‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 4 sur 362 · A M. GASTON PARIS. IX · texte numérisé non relu

A M. GASTON PARIS. IX

table affection, qui traverse les siècles pour aller à lui, comme faisait la sienne pour les Anciens. Le grand poète humaniste, si voisin de notre siècle par son esprit, si semblable à nous par ses faiblesses, exerce sur qui Tapproche une séduction à laquelle on ne résiste pas. De la, Tenthousiasme des u pétrarquistes » d'autrefois et d'aujourd'hui, cette ardeur d'étude qui ne le cède point à celle du cercle grandissant des « dantistes », ce culte d'autant plus sincère que la chapelle de Pétrarque est aujourd'hui plus restreinte et ses fidèles moins nombreux.

C'est en vue de ce très petit groupe d'amis du poète, disséminés pour la plupart hors de France et jusqu'en Amérique, que ce travail a été composé. Je sais qu'ils le liront, l'étudieront et mettront quelque passion à le discuter. Je le leur offre avec confiance, certain qu'ils n'y trouveront rien de superflu et que les plus minimes scholies de notre Pétrarque exciteront leur curiosité ; je le leur livre aussi avec humilité, car eux seuls verront bien tout ce qui y manque.

Ces lecteurs rares et précieux voudront bien remercier avec moi, non seulement d'obligeants confrères dont ils rencontreront les noms chemin faisant, mais surtout deux érudits qui ont pris la peine de lire la plus grande partie de mes épreuves : l'un, M. Henry Cochin, m'a suggéré des additions et des observations d'autant plus sûres qu'il est^ à l'heure actuelle, l'homme de France connaissant le mieux Pétrarque ; l'autre, M. Paul Lejay, a mis au service de textes parfois difficiles à établir son expérience bien connue de latiniste.

Je n'ai pas craint de citer en assez grand nombre les passages des œuvres de Pétrarque relatifs aux auteurs anciens, surtout lorsqu'ils figurent dans les ouvrages peu communs ou dans ceux dont les éditions donnent un texte cruellement défiguré. Beaucoup de corrections m'ont été fournies par des manuscrits de Paris. Les morceaux inédits de Pétrarque se présentent dans le volume avec l'orthographe du manuscrit ; les autres gardent, sauf indication contraire, l'orthographe de l'édition. Ne vous étonnez donc point de trouver juxtaposés trois systèmes orthographiques : le mot epistulae, par exemple, qui paraîtra correctement dans les textes antiques cités, peut se rencontrer tout à côté sous les formes epistolae ou epistole^ ces dernières devant montrer, au premier coup

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