‹ PétrarqueChapitre 222 sur 252 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

A Rouen, la verrière de l’église Saint-Patrice, peut-être exécutée d’après les dessins de Jean Cousin, représente le Triomphe de la Loi de Grâce. Le Sauveur, en croix, est élevé sur un char de triomphe tiré par plusieurs Vertus mystiques, portant les palmes en signe de victoire. Il est précédé et suivi de la Foi, des chefs d’Israël, des ennemis qu’il a vaincus : le Péché, Satan, la Mort et la Chair. La Mort est une femme, aux traits altérés par la souffrance, un linceul élégamment attaché sur sa tête; c’est l’Atropos des Grecs, avec une javeline au lieu de ciseaux, et des flèches, images de la destruction '.

Un Triomphe de la Chasteté , passablement indépendant des traditions pétrarquesques, orne un vitrail de l’église de Conches ( 1 553). On y voit le Palais virginal, le Palais de Jessé, le Temple d’Honneur, etc. Le char est escorté par les Sept Vertus. Les « Dames captives » ont pour compagnon l’Amour1 2 3.

La Miniature, de son côté, nous offre le Triomphe de l’Argent , le Triomphe de l’Honneur et le Triomphe de V Amour’’ .

Dans le domaine de la Gravure, nous citerons le Triomphe de la Licorne, gravé par Jean Duvet4.

Une rubrique des plus curieuses serait à consacrer aux altérations du mythe.

Dès la fin du xve siècle, certaines scènes des Triomphes s’étaient infiltrées, nous l’avons vu, jusque dans les ouvrages d’édification (le Triomphe de la Mort, inséré dans une édition de L'Art de bien mourir de Savonarole).

Voici venir le graveur de l’entrée du roi Henri II à Rouen5. Il attelle quatre chevaux ailés au char de la Renommée et, conformément à l’usage, y installe, sur le devant, la Mort vaincue. L’on ne s’attendait -guère à trouver le squelette dans une entrée royale! Nous avons ensuite le char de la Religion (fol. i5 v° et 1 6) et le char d’ « Heureuse Fortune » (fol. 27 v° et 28).

A la longue, il n’y eut plus de divinité de l’Olympe qui ne reçût les

1. Langlois, Essai historique et descriptif de la Peinture sur verre ancienne et moderne ; Paris, i832, p. 5 r.

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