‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 129 sur 353 · Çf.p, ^o · texte numérisé non relu

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PETRARaUE ET CICERON 247

ont été scholiées par d'autres lecteurs \ dont un, qui est aussi du xiv^ siècle, semble particulièrement intéressant '. Pétrarque ne s'est occupé, dans ce manuscrit, que des deux ouvrages de Cicéron.

Les Tusculanes y ont été relues par lui à l'époque tardive de sa vie dont l'écriture manque aux marges du manuscrit de Troyes. Deux courtes lacunes sont comblées de sa main aux feuillets i6i et i68. Le livre II, à l'exclusion des autres livres, est rempli de traits marginaux, qui indiquent une lecture fréquente et justifient ce fragment de lettre : Est secundus illius [Ttillit], écnt-il à un ami, inter Tuscidauas dispiitationcs liber, qiiem saepe saluhrem in mets dolorihus expertus, aliqiiot insignes uiros aiidiiii de Jihri illius efficacia similia memorantes. lUiint tihi familiarent facias uelini ; illum in manibiis haheas, quotiens notis indiciis adiientare podagriciun senseris dolorem \ Les Tusculanes sont l'ouvrage philosophique que Pétrarque a le plus souvent cité '^.

Le même manuscrit nous conserve un des textes des Philippiques qui ont été entre les mains de Pétrarque. Il ne comprend, il est vrai, que les quatre premiers de ces discours,

1. Deux mentions sont à la dernière page. L'une, simple date : 1521 ; l'autre, calligraphiée après l'explicit des Tusculanes, indique un passage du volume en mains françaises : Uan mil cccviij le premier jour de lenuier entrèrent poure crent en mal an, L'écriture paraissant postérieure à l'année indiquée, on peut croire qu'il faudrait lire ccc xlviij, l'année de la grande peste.

2. V. notamment f. 76', 88', 123, des notes signées Card. (?) ou B ; plusieurs ont été effacées par grattage (f. 116, etc.). Novati me signale un Cardinus, grammairien arétin du coiTimencement du xiv^ siècle.

3. Fam. VI, 3. La lettre est ancienne, mais peut avoir été retouchée.

4. Il en fait une analyse en dix lignes dans Fam. XVIII, 14, une autre plus courte, citée p. 218, et de nombreux extraits, introduits par les formules les plus variées : In quaest. Tnsculanis, In disput. Tusculanis, In Tusculano prima luce, suh secunda luce, tertio die, etc. ; In Tusculani sui ueslihulo (Rem. I, 44). [Cicero] multa tihi... diuine... in Tusculano s uo scilicet secunda luce disseruit, quinque dierum disputationes pari lihrorum numéro complexus. Valet... miris modis ad id quo nunc e^es ptapçime patlentiam ropurque animi (Rç'n- H, 114, De totius corporis dolore).

mais la lecture y a été particulièrement attentive. Indépendamment des observations de rhétorique ' et des sommaires ^ qui s'y rencontrent, certaines gloses explicatives montrent quel sens juste de la langue de Cicéron avait Pétrarque et comme il le comprenait bien \ On y trouve surtout un exemple intéressant de la revision verbale que notre humaniste faisait subira ses manuscrits. Que les corrections viennent d'une collation avec un autre texte ou qu'elles soient le produit de sa critique personnelle, elles méritent d'être signalées ; on en peut donner une série d'exemples, où il ne s'agit pas toujours de simples lapsus du copiste ^. Il est à remarquer que les quatre PbiJippiqiies contenues dans ce manuscrit étaient les seules qu'on possédât, du vivant de Pétrarque, à Florence \

Aux manuscrits de Cicéron réunis par Pétrarque se rattache un autre volume de Paris, le 7748, contenant le commentaire de Victorinus sur les deux livres du De inuentione. Le manuscrit remonte au x^ siècle et donne ainsi le nom de

1. Ex. : II, 19, aux réticences de Cicéron sur la moralité d'Antoine : Siispitiose ; II, ^4[Sedehat in rostris...], Iniiidiose; IV, 3 [Sic arbitrabar...'], Artificiose oratorie.

2. Ex. : III, 2, Lege hic multa magnifica de Cesare Aiigusto ; III, 5 [Est enim ille flos Itaîiae], Laus Gallie Cisalpine; III, ii [Hanc iiero teterrimam belluam...], Multa feda et grauia de duobus Antoniis ; IV, 5 [Hac iiirttite maiores...], Romana uirtus.

3. V., par exemple, deux additions f. 135' et 144'. A la phrase de II, 3, Oiiodsi esset heneficiiun... tantani essent consecuti, Pétrarque a complété le sens par ingrate potins obliuionis infamiam. Aux mots de III, 5, qidd pati Cesare iiiuo posset, il a expliqué ainsi : pati seruitutem, consequi iviperium.

4 F. 133, I, 6 : Prope in quinquagesimum annum, P. quingentesinmni, F. 135', II, 4: quam multa loca, P. ioca; ibid. ; Caesariim (sic) légère ductus, P. legereductus. F. 139', II, 24 : hoc heneficium sit ueri, P. sic tueri. F. 139', II, 25 : ara non modo uisiu, P. 0 rew. F. 139', II, 26 : hasta posita predae, P. pre ede. P. 141', II, 34 : cum plausu recipiebat, P. reiciebat. F. 143, II, 43 : actusque quaqiie conserua, P. aut usqueqiiaque. F. 143, II, 44 : statua minime auara coniunx, P. ista tua. F. 143', II, 46 : quod didicitiam populus romanus, P. didicit iam ; ibid. : occasiones traditas, P. occasionis tarditas. Toutes ces leçons de P. offrent un sens plausible et se retrouvent dans les éditions modernes.

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