LE MEPRIS
Gravure du Traité des Remèdes.
(Augsbourg, i532.)
Une nouvelle édition parut en i53g, d’autres en 1545, i55i, 1 555, 1 55g, 1572, 1584, i5g6, 1604, 1620, i652. Une partie des gravures fut en outre utilisée dans l’ouvrage Schimpff und Ernst , et dans le Cicéron
Mais essayons de faire connaître l’économie même de l’illustration. Si le miniaturiste de la Bibliothèque Nationale a suivi littéralement, en vrai exégète, le texte de Pétrarque, l’illustrateur allemand, loin de chercher à établir un lien entre les différentes scènes, conçoit chacune de cellesci comme un tableau distinct (d’ordinaire une scène de mœurs) et prend de très haut sa mission d'interprète. C’est ainsi, qu’à propos de la dissertation sur la Peinture (ch. xl), il représente un atelier de peintre avec les modèles, le broyeur de couleurs, les oiseaux domestiques. Ailleurs (dans les deux gravures qui suivent le frontispice du
second volume), il évoque des paysages à la fois fouillés et spirituels, peuplés d’hommes qui luttent, d’animaux qui se battent ou se dévorent.
L’édition augsbourgeoise du De Remediis n’est pas un livre de bibliophile, il s’en faut; le papier en est commun (il a poussé au brun), la gravure d’ordinaire rude3, le tirage défectueux; l'encre, en s’évasant, a achevé d’enlever toute finesse au trait.
Mais le dessinateur — l’œuvre est de tout point digne de Hans Burgmair, le plus fécond des illustrateurs d’Augsbourg — y a mis une verve qui fait passer par-dessus bien des lacunes. Tour à tour, il se montre