‹ Phagocytes et bacille tuberculeuxChapitre 3 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La pénétration d’un microbe sous la peau d’un animal peut se manifester par une tuméfaction locale ou ne donner lieu à aucune modification apparente.

La présence d’une tuméfaction coïncide avec une absence de troubles généraux, l'animal reste indemne. È

L'absence de tuméfaction est suivie d’une altération générale de l'organisme, l'animal succombe.

Metchnikoftf nous a montré que la localisation de globules blancs au point de pénétration du microbe, était un phénomène utile pour l’organisme, que la résistance de l'animal était due à des propriétés particulières de ses globules blancs, qui leur permettaient de se porter vers l’endroit menacé, d’englober, de tuer, de digérer le microbe infectant. L'absence de globules blancs permettant au contraire la multiplication sur place des microbes et leur dissémination dans l’organisme. 3

Metchnikoff a donné à ces éléments blancs du sang « cellules amiboïdes, capables de saisir et de digérer les microbes et d’autres éléments figurés » le nom de phagocytes. Il a classé ces phagocytes en

microphages ou leucocytes polynucléaires et, en macrophages ou leucocytes mononucléaires, assignant à chacun d’eux un rôle spécial dans la lutte contre les divers agents microbiens. Il a, en un mot, fait de l’activité phagocytaire des globules blancs, le facteur de résistance d’un animal à tout agent infectieux.

A la suite de ces données, le leucocyte nous est apparu comme le défenseur de l’organisme.

En clinique, il est d’un usage courant d’admettre, qu’une infection donnée aura une terminaison favorable, si l’afflux Teucocytaire en un point touché par le microbe est abondant et rapide, si l’hyperleucocytose est précoce et persistante ; on porte au contraire un pronostic défavorable, en cas d'hypoleucocytose. | .: Pour lutter contre Îles maladies infectieuses nous

cherchons à mobiliser l’armée des globules blancs et à la diriger vers les microbes.

En un mot, nous faisons du globule blanc protecteur de l’organisme le synonyme de phagocyte.

Or, nous savons qu’en Tuberculose, le tubercule est formé de cellules migratrices, venues d’ailleurs sur le point infecté.

Borrel,étudiant la genèse du tubercule pulmonaire chez le lapin, a décrit dans les premières heures l'afflux précoce des leucocytes polynucléaires et l’englobement des bacilles par ces leucocytes. Dès le troisième jour, ces éléments blancs commencent à présenter des signes de dégénérescence : état trou-

ble du noyau, chromaiolyse, et ils disparaissent au cinquième jour. Pendant ce temps, dès le deuxième jour, arrivent des grands leucocytes mononucléaires à expansions protoplasmiques englobant les bacilles et constituant ultérieurement par leur fusion des cellules géantes ; à la périphérie ils se transforment en cellules épithélioïdes. Le tubercule est ainsi constitué. Plus tard, son ramollissement s’accompagnera d’un nouvel afflux de leucocytes polynucléaires, le bacille se généralisera dans l’organisme, ce qui amènera la mort de l’animal.

Les lignes précédentes nous montrent que le baciile tuberculeux a été précocement englobé, mais non digéré. On peut donc se demander si dans le cas particulier de la Tuberculose, les leucocytes méritent le nom de phagocytes ?

Telle est la question à laquelle nous allons essayer de répondre dans le présent mémoire. |

ET

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