‹ Pétrarque, sa vie et son œuvre;Chapitre 2 sur 188 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Passaf^e de l'Arno. — La famille de Pétracco à Pise. — Le petit Francesco et Dante. — Il manque pour la seconde fois de se no3"er. — Pétrarque à Carpcntras. — Premier voyage à Vau c'use. — (joùt persistant des belles-lettres. — Pétrarque étu diant à Montpellier. — Aversion pour l'étude du droit. — Mort des parents de Pétrarque.

Sur la fin de février 1303, la modeste famille d'un exilé florentin quittait Arezzo, son lieu d'exil, pour se réfugier dans la terre d'un aïeul à Ancise,à quatorze milles de Florence. Un jeune homme robuste chevauchait avec le cortège, et portait sm* ses épaules, soutenu par un gros bàlon, un bambin de sept mois bien enveloppé

de ses langes. Ce moyen peut sembler un peu étrange et ridicule, maintenant que nous avons tant de meilleurs moyens de transports; mais ce bambin parvenu à l'âge d'homme et à la célébrité, se le rappelait avec complaisance, reconnaissant de la sollicitude maternelle qui avait de cette façon empêché que les bras grossiers du porteur rustique, dans l'incommodité du voyage à cheval, n'étreignissent trop son tendre corps.

La petite troupe arriva ainsi sur la rive de l'Arno, mais en passant le gué, le cheval tomba, entraînant avec lui le cavalier, et ce fut miracle que celui-ci put s'en tirer sain et sauf avec le fardeau qui lui avait été confié, sans autre dommage que répouvante générale. Cet enfant, qui encore au maillot faisait un si dur essai des accidents de la vie, était François Pétrarque \

Conçu pendant l'exil, à Arezzo, où les Blancs de Florence s'étaient réfugiés après les premières terreurs du bannissement et dans les premiers espoirs de la revanche, il était né en mettant sa mère en graud danger, dans la nuit du 19 au 20JuilJet 1304, au moment même où son père, ancien secrétaire des Riformagioni, expo-

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