, car sa première écriture de jeunesse est entièrement absente du manuscrit. Lui venait-il de Florence où le recueil paraît avoir été mis en ordre par un certain Pietro Parenti ^ ? Ce fut, en tous cas, un de ses livres les plus chers : après en avoir été privé tant d'années, il Ta continuellement étudié et l'a même, malgré son poids,
1. J'avais attiré l'attention sur les documents publiés par Ceruti, qui mentionnent l'acquisition du cardinal Borromeo ; Ratti a pu serrer de plus près la question et établir la liste des possesseurs certains du Virgile.
2. Van Praet l'a décrit ainsi à Paris : « Il était alors dans un état déplorable, sa reliure étant formée de deux planches de bois vermoulu et ne tenant plus à rien ; depuis, il a été mis, par les soins empressés des conservateurs des Mss. de la Biblioth. Impériale, à l'abri de tous les fâcheux accidents auxquels il était exposé. » (P. 201 du Catal. cité p. lo). Sa reliure actuelle est au chiffre de Napoléon 1er et le volume porte des timbres contemporains de son passage à la Bibliothèque Impériale. Cette reliure, faite avec l'insouciance ordinaire à cette époque, rend aujourd'hui très difficile l'examen de la structure du ms.
3. Au fol. 52 sont intercalées dans Servius quelques lignes, à propos du rétablissement dans le texte de Virgile des quatre vers, I, i -4 {Anna uirumqiie) et des vingt et un vers, II, 567-587 : Ouos ideo Petrus Parentis Florentinus, qui hoc modo uolumen institué, in suis locis reponi fecit, quia ipsos quam maxime necessarios indicauit... Sabbadini constate que ce Parenti peut être le copiste du Virgile de P. ou en avoir préparé la transcription (Reîidic. del R. Istit. lomh., 1906, p. 194)-
emporté avec lui en voyage Ses diverses écritures y ont accumulé une masse énorme de scholies % parfois très serrées. Ses renvois, plus variés qu'en aucun autre de ses manuscrits, font trouver facilement les vers ou les mots visés; il les a presque toujours attachés au commentaire plutôt qu'au texte de Virgile; assez souvent, il a ajouté à une citation d'auteur fait par Servius la référence à l'ouvrage et au chapitre qu'il a lui-même retrouvés. La différence d'encre ou de caractère montre que plusieurs de ses scholies ont été complétées ou vérifiées au cours de sa vie \
Le commentaire de Pétrarque ainsi déposé, par couches successives, sur les marges de son Virgile, embrasse l'ensemble de ses connaissances. On va trouver, dans l'essai de dépouillement qui suit, des exemples d'observations historiques, géographiques, littéraires, morales, etc. Mais je crois devoir indiquer d'abord un curieux travail de « moralisation » suivant le goût du Moyen Age, appliqué à la première églogue,
Pétrarque est parti de l'allégorie indiquée par Donat (Virgile jouissant en paix des bienfaits d'Auguste et se cachant sous le nom de Tityre pour l'en remercier); mais il a amplifié cette idée et en a poussé l'application dans le détail le plus minutieux^. Les gloses interlinéaires auto-