‹ PétrarqueChapitre 17 sur 178 · jrn., I · texte numérisé non relu

jrn., I

ayignon, 1326-1337 37

avec un vif enthousiasme. « Toute la rive fourmillait d'une foule choisie de dames. Mon Dieu ! quelles formes, quels visages, quelles parures ! Celui qui n'aurait déjà le cœur épris deviendrait amoureux. » Puis, une fois sa pensée détachée de ce spectacle gracieux, il énumère d'autres merveilles : la cathédrale, non encore terminée, les processions de jeunes gens et de jeunes filles psalmodiant ensemble les souvenirs de la grandeur romaine, étonnants à une pareille distance dans le temps et dans l'espace. Il quitta Cologne par un brûlant soleil d'été, revint en France en traversant péniblement à cheval la sauvage Ardenne « beaucoup plus dangereuse parce qu'on était en temps de guerre » et arriva le 9 août à Lyon, d'où le jour même, dans une lettre au cardinal Colonna, il fit une description de ce très long voyage. Peu après son retour à Avignon il fut investi d'un premier canonicat à Lombez par bulle du nouveau pontife Benoit XII, le 25 janvier 1335. Pétrarque ne fut que médiocrement reconnaissant de cette faveur à ce Pape, qu'en deux lettres poétiques il avait sollicité vainement pour qu'il rétablît le Saint-Siège à Rome ; étant de plus italien dans l'âme, il lui en voulait de

l'aversion qu'il manifestait pour l'Italie, et parce qu'il déclarait qu'elle n'était capable d'aucune production, et s'étonnait même que les cardinaux pussent trouver bonnes les anguilles de Bolsena. Chose étrange, car Dante avait fait le reproche à Martin IV d'en être trop gourmand 1 !

Pendant cette année 1335, Pétrarque défendit devant le Pape et le sacré collège les droits de Martino délia Scala contre les De Rossi qui avaient usurpé le pouvoir à Parme. Scaliger l'avait reconquis sur ceux-ci par les armes, donnant le gouvernement de la ville à son oncle Guido da Gorreggio, et envoyant Azzo, frère de Guido, avec Guillaume de Pastrengo pour soutenir ses droits auprès du Pape. De même âge que Pétrarque, clerc comme lui, ayant également une teinture des belles lettres, Azzo rechercha son amitié, et comme il le savait très influent, grâce à sa réputation toujours croissante et à sa fréquentation chez les principaux personnages, il désira l'avoir pour avocat. Pétrarque accepta, et tant par le bon droit de la cause que par le crédit du plaideur le procès fut gagné. Une amitié solide unit dès

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