Fam. III
tirer gloire, il faut non les avoir, mais les connaître, les confier non à sa bibliothèque, mais à sa mémoire, les loger non dans une armoire, mais dans son cerveau ; autrement, on sera toujours inférieur au libraire qui les vend ou même à l'armoire qui les contient '. »
Les amis de Pétrarque partagent son goût de bibliophile. Il saisit, d'ailleurs, toutes les occasions de le leur inspirer. S'il veut les attirer à Vaucluse par le tableau des enchantements de ce séjour, c'est toujours la bibliothèque qu'il place au premier rang; il se montre fier de pouvoir mettre à leur disposition des ouvrages de toute sorte, le chœur complet des Muses; il estime que ces plaisirs, joints à ceux de la promenade et de l'amitié, doivent suffire au bonheur d'esprits élevés comme sont tous ceux qu'il aime \ Étant en Lombardie, il prie Guido Sette, alors à la cour pontificale, d'aller autant qu'il le pourra à Vaucluse : la maison de l'ami, le lit rustique, le jardin, tout est à lui; qu'il surveille seulement les plantations, et qu'il veuille bien secouer la poussière des livres « en deuil de l'absence du maître ' ».
Pendant les séjours du poète en Provence, il lui arrivait parfois d'être appelé pour afi'aires à Avignon et d'y demeurer