‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 155 sur 362 · FAMILIARITE AVEC CICERON · texte numérisé non relu

FAMILIARITE AVEC CICERON

qu'en Virgile rnêrae, il trouve en lui un confrère, très glorieux sans doute, mais avec lequel une certaine familiarité est permise. Il lui adresse des lettres pleines d'allusions aux incidents de sa carrière et s'imagine par moment avoir été du nombre de ses amis*. Cicéron, on le sait, a le don de nous faire connaître le milieu où il a vécu, « et quand nous avons lu sa correspondance, nous pouvons dire que nous venons de visiter toute la société romaine de son temps »*. Pétrarque est le premier des modernes à goûter ce plaisir, à l'aide de la partie de la correspondance qu'il découvre, et ses lectures le renseignent assez bien sur ce qu'il doit penser du caractère de Cicéron : De Cicérone nunc agitur, quem uigilantissimum atque optimum et salutarem consulem ac semper amantissimum patriae ciuem noui. Quid ergo? Varium in nmicitiis animum et ex leuibus catisis alienationes grauissimas atque pestiferas sibi et nulli rei utiles, in discernendo insuper suo ac publico statu iudicium reliquo illi suo impar acumini, ad postremum sine fructu iuuenile altercandi studium in sene philosopho non laudo^. Voilà quelques lignes que personne avant lui n'aurait songé à écrire et qui sont le premier germe des sévérités de la critique moderne. Cicéron avait été garanti au moyen âge contre de tels jugements par la simplicité de ses admirateurs et par la connaissance fort incomplète que les plus éclairés d'entre eux avaient de ses œuvres*; mais

1. Exlibris animum tuum noui, quem noscere mihinon aliter quam si lecum uixissem uideor (Fam. XXIV, 4).

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