VARRON
Pastrengo lui avait promis les lies nisticaê, sous le titre de Varronis agricultiira, qu'il a sans doute rerues*. Un autre de ses amis, sachant son culte pour Varron, lui transcrivait de sa main quelque chose de cet auteur, et Pétrarque Ten remerciait ainsi : Recepi ecce iterum a te librum ex Varronis ac Ciceronis opusciilis eximiis prorsus et rayais, quibxis nihilanimo meo gratins, iiihil optatinSy nihil demiim poterat aduenisse hicundius. Accessit ad lihri gratiam quod manu tua scriptus erat^. L'ami, qui n'est autre que Boccace, aurait-il pris la peine de transcrire un des recueils de Sententiae Varro^ nianae qui circulaient au moyen âge '? Rien ne l'indique, et comme on sait, d'autre part, que Boccace s'est quelque peu servi des Res rusticae et du De lingua latina *, on doit penser qu'il a envoyé à son ami ces deux ouvrages ou l'un des deux, ou encore des fragments de l'un ou de l'autre. Le De lingua latina apparaît une fois dans les scholies de nos manuscrits, avec la forme d'une citation de première main ^, et Antonio Loschi semble l'avoir vu parmi des livres de Pétrarque^ ; mais le traité agricole est le seul des deux ouvrages de Varron que je trouve cité dans les œuvres imprimées. En deux passages, Pétrarque donne avec complaisance l'étymologie du mot capra [a carpendo) d'après Varron, Rerum rus-
que Leonardo Bruni prête à Niccoli : . A^owne itidemus, quam amplo put cher ri moque palrimnnio haec nostrn tempora spoliata sinl? Ubi sunt M. Varronis libri, gui uel fioli facere passent snpienteny in quihus erat latinae linguae explication rerum diuinarum humanarumque cognitio, omnis sapientiae ratio omnisque doctrina ? Ubi T. Liui historiaef Ubi Salustii? Ubi Plinii? Ubi innumerabilium aliornmf Ubi Ciceronis complura uolumina? miseram ac inopem conditionem hornm lemporum! Salutati, dans le même dialogue de Bruni, cherche à s'en consoler: Pcrdihia est M. Varro. Dolenditm est fateor et moleste ferendum; sed tamen sunt et Senecae libri et aliorum permulti, qui nobisynisi tam delicati essemus, facile M. Varronis locumsupplerent... Sed... quae absunt cupimus^ quae adsunt negligimus (L. Bruni Aret. dial. de tribus uat. Flor., éd. Wotke, p. 17).