IL. - SEQUELLES DES TRAUMATISMES ENTRA-CEPHALIQUES
De même qu'après les traumatismes du crâne, après des traumatismes des bras ou des jambes on entend trop systématiquement accuser de « Sinistrose » des personnes se déclarant inaptes au travail; la fracture, s’il y en avait une, est consolidée, la plaie est cicatrisée, les délais normaux sont écoulés, donc, ce ne peut être qu’une « Sinistrose ».
Bien souvent, il est vrai, il s’agit d’un malade qui cherche à retirer le plus de profit possible de son accident; c’est une réaction de sursimulation chez un paranoïaque; nous venons de le voir.
Bien souvent aussi, il s’agit d’un accident pithiatique chez un hystérique; nous l'avons également étudié dans les réactions névrotiques.
Mais, parfois, le blessé souffre vraiment de troubles tenaces et douloureux. On a alors, non pas une sinistrose, mais ce que BABINSKI et FROMENT appelèrent « Troubles physiopathiques » (Réf. 2) et que J.-A. BARRE nomma par la suite « Troubles nerveux réflexes extenso-progressifs d’origine traumatique ». (Réf. 4).
TROUBLES REFLEXES PHYSIOPATHIQUES SUCCEDANT AUX TRAUMATISMES DES MEMBRES.
Ces troubles sont connus depuis assez longtemps; en 1875, VULPIAN en avait fait la révision et avait expliqué le problème de la nocivité à distance par une théorie réflexe.
Puis CHARCOT les classa dans l’hystéro-traumatisme.
En 1905, SICCARD les distingua de nouveau dans lhystérie.
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Enfin, en 1916, BABINSKI et FROMENT en firent une synthèse qui n’a pas été touchée depuis et leur donnèrent le nom de « troubles physiopathiques de Babinski et Froment ».
Ces accidents, heureusement très rares, se développent à la suite d'une blessure, souvent minime (piqûre, coup d’aiguille) quelquefois superficielle et insignifiante (ongle écrasé, petite brûlure), parfois même sans blessure extérieure (entorse).
D'autres fois, ils succèdent à une lésion traumatique importante des parties molles, des os, des vaisseaux et des nerfs. Mais le plus souvent, ils s’observent à la suite de lésions irritatives des voies nerveuses et surtout des voies sympathiques d’un membre.
Ces diverses altérations siègent ordinairement à la périphérie à la main ou au pied. Elles peuvent siéger aussi sur les fibres sympathiques d’un viscère (intestin, appendice) ou à la périphérie d’un nerf cranien sensitif cu sensoriel.
Ces troubles se constituent habituellement très peu de temps après le traumatisme. Ils ont pour caractère principal d’être hors de proportion avec la cause qui leur a donné naissance, aussi bien sous le rapport de l'intensité que de l'étendue. Ils débordent en effet largement la zone traumatisée et intéressent par exemple tout un segment de membre ou tout un membre. Pour J.-A. BARRE, ils peuvent s'étendre progressivement aux deux membres et même, dans certains cas, aux quatre membres.
L’analyse clinique décèle, sous les formes très variées que ces troubles peuvent prendre des contractures ou hypertonies, des états paralytiques ou hypotoniques, des états parétiques et fréquemment, un mélange de parésies et de contractures qui peuvent entrainer une imipotence complète ou partielle du segment atteint. Mais, quelle qu’en soit la forme, le trouble moteur est le plus souvent incomplet, partiel, limité; il prédomine souvent à un segment du membre, surtout à son extrémité.
L'examen clinique montre encore de la surexcitabilité mécanique ou de la lenteur à la secousse musculaire, et diverses modifications quantitatives de la contractilité électrique.
L’hypotonie de certains groupes musculaires est fréquente et souvent associée à la contracture des muscles antagonistes.