Lettre ii Francesco Vittori
plesse d'esprit, ainsi que le dit fort bien un critique américain moderne, faisait de lui le type du parfait homme de lettres' et le préparait admirablement à s'assimiler la manière de Gicéron. Stimulé par l'exemple paternel il commença dès l'enfance à montrer sa prédilection pour le grand orateur, et il y prenait un plaisir tel, que même sans le comprendre complètement, il jouissait de l'harmonieuse disposition des mots et prenait en dégoût la lecture de tout autre livre -. On ne sait au juste tout ce qu'il connut de lui, mais on sait avec quel soin il rechercha ses œuvres et les fit rechercher par ses amis. Quant aux étrangers qui venaient le voir et qui s'offraient à lui rendre service il « ne leur demandait autre chose que des livres de Gicéron, leur en faisait prendre note de
l.They were both typical meii of Ictters. The man of lettcrs isintellectually alert;sensiLive to impressions and al^lc to rcpoi't them; hospitableto ail tho ideas of his lime; sometimcs incon sistent, because of this vcry catholicity ; and ofLen dcspiscd in conséquence by practical men, although inreality more practical than they, inasmuch as he lias the art of communicating lus flashcs of insight and his gênerons cuthusiasm to othcrs, Avho in the end reconcile his inconsistcncics and make his dreams come true. This is an exceptional character, but .Cicero sustained it fully and so did Petrach too ». Cf. Robin- |son, Petrarch the first modem schoLir and man of letters.Ne^yiYork et Londres. Putnam' sons, 1<S98^ 2. Senili, XVI, 1.
mémoire et par écrit, et leur rappelait ses demandes par lettres '. » Cette vénération du poète pour Cicéron lui fit éprouver un véritable chagrin pour la perte de deux manuscrits De la gloire, qu'il croyait posséder et qui n'étaient que des fragments d'un autre écrit, et on s'explique les paroles enthousiastes avec lesquelles il « l'admire et le vénère comme un génie divin » ', paroles qu'il lui adresse directement en le louant d'avoir été le guide, le soutien et le père de sa science et de son stylet Mais malgré cette ardeur, son enthousiasme n'avait rien d'aveugle, et s'il écrivit à l'orateur latin une lettre admirative, il n'hésite pas à faire dans une autre, allusion à ses défauts, en particulier à son ambition politique, à sa participation aux luttes civiles, et à son peu de goût pour la retraite. Évidemment, l'humaniste, mystique par intermittence, ne pouvait comprendre qu'un orateur politique des derniers temps de la Rome républicaine, ne fût pas un esprit contemplatif.
Après Cicéron, Pétrarque aima Virgile dont