P. y fait allusion lui-même au cours du poème
...Alius, gelidi Sulmonis alumnus, •
Multa iocans longamque aciemper opaca latentum Ostendens digito, fuscos aperire recessiis Tentaiiit frustra...
2. Ces additions sont indiquées dans Labibl. de F. Orsini, p. 287.
3. Je cite le texte du Vat. 3358 (Ecl.X, v. 203-210; Op. II, p. 20)
Ce court extrait de l'églogue fait défiler devant le lecteur quatre poètes. On a vu Cornélius Gallus dans le second, et dans les mots properalaque teinpora fali, une allusion à son suicide '; j'y trouve plutôt Calvus, dont le nom même est prononcé comme adjectif, par un jeu de mots qui est continuel dans l'églogue; le deuil prématuré que chante le poète, et qui est sa « flamme éteinte », était connu de Pétrarque par les vers de Catulle sur la mort de Quintilia'. Pour Properce, on remarquera une allusion bien claire à ses invectives contre Cynthie, dans le second vers qui lui est consacré. Le quatrième poète (jiotior) est Ju vénal, avec lequel Pétrarque quitte le groupe des élégiaques. Deux détails, non moins précis que ceux qui regardent Calvus et Properce, sont donnés sur Tibulle : d'abord, le nom de sa maîtresse, contenu dans l'équivoque Deliiis ardor; puis l'existence de son éloge de la pauvreté, dans la première de ses élégies. L'allusion à Délie est facile à expliquer par Ovide ' ; il n'en est pas de même pour la seconde. Comme il reste vraisemblable, après les observations réunies plus haut, que Pétrarque n'a point eu en mains le recueil de Tibulle, comment expliquer qu'il ait lu la pièce sur la pauvreté ? On trouvera la solution aisée, si l'on songe que Tibulle, plus favorisé au Moyen Age que les deux poètes auxquels on le réunit depuis la Renaissance, a été l'objet d'extraits divers et assez étendus, qui contiennent notamment l'élégie I ^. C'est sans
1. Cette identification est de Rossetti. On sait qu'il faut conseiller une grande défiance au sujet de l'annotation qu'a faite cet éditeur de notre églogue X, d'ailleurs fort incorrectement publiée. Les notes de la traduction Develay (Paris, 1891) sont moins nombreuses, mais plus judicieuses.
2. Cat., XCVL (Aussi Prop., II, 34). Cf. Fréd. Plessis, Calvus, ?c\x\s, 1896, p. 27.
3. Am. III, 9, V. 31 et 55. P. a connu encore Apulée, Apoh 10.
4. Cf. yityndit, Die P aviser Tihullexcerpte[^6^'] et 17903], Rhein Mus., XXV, p. 381 ; L. Mùller, préf. à son édition de Tibulle, Leipzig, 1885, p, viii. (Haupt, Opuscula, I, p. 276, a indiqué sept vers de Tibulle mis en prose dans le livre de
doute dans un Florilegium que Pétrarque a lu des vers de TibuUe \
Ovide ayant été fort lu et admiré au Moyen Age, il est naturel que Pétrarque ait connu l'ensemble de ses œuvres \ Il les cite même assez souvent pour qu'on puisse être sûr qu'il les possédât ^ Il a tiré des Métamorphoses beaucoup de ses notions mythologiques ■^; il a lu les Fastes, les Héroïdes, les Tristes, et se plaît à montrer à Barbato de Sulmona qu'il est familier avec les Politiques de son compatriote K II n'était pas insensible à la facilité séduisante du versificateur : Quod ad hiinc actum pertinet, piito nidlum aequari posse Nasonî poetae qin, ut est apud Senecam ^, hoc saecidum amatoriis non artibus antum, sed sententiis impleuit\ Mais les emprunts les plus
Pastrengo; mais L. Mùller a montré, p. v, qu'ils peuvent venir d'un scholiaste de Ju vénal.)
1. Le meilleur et le plus ancien ms. de Tibulle (1'^ w&roj/a;z«5) aurait appartenu à Coluccio Salutati (Baehrens, éd. crit. de Tibulle, Leipzig, 1878, p. vu).
2. Les plus récentes recherches sur Ovide au Moyen Age sont dues à G. Paris dans Hist. litt. de la France, XXIX, p. 455 sqq. Cf. E. Langlois, Origines et sources du Roman de la Rose, Paris, 1891, p. 119 sqq. (plus de deux mille vers fournis par Ovide à J. de Meun).
3. Je n'ai remarqué aucune citation de VIbis, des HalieuHca, ni des Medicamiua faciei. Mais P. connaissait ce dernier ouvrage : la preuvre en est apportée, je crois, par l'imitation suivante : •
Med.fac, 35 : Sic potius nos uret amor quam fortibus herbis, Quas maga terribili subsecat arte manus.
Son. / begli occhi : I begli occhi ond' i' fui percosso in guisa Ch' e medesmi porian saldar la piaga, E non già vertu d'erbe o d' arte maga.