I. — EXAMENS RADIOLOGIQUES
Quelques rares fois, les radiographies peuvent montrer une bulle d’air intracrânienne enkystée;, c’est une pneumatocæle crânienne. Elle indique qu’il y a eu effraction de la dure-mère et du sinus frontal.
L’encéphalographie, par contre, montre souvent d’importants dégâts du système ventriculaire. Un auteur anglais, DAVIES, a trouvé des modifications de l’image de ventricules cérébraux dans 50 % des cas de Syndrôme Subjectif commun aux traumatisés du crâne. Ce sont des dilatations, unies ou bilatérales, par atrophie du tissu nerveux. (Réf. 9.)
D'autres fois, ce sont des déviations du système ventriculaire qui se trouve attiré d’un côté. De plus, l’air injecté ayant tendance à se localiser autour du cerveau permet de voir l’atrophie ou le déplacement d’un lobe.
J. — ELECTROENCEPHALOGRAPHIE : (E.E.G.)
C’est là une question qui déborde un peu la médecine générale;: aussi, nous ne nous y étendrons pas. En général, les
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changements électroencephalographiques dûs aux traumatismes cérébraux ont les mêmes caractéristiques que ceux produits par d’autres formes d'atteinte cérébrale. La forme des ondes lentes et la suppression de la fréquence dominante ne peuvent être distinguées de celles vues autour des tumeurs ou des abcès.
Après un traumatisme du crâne, on observe, en général, des ondes très lentes (de l’ordre de 2 par seconde et moins) et d’un voltage relativement élevé (150 microvolts). Petit à petit, les ondes augmentent de fréquence et décroissent en volume pour redevenir normales (8 à 10 par seconde et 10 à 50 microvolts).
Dans le cas d’une épilepsie post-traumatique, après que les ondes lentes résultant directement du traumatisme cérébral, soient progressivement revenues à la normale, on voit apparaître des épisodes d'ondes anormales, de plus en plus fréquents et de plus en plus anormales. Ce sont, pendant quelques secondes, des explosions d'ondes d’un voltage élevé, en pointes (Pointe onde) ou simplement des explosions d’ondes très rapides (25 par seconde).
Ces anomalies peuvent être diffuses dans tout le cerveau ou localisées autour de la blessure, ou encore au point opposé par effet de contre-coup.
On peut dire grossièrement qu’une anomalie focale de VE.E.G. est un témoignage d’une lésion acquise, tandis qu’une anomalie diffuse peut indiquer une lacune constitutionnelle congénitale, même après un traumatisme de la tête.
Mais, ces anomalies de l’E.E.G. ne persistent qu’à peu près chez la moitié des malades qui ont des symptômes persistants longtemps après l'accident.
Donc, si la présence d’une anomalie focale est une preuve d’organicité de la maladie, l’absence d’anomalie ne prouve absolument rien.
Il en est de même pour l’epilepsie post-traumatique, d’autant plus qu’un E.E.G. normal peut être observé plus ordinairement dans les épilepsies traumatiques que dans les idiopathiques.
L'électroencéphalographie avait été sensibilisée par l'épreuve de l’hyperpnée, mais elle l’a été encore beaucoup plus par l'injection d'insuline intra-veineuse. Ainsi, les Professeurs BAISSET, BUGNARD, PLANQUES et le Dr GRE-
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ZES-RUEFF, de Toulouse, ont mis beaucoup plus souvent en évidence des anomalies de l’'E.E.G., dans des cas de Syndrôme Subjectif ou d’épilepsie post-traumatique et ont ainsi donné une plus grande valeur à cette épreuve.
Cependant, si dans les cas d’épilepsie post-traumatique, VE.E.G. est ainsi reconnu altéré environ dans 75 % des cas, cette épreuve n’est pas encore aussi fidèle dans les syndrômes subjectifs.
Elle n’a toujours qu’une valeur positive, c’est-à-dire que l'absence d’anomalie ne signifie pas absence de troubles subjectifs, donc simulation.
Nous venons de voir que. le malheureux traumatisé crânien, accusé par Brissaud de mauvaise volonté et d'esprit revendicateur, est en réalité un pauvre homme, atteint de céphalées importantes, de troubles de l’équilibre, de troubles sensoriels divers, d'importants troubles neuro-végétatifs, de troubles sexuels et surtout de troubles psychiques (amnésie, irritabilité, hyperémotivité, bradypsychisme, fatigabilité intellectuelle, perte des facultés d'adaptation).
Evidemment, dans ce tableau, les symptômes objectifs sont rares, mais les nombreux symptômes subjectifs réalisent un ensemble, un groupement, un Syndrôme, qui en lui-même est objectif.
C’est sur cette épave que nous venons de décrire que les difficultés financières, les lenteurs de procédure, les expertises renouvelées et l’action même de l'entourage vont venir greffer des réactions névrotiques et constituer ainsi le tableau complet de ce que BRISSAUD appela la Sinistros®.
REACTIONS NEVROTIQUES SUCCEDANT AUX TRAUMATISMES CRANIENS.
Evidemment, cet amoindrissement physique et intellectuel du blessé sera une porte ouverte aux réactions névrotiques, mais leur apparition sera également favorisée et même conditionnée par la présence d’un léger déséquilibre mental antérieur à l'accident, déséquilibre restant cependant dans les limites d’un psychisme normal. Ainsi verrons-nous se surajouter au syndrom® subjectif des accidents pithiatiques, des états