ANS BARBES
CarTER’s PRIZE PROLIFIQUE :
CHEVALIFR DANOISE :
À MALYER ANGLAISE :
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Ces évaluations d’orges à deux rangs du Canada réfutent toutes les objections qu'ont avancées quelques-uns en prétendant que le Canada ne pouvait produire d'orge à deux rangs assez bonne pour le marché anglais. Ceux dont nous avons obtenu l'opinion, sont d’entre ceux qui achètent et consomment le. plus d’orge en Grande- Bretagne. Le chiffre le plus bas dans le nombre, 30 shillings par quarter de 448 livres, équivaut à 78 centins en Angleterre pour le boisseau de 48 livres. La moyenne de toutes les évaluations est d’un peu plus de 36s., ce qui équivaut à 94 centins par boisseau du Canada rendu en Angleterre, et ceux dont l’orge atteint la plus haute cote, 40 à 424., le vendraient en Grande-Bretagne de $1.06 à #1.12 le boisseau du Canada. Il faut déduire de ces chiffres le coût du transport et la commission de l’acheteur. Quelques acheteurs de l’ouest de l'Ontario firent au mois de février dernier un envoi de 20,000 boisseaux en Angleterre. Le chargement eut lieu près de Toronto et fut transporté à Liverpool pour 30 centins par 100 livres. Un second chargement de 18,000 boisseaux fut expédié du nord de Toronto au commencement de mars, et le transport jusqu’à. Liverpool en revint à 38 centins les 100 livres. Pendant les mois d'hiver de 18 à 19 centins devraient couvrir les frais de transport entre le producteur et le consommateur, et pendant la période où la navigation est ouverte, de 12 à 14 centins suffiraient probablement jusqu’à Liverpool ou à Londres. Supposé que le coût fût en moyenne de 15 centins et que la commission et autres dépenses accessoires revinssent à 3 centins à compter d’après l’évaluation la plus basse, il resterait au cultivateur chez lui 60 centins par boisseau du Canada. Le chiffre moyen lui laisserait 76 centins, et les estimations les plus élevées, de 88 à 94 centins.
Si lon estime à 10 millions de boisseaux l’exportation d’orge du Canada, l'augmentation d’un centin dans le prix de vente rapporte $100,000 de plus aux cultivateurs ; et si tout l’excédant de la récolte d'orge du Canada en 1889 avait été de l’orge à denx rangs et s'était. vendu aux cotes les plus basses indiquées pour les échantillons les plus inférieurs envoyés en Angleterre, au lieu d’avoir été expédié aux Etats-Unis et d’y : voir été payé environ 45 centins, le gain des cultivateurs du Canada se serait élevé à un million cinq cent mille dollars ; si l’on avait pu obtenir le prix moyen des estimations, la différence aurait éte de plus de trois millions de dollars. En présence de tel es perspectives, aucune personne sensée ne peut mettre eu question qu’il serait sage de faire un effort pour les réaliser.
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On a objecté que l’orge à deux rangs dégénère bientôt et qu’il faudrait même, pour obvier à cette perte de valeur, importer chaque année de nouvelle semence ; mais ce qu’on avance aïnsi sans l'avoir constaté par l'expérience a fort peu de valeur.
Les essais qui ont été faits sur les Fermes expérimentales nous conduisent tous jusqu’ici à la conclusion contraire, et au lieu de dégénération il y a eu amélioration continue. L'opinion des agriculteurs les plus pratiques que j'ai rencontrés ou avec qui j’ai correspondu, et qui ont cultivé de l’orge à deux rangs, est que cette variété ne tend pas plus à dégénérer qu'aucune autre, et qu’en changeant la semence d’un sol à un autre selon la manière habituelle des bons agriculteurs en tous pays, il n’y a pas à doter que la qualité du grain ne se maintienne pendant nombre d’années. En Danemark où l’on a ces dernières années si bien réussi dans la culture de l’orge à deux rangs, on a constaté que toute nouvelle variété d'orge introduite mettait deux ou trois ans à s’acclimater, et durant ce temps, il y avais une sensible amélioration continue; puis l’orge une fois acclimatée conservait sa vigueur pendant bien des années. Il n’y a point à douter qu’une cuiture sans soin ou négligée ne fasse produire à la meilleure des semences de pauvres résultats. En Angleterre la plus belle orge se cultive dams des terrains parfaitement soignés, et par l’expérience on constatera sans doute qu’il fant faire de même ici. En Europe on fait en général succéder l’orge à une récolte de plantes-racines qui est fortement fumée; de plus, immédiatement avant la semaille, on traite communément le terrain avec un mélange de 200 à 300 livres de superphosphaiwe avec 50 à 100 livres de nitrate de soude par acre. On considère en général un sol léger, riche, friable, comme le plus conv.nable à l'orge, quoiqu’on obtienne aussi d'ordinaire de bonnes récoltes sur une terre argileuse qui a été bien drainée et dont on a parfaitement travaillé le sol de manière à le réduire en fine terre. Il faut semer de bonne heure, et si la semence est de bonne qualité, un boiïsseau et demi suffit à l’acre. Il faut employer un semoir et autant que possible orienter les lignes du nord au sud, car le soleil pénètre ainsi plus facilement entre les rangs.
Les faits réunis ici montrent que la perspective pour le cultivateur canadien est encourageante, et, grâce à l’excellente semence que nous nous procurons maintenant d’après vos instructions, il y
a lieu d’espérer qu’un commerce rémunérateur et permanent en orge
à deux rangs sera bientôt établi avec la Grande-Bretagne,
J’ai l'honneur d’être,
Votre obéissant serviteur,
WM. SAUNDERS, Directeur des Fermes expérimentales.
OTTAWA, 12 avril 1890.