Cf. Petracco, Tarn. Déd> à Socrate
sait sa vie dans l'entreprise inutile de Lastra pour reconquérir sa patrie. Compagnon et ami de Dante, Petracco, banni aussi, partagea avec lui les chagrins, les projets, les luttes du récent exil. En 1302 il avait été condamné à avoir la main coupée et à mille livres d'amende. Parmi les proscrits il devait être l'un des plus considérables, car pour essayer d oter à cette condamnation l'apparence même de ce qu'elle avait d'odieux, les Noirs aggravèrent sa faute en l'accusant injustement de faux en acte privé, et d'autre part les Blancs, ses compagnons d'exil, le déléguèrent comme leur représentant auprès du cardinal de Prato que le Pape envoyait à Florence comme pacificateur.
La famille proscrite resta environ sept ans à Ancise,consolée par la naissance de deux autres enfants dont l'un mourut jeune. Quelques témoignages font croire que Pétrarque aurait eu aussi une sœur nommée Selvaggia, mais il n'y (it jamais aucune allusion. En attendant Petracco n'avait cessé de mettre tout en œuvre pour rentrer dans sa patrie ; en 1308 sa grâce lui fut offerte moyennant une amende honorable, mais il la refusa ne voulant pas, pensent les biographes, se risquer à retourner à Flo-
rence tant que ses ennemis y seraient tout puissants. Il est plus probable que les conditions du pardon lui parurent, aussi bien qu'à Dante, trop humiliantes. En 1311, la descente attendue d'Henri VII de Luxembourg ranima les espérances des proscrits florentins, et certains biographes assurent que Petracco se résolut à demeurer à Pise, qu'il y appela sa famille pour y attendre l'Empereur et les événements; mais à la fin de 1313, il aurait quitté cette ville lorsque la mort d'Henri eut déçu son attente.
Quelque incertains et contradictoires que soient les souvenirs laissés par Pétrarque sur cet épisode lointain de sa vie, ils nous font supposer que sa famille se transporta à Pise plutôt à la (in de 1310 ou au commencement de 1311 ; et comme elle n'y demeura pas beaucoup plus de sept mois, son départ pour Avignon doit se placer à la fin de 1311 ou au commencement de 1312, et non à la lin de 1313, après la mort d'Henri qui survint le 24 août de cette munie année l.
La tradition généralement adoptée veut que Pétrarque fréquentât déjà à Pise l'école de Con-
1. Lettera ni poster i,dèd. h Socrnte. Scnili, X. 2. P. Paganini, Délia relazione di Franc, l'cl. cou Pisa, Lucques, 1881.
venevole de Pratô, mais elle n'est appuyée d'aucun témoignage sérieux. Dans cette courte période de sa vie d'enfant, rien à notre connaissance n'est à signaler sinon qu'il vit une fois Dante avec lequel son père avait une certaine intimité, nous dit-il par la suite, et une certaine conformité de goûts et d'études '.
La famille exilée s'embarqua à Livourne en hiver, toucha à Gènes, puis, près de Marseille essuya une tempête et fit naufrage. Pétrarque nous dit lui-même qu'il s'en fallut de peu « qu'à Ipeine le seuil de la vie franchi, il n'en fut de Nouveau repoussé 2. » Il est certain que les Voyages par eau ne se montraient pas favoraples à l'enfant errant.
Arrivé à Avignon, où GlémentVI avaiUrans- ^21^Je3^^i^3J^^ Pctracco trouva k que la ville était resserrée, dénuée d'habitations, et qu'elle était pleine d'étrangers 3 » ; iussi, comme beaucoup de personnes le faisaient alors pour plus de commodité et d ecoaomie, il prit le parti d'établir sa famille à "arpentras, bourg situé à peu de distance, où,
J. Fam. XXI, 15.
|. Ded. délie Fam.