Var
7. Vat. 3199. Avec une célèbre épître d'envoi en vers, dont l'édition critique est donnée par Oskar Hecker, Boccaccio-Fiimlc, Braunschweig, 1902, p. 18-19.
8. Fam. XVIIl, 3 .' Beasti me miinere magnijico et iiisigni...:, XVIII, 15 : Libros abs te mihi donatos hahui, et quos remisisti itidem accepi; XVIII, 4 .• Multo ego prias gratiarum quam tu gratarum reriim actione defatiger.
tas de livres couverts de poussière et rongés d'humidité; il y fouille avec dégoût, ne découvre rien d'intéressant et va se retirer découragé, quand sur un mince cahier de papier, tout souillé de taches, le titre désiré frappe ses yeux. Il l'emporte plein de joie et se hâte de le copier pour l'envoyer cà Pétrarque, bien que la rhétorique de Touvrage lui semble insipide et indigne du lecteur qui l'attend '.
C'est une émulation d'empressement entre les amis de Pétrarque. L'excellent Nelli trouve un moyen d'être sans cesse présenta son souvenir; il lui fait parvenir un bréviaire pour réciter son office quotidien. Mais le volume a quelque prix et le poète refuse de l'accepter en don; nous devinons le sens de sa réponse par le billet suivant du prieur des Saints-Apôtres : « Je pensais que tu ne parlerais plus de ce petit cadeau; si tu me forces à y revenir, prends garde, je vais me fâcher. Par la douceur de ta noble amitié, la plus chère chose que j'aie au monde, je t'assure que ce livre était bien chez moi et sans emploi; j'ai feint qu'il appartînt à un autre, car j'avais peur de te le voir refuser par discrétion, et je compatissais pourtant à l'ennui que te causait le bréviaire incommode dont tu te servais \ Quant à fixer sans fausse honte, comme tu le dis, le prix du volume, tu ne saurais me conseiller d'acte plus risible. Sois moins réservé ; laisse-toi offrir un petit livre, par un pauvre homme qui est à toi tout entier. Il ne faut pas donner toujours, mais savoir à son tour accepter. Le premier plaisir n'est-il pas le plus doux? Permets-le de temps en temps à ton ami, je t'en prie. Et ne parle plus de cette affaire : tout
1. Boccaccio, Le lettere édite e in éd., éd. Corazzini, Florence, 1877, p. 310 (I faut lire : qiiaternus ex papiro).
2. Compaliens importuna uolumini quod hahehas. C'est évidemment celui dont parle le testament de P.: Breiiiarium meum magnum quod Venetiis enii prelio C. lihi\iruiii.
ce que tu m'écris fait ma joie, mais ce sujet-là m'est désagréable '. » Le style de Nelli est médiocre et ne vaut pas celui des lettres de Pétrarque; mais le sentiment n'y est pas moins délicat, et ce billet nous révèle la seule discussion qu'ait eue leur amitié.
Les goûts du poète sont connus dans l'Italie entière. D'humbles personnages essaient d'obtenir sa bienveillance par l'hommage d'un volume -. Lui-même explore les couvents de la haute Italie, les bibliothèques des princes et celles des particuliers, profitant du respect qui l'entoure et de ses grandes relations pour se faire ouvrir toutes les portes '. Il n'hésite pas à écrire à des gens qu'il ne connaît point, dès qu'il apprend qu'ils ont des livres : « Le bruit court que tu héberges Cicéron et que tu as de nombreux ouvrages et fort rares de son génie. O bonheur cent fois plus grand que celui d'Évandre recevant Alcide! Fais-moi jouir, je t'en supplie, si tu m'en juges digne, de la présence d'un tel hôte. » Le grammairien honoré de cette lettre s'empresse de répondre par l'envoi de tout ce qu'il possède de Cicéron. Pétrarque n'y trouve à remarquer qu'un assez bon exemplaire des Tusciilancs\ il n'en remercie pas moins avec une grâce parfaite, et comme s'il avait tiré de cette communication le plus grand profit +.
Quand un livre lui plaît, il ne recule point devant une dépense souvent considérable. Il écrit à Nelli, en 1362, pour des achats sans doute importants : « Ne tarde pas, remplis