‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 8 sur 139 · Lire de prélérence Faiii. XIll, 8, et Episl. I · texte numérisé non relu

Lire de prélérence Faiii. XIll, 8, et Episl. I

dans la campagne comme à la maison, j'étudie, je médite, je lis et j'écris ' . Tout le jour, je visite les monts dénudés, les vallées fraîches et les grottes ; je parcours les deux rives de la Sorgue, sans avoir personne à mes côtés, sans trouver personne sur mon chemin, et accompagné de mes seuls soucis, qui de jour en jour, d'ailleurs, deviennent moins cuisants... Ici, j'ai fait ma Rome, mon Athènes, ma patrie. Tous les amis que j'ai ou que j'ai eus, non seulement ceux que j'ai vus moi-même et qui ont partagé ma vie, mais encore des hommes qui ont vécu il y a bien des siècles et ne me sont connus que par les livres, des hommes dont j'admire les actes et le caractère, la vie et les mœurs, ou encore le langage et le génie, ces amis divers venus de tous les lieux et de tous les temps, je les réunis souvent dans cette étroite vallée \ Je suis plus avide de leur conversation que de celle de tant d'êtres qui s'imaginent vivre parce qu'ils jettent devant eux, lorsqu'il fait froid, je ne sais quel souffle qui leur semble une haleine. C'est ainsi que j'erre libre et tranquille, et seul, autant que je le peux, avec mes bons compagnons hy.

Ces Anciens dont les œuvres l'entourent dans sa retraite, dont il évoque les nobles figures pour peupler sa solitude

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