‹ PétrarqueChapitre 59 sur 178 · Farci., XVII · texte numérisé non relu

Farci., XVII

aux ambassadeurs, et, ce qui est plutôt honorable, il refusa, alléguant le manque de temps. Mais lorsqu'au mois de novembre suivant, il fut question d'envoyer une ambassade à Venise pour traiter de la paix, le poète qui avait écrit deux fois déjà en ce sens au doge Dandolo, accepta volontiers d'en faire partie. Il reçut à Venise l'accueil le plus flatteur et fit une allocution devant le sénat vénitien, simple allocution d'ouverture d'ailleurs, qui n'avait rien à voir avec les arrangements diplomatiques conduits par des négociateurs plus expérimentés, et qui du reste n'aboutirent pas. Pétrarque était la partie décorative de l'ambassade, c'est à ce titre qu'il fut envoyé, c'est à ce titre qu'il fut reçu.

Peu après son retour de Venise une fâcheuse nouvelle lui arriva de Vaucluse : le jour de Noël des brigands avaient saccagé et incendié sa maison de la Sorgue ; fort heureusement, ses livres avaient été mis à l'abri dans le rocher par le paysan chargé de la garde de la propriété et les malfaiteurs n'ayant pas osé y pénétrer, les livres purent être sauvés. L'année suivante il eut une contrariété plus vive quand il apprit que son fils s'était vu enlever son canonicat de

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Vérone par Scaliger qui se vengeait d'Azzo de Corregio, ami et protecteur des Pétrarque. Le canonicat de Modène fut alors donné au poète, mais connaissant la situation embarrassée de son ami Luca Gristiani « il y renonça spontanément en sa faveur1. »

En octobre 1354, l'archevêque Jean Visconti étant venu à mourir, ses Etats furent partagés entre ses trois neveux, Mathieu, Barnabe et Galéas. Selon l'usage, leur prise de possession fut inaugurée solennellement et Pétrarque fut chargé du discours de circonstance. Mais ces princes, comme beaucoup de leurs contemporains, croyaient à l'astrologie, et l'astrologue 3tait tenu en grande considération, par les personnages les plus importants de l'Etat. Ce jourlà il arriva, pendant que Pétrarque parlait, jae l'astrologue de la cour l'interrompit en lisant que le moment était venu pour lui de présenter aux trois souverains les signes de eur destinée, et qu'il ne pouvait tarder davanage sans que cela fût préjudiciable. Alors, •aconte Pétrarque lui-môme, « m'arrêtant court au milieu de mon discours, je me tus pour ne )oint mettre obstacle à l'enthousiasme de la

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