CHAPITRE Y
Mort du fils de Pétrarque.— Départ pour la Provence. — Retour à Padoue. — Pétrarque s'établit à Venise. — Il fait don de ses livres. — Nouvelle visite de Boccace. — Pétrarque remplit des fonctions honorifiques. — Il est atteint de la gale. — Activité littéraire et philosophique. — Querelle avec les Averroistes. — Retour à Padoue. — A Pavie. — A Arqua. — Il est frappé d'apoplexie à Ferrarc. — Sa nouvelle ambassade a Venise. — Sa mort. — Le squelette de Pétrarque dans l'histoire et selon l'anthropologie.
Quelques jours à peine s'étaient écoulés depuis l'arrivée de Pétrarque à Padoue que son fils Jean mourait de la peste à Milan, au moment où il allait être remis en possession de son canonicat de Vérone : « Mon Jean né pour mon malheur, qui dans sa vie ne cessa de me donner de graves soucis et dont la mort me cause un amer chagrin, meurt à l'âge de vingt-quatre ans n'ayant connu que bien peu de jours heureux. » C'est ainsi que Pétrarque fait mention de son deuil sur les feuillets de son Virgile. Il expri-
mait ses regrets à son ami Simonide d'avoir perdu ce fils « au moment où il semblait devenir meilleur ' », et en écrivant à Guillaume de Pastrengo il loue Dieu « d'être délivré de son long souci, mais non sans ressentir un chagrin profond2 . » Ses sentiments religieux adoucirent bientôt sa douleur, que contribuait déjà à alléger le souvenir des nombreux tourments que ce fils lui avait fait souffrir. Peu de temps après, un autre deuil vint encore le frapper : la mort de Lelio, son meilleur ami et son protecteur àla cour d'Avignon. Celui-ci venait de plaider sa cause auprès du Pape pour l'engager à changer en un bénéfice ecclésiastique la charge de secrétaire apostolique récemment proposée 3. Pétrarque eut encore quelque adoucissement à ce chagrin si, comme on le croit, le mariage de sa fille avec Franceschino da Brossano eut lieu à cette époque ; car depuis lors il vécut avec eux la plus grande partie de son temps à Venise et à Padoue Ce ne fut pourtant pas pour lui une raison de se retirer en paix dans une demeure stable. Attristé par les révolutions qui désolaient l'Ita-