‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 61 sur 353 · Fam. XXIII · texte numérisé non relu

Fam. XXIII

1 l8 LES LIVRES DE PÉTRARQUE

de la main de l'auteur, ne peut avoir été écrit que sous ses yeux et même chez lui '.Enfin, un autre copiste de sa maison a travaillé à la transcription de la traduction d'Homère, à propos de laquelle s'est posée et, je crois, résolue une question d'un certain intérêt.

Le volume de Y Iliade, acheyé de transcrire en 1369, est d'une main fort belle et régulière, qui a écrit aussi les premiers feuillets du volume de YOdyssée. Elle l'a repris, après une interruption % en y portant le même soin, jusqu'au début du dernier chant. Là, l'aspect de l'écriture change complètement ; le copiste se hâte, multiplie les abréviations outre mesure, trace le s final sans lever la plume ; on voit que son travail ne l'intéresse plus et qu'il veut finir, coûte que coûte, en quelques heures. Voilà une transcription qui sort tout à fait des habitudes données par Pétrarque à ses copistes et qui a dû lui causer d'autant plus de chagrin qu'il avait tenu à consacrer à Homère un manuscrit plus soigné. On devine un petit drame intime sous cet achèvement précipité. Il y a précisément un secrétaire du poète, Giovanni Malpaghini, qui a vécu chez lui aux années dont nous parlons, et qui, subitement dégoûté de son travail, a quitté son maître brusquement K Cette coïncidence de date est fortifiée par une observation sur le Vat. ^195, qui contient la

1 . Deux copistes ont travaillé à ce recueil qui a 62 ff. ; la première main s'arrête au f. 17, à la fin du second cahier.

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