‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 115 sur 353 · EtymoL, XII · texte numérisé non relu

EtymoL, XII

3 . Ni celui de Coqims sous lequel on le désignait souvent (Pastoret a fait de Coquus « un poète inconnu » cité par Jean de Salisbury ; Hlst. Ut t. de la France ^ t. XIV, p. 160).

4. Martial paraît, pour V, 29 (contra Gelllam), dans VHistoire Auguste {Alex. Sev. 38); dans le ms. de Paris 5816, étudié plus loin, le nom se présente ainsi : Ut' mariialis cochi etiam epigramma significat... et P. lui-même a remarqué en marge : Martialis Cocus.

P. DE NoLHAC. — Pétrarque. ^ 14

Quant aux Eglogues de Calpurnius, son ami Pastrengo, le lecteur de Catulle, lui en avait promis une copÏQ -.^Exspecto, écrivait Pétrarque, Calpiirnii hucolicum carmen et tuam Varronis agricultiiram ; iialde enim memini si qiiid mihi promittitur ' ; il est probable qu'après ce rappel l'ouvrage lui est parvenu. Il a eu entre les mains une rédaction des sentences de Publilius Syrus, si répandues au Moyen Age, et réunies avec les sentences tirées du pseudo-Sénèque De morihis \ Il invoque plusieurs fois ce mimographe qu'il nomme Publius et dont il loue la concision ; il connaît les citations qu'en fait Macrobe et aussi celles d'Aulu-Gelle ; mais il parle expressément du recueil des Prouerbia Senecae^ dans une notice spéciale sur Syrus, et en y faisant de larges emprunts '. duant aux autres noms de poetae minores qu'on rencontre dans les œuvres de Pétrarque, on peut penser qu'ils sont cités de seconde main.

Les poètes de l'époque chrétienne appellent une observation curieuse. Il semblerait qu'ils aient dû plaire à un lecteur assidu des Pères et du Psalmiste ; il n'en est rien. Cet ardent croyant a, pour la poésie qui célèbre la foi et les martyrs, un véritable dédain. Il la néglige plus qu'il ne l'ignore. Juveneus. Prudence, Sedulius, Arator passent, en effet, sous sa plume, en son énumération faite par jeu de tous les poètes anciens qui ont écrit en langue latine ^ ; il s'autorise de

1. Fam. XXII, ii. Ce Calpurnius était peut-être à la bibliothèque capitulaire de Vérone.

2. Cf. Hauréau, Notices et extr. de quelques mss. lat., t. I, Paris, 1890, p. 233.

3. PuhUuniy quem in philosophis inseruit Seneca, ah histrionihus non excludam... Quaedam eius praecepta sensibus uberiora quant uerhis in Saturnalïbus annunierata sunt... Quae, tanietsl nescio qualiter, omnia fere Senecae Prouerbiis inserta reperiani, siue ipse, sine alter, siue quispiani de aliéna liberalis Jiierit, proprio tamen auctori surripienda non arbitrer (Rer. ment. III, 3 ; Op. 457. Cf. Rer. mem. II, 3).

4. Ils sont désignés, suivant le système allégorique de l'églogue X, par un jeu de mots sur leur nom (Op. II, p. 21) :

l'exemple de ces pieux auteurs, auprès de son frère le chartreux, pour se justifier de sacri'fier aux Muses '. Mais, s'il sait se servir de leur nom pour plaider sa cause personnelle avec une naïveté qui sent la ruse, il se soucie fort peu de leurs œuvres. On ne les trouve pas citées une seule fois par lui, pas même celles de Prudence, dont il avait pourtant quelques poèmes dans un de ses manuscrits \ Deux distiques de S. Prosper sont transcrits, il est vrai, dans un de ses ouvrages dédié à des moines ; mais Pétrarque prend soin d'indiquer que cette citation est amenée pour plaire aux jeunes gens et aux novices \ Il nomme honorablement Proba Falconia, uniquement parce que cette poétesse a fait un centon de Virgile ^. Il ne fait aucun emprunt aux vers de S. Paulin de Noie \ non plus qu'à ceux de Sidoine Apollinaire, qui semblent lui être inconnus; une phrase sur Cicéron, qu'il a lue à contresens au début des Epistolae de

Unus erat rutilus diuini ruris arator...

Huic cornes, Une prudens, hinc seduliis alter aranti. . .

Hispanum nostra modulantem uoce iiiuencum.

Ausone est indiqué plus loin par le même procédé. Le passage relatif à Juvencus est dans les additions du ms. autographe (La hihlioth. de F. Orsini, p. 287).

1. Fam. X, 4 : Ut Priidentium, Prosperum atqueSeduliumet ceteros praetermittam, quorum soliUa oratione nihil omnino, metrica uero cermintur opuscula. Noli itaque, /rater, horrere quod Christo amicissimis ac sanctissiniis uiris placuisse cognoscis.

3. De otio relig. II (Op. 314, texte altéré) : Equidem piieris noiiitiisqiie tiestris ut placeam istalecturts. Les vers sont 35-36, 39-40 du Poema ad uxorem attribué à Prosper (dans Migne, t. LI, col. 614). Prosper est indiqué comme un auteur mis entre les mains des enfants : Ab ipsa pueritia, quando ceteri oiniies aut Prospéra inhiant aut Aesopo, ego libris Ciceronis inctihii (Sen. XVI, i ; Op. 946). Disons, à ce propos, que les Aesopiae fahulae que P. pouvait lire n'ont rien à voir avec le recueil de Phèdre et sont la paraphrase très répandue au Moyen Age qui porte le nom de Romulus.

4. Proha quaedam... utriusque gnara sermonis... mundi originem et fortunas patrum et Christi adulatum... alienis uerhis amplexa est (Fam., XXI, 6).

5. Cf. Rem. II, 7 ; Sen. XII, 2 (Ot). 908). La citation de FauL I, i, se rapporte à l'archidiacre Pauhnus qui a écrit une vie de S. Ambroise.

Sidoine, lui a donné une idée fâcheuse de l'esprit de l'auteur ' , et, le style aidant, il semble qu'il ait bientôt jeté le livre. L'attention relative portée à Ausone ne fait que souligner davantage l'abstention envers ses confrères plus véritablement chrétiens.

Cette exclusion de toute une littérature poétique de la culture de Pétrarque doit être constatée, à la fin d'un chapitre où nous l'avons vu si studieux et si fidèle admirateur des poètes du paganisme ; on y peut trouver la preuve que la beauté littéraire l'emportait de beaucoup dans son esprit sur le fonds qu'elle décorait, et c'est une des observations qui mettent le mieux en relief les tendances de son humanisme.

I. Préf. aux Farn. : Non me fugit irrisum et a Sidonio Ciceronem... Atqiie hoc Sidonius ausus est, Aluenius orator, non Latio se fingere fratrem, ut ait tUe, quod ipsum satis erat audaciae, sed aemulum et, quod est gmuius, irrisorem... Ille tamen adducit nescio quem luliutn Titianum et nescio quos Frontonianos suae irrisionis auctores, etc. Cf. Gai Sollii Sid. Apoll. epist. et carni., éd. Lùtjohann, Berlin, 1887, p. I.

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