‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 34 sur 353 · Fam. XVIII, 13 et · texte numérisé non relu

Fam. XVIII, 13 et

ta promesse, procure encore cet accroissement à la bibliothèque qui est tout le repos et tout le divertissement de mon esprit, toute la joie de mon existence. Hâte-toi, par tous les saints, et fie-toi aux ressources de ma petite bourse. En recevant ton envoi, je me croirai le plus heureux des hommes, et déjà l'espérance seule m'exalte. Si pourtant je dois me contenter des livres que j'ai, comme ils sont assez nombreux et d'une certaine valeur, je m'estimerai encore plus riche que Crésus et compterai pour peu de chose les trésors de nos gens riches' ». Il a dû éprouver en ses négociations quelques mésaventures ; s'il parle souvent et avec véhémence des bibliophiles par ostentation, qui gardent « prisonniers » des ouvrages utiles, « les cherchent, les poursuivent, les arrachent » aux travailleurs, c'est qu'il a à se plaindre personnellement de quelque rival de ce genre. Sa vengeance est de prêter aux livres une indignation muette « d'être réunis souvent chez un avare oisif, alors qu'ils font si grandement défaut à tant d'hommes d'étude ' ».

La passion de Pétrarque, bien loin de diminuer avec l'âge, semblait croître et prenait de plus en plus les faiblesses du collectionneur. Il le reconnaissait de bonne grâce: « Dans ma correspondance d'affaires, le principal sujet est toujours celui des livres. J'avoue que j'en suis avide. Cet amour me dévore depuis ma jeunesse. Quelqu'un dira que c'est folie: quoi de plus fou que de rechercher ce dont on ne pourra pas se servir quand on l'aura ? Horace s'en moque :Siqnis emat citharas\..\ tu sais la suite. Mais on s'étonnera moins

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