‹ Pharmacopee francaise, ou, Code des medicamensChapitre 111 sur 357 · Huile de Mucilage · texte numérisé non relu

Huile de Mucilage

Prenez : Semences cnntuses

de fenu-grcc, une livre, ou 5oo

de lin, une livre, ou 5oo

Racine de guimauve , une livre, ou 5oo

Eau chaude, dix livres, ou 5, 000

Faites digérer pendant vingt-quatre heures, en remuant de temps tu temps: passez la liqueur visqueuse avec forte expression , et ajoutez :

Huile d’olives, deux livres, ou 1,000

Faites bouillir jusqu’à ce que l’humidité soit presque tout évaporée; passez sans expression , et conservez pour l’usage (i).

2. Huile de NarcolicpLcs , vulgairement appelée Baume tranquille.

Prenez : Feuilles fraîches do pomme épine«^, quatre onces , ou ia5

(1) 11 nous semlde que réinporalion romplèîe cle l’htunidité serait plus avantageuse, car l’iinile est tuuius ;iiers à se lancir.

FRANÇAISE, aSj

de morelle noire, quatre onces, ou. ja5

de belladone, quatre onces, ou laS

de nicotiane, quatre onces, ou ia5

de jusquiame, quatre onces, ou ia5

de'pavot blanc, quatre onces, ou 125

Coupez-les menu, et jetez les dans huile d’olives , six livres, ou , . . , . 3,ooo

Faites-les bouillir jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus d’humidité (i) } ensuite passez, et mettez dans la colaturc :

Fleurs ou sommités sèches de romarin, une once, ou 3a

desauge, une once, ou 3a

de rüe, une once, ou 32

de grande et de petite absinthe, une once, ou. 3a

d’hyssope, une once, ou 3a

de lavande, une once, ou 3a

de thym, une once, ou 3a

do marjolaine, une once, ou 3a

de coq des jardins, une once, ou 3a

de menthe aquatique, une once , ou 3a

de sureau, une once, ou. 3a

de millepertuis , une once, ou 3a

Faites macérer au soleil, pendant quelques mois, dans un vase clos; passez, décantez, et conservez pour l’usage.

La somme des substances uarootiques sera de. . . .

Et celle des aromatiques, de 384

Pour huile 3oo

Les premières seront donc à l’huile dans la proportion de 1/4, et les secondes à-peu-près dans celle de ijS.

[Lorsqu’on se sert de plantes narcotiques sèches pour composer cette huile , on agit comme nous l’avons indiqué à la préparation de l’huile de jusquiame, c’est-à-dire que l’on emploie le 1/5 du poids de celles prescrites fraîches, et on leur rend préalablement leur eau de végétation.

Souvent l’huile narcotique dont nous parlons est colorée dans le commerce avec de l’indigo et du curcuma; elle est alors ordinairement un peu bleuâtre, quelquefois aussi elle l’est avec le vert-de-gris. On reconnaît cette dernière fraude, souvent dangereuse, en brûlant un papier imbibé de cette huile ; la flamme alors est d’un vert très-prononcé. ] ^

(i) C’est alors qu’elle à acquis une teinte vert-éiaeraude très^bellèi

PHARMACOPÉE III. huiles essentielles soufrées.

Huile d’Anis soufrée, vulgairement appelée Baume de soufre

anisé.

Prenez : Soufre sublimé et lavé, une partie. .... i

Huile essentielle (runis , qmiire pai'lies. ..... 4

Faites digérer au bain de sable jusqu’à ce que le soufre soit dissous : rbuile prendra une couleur rouge, et quand elle sera refroidie, vous la mettrez dans un flacon bien bouché.

On l'eut préparer de la même manii'ie des huiles soufi'ées avec les huiles essentielles de térébenihine , de succin , etc, , et même avec les huiles obtenues par e.xpressioa des olives ou des noix,

ARTICLE V

Des Solutions préparées avec l’alcohol , et des Teintures alcoholiques.

On appelle ordinairement teintures, des liqueurs que les pharmaciens préparent avec de l’alcohol , dans le(|uel ils font dissoudre diverses substances végétales ou animales, en les y laissant digérer plus ou moins long-temps h une douce chaleur. Les médicamens, pour être aptes à faire des teintures, doivent être secs, pulvérisés, on concassés , et en quantité sulTisante pour saturer autant que possible l’alcohol.

Les teintures sont simples on composées. Les premières ne contiennent qu’un seul médicament, tandis que les secondes en renferment plusieurs. Mais dès qu’il entre plusieurs substances médicamenteuses dans une teinture , on doit observer de mettre en contact avec l’alcohol , d abord les pins dures et les pins difficiles à dissoudre, ensuite celles qui svnt très-solubles.

On conserve ces préparatioiTS dans des vases bien bouches.

La force de l’alcnhol (pi’on emploie varie suivant la nature des substances à dissoudre. Si l’on se proposait d’enlever tout ce qu’elles conliennent de soluble , peut-être chacun de leurs principes constitutifs cxigcrait-il un alcohol particulier; mais alors le nombre des formules augmenterait audelà de toute mesure. C’est jronrqiioi nous avons pensé qu’il suffisait de trois des degrés dont l’alcobol est susc plible pour préparer toutes les teintures usitées en médecine; savoir : 12---22, 20—52 , et 2G-3G deg. ; car nous n’avons pas

FRANÇAISE. a5g

cru utile d’employer celui qui marque 3o— 4o degrés. Parmi les médicamiuîs dont les teintures peuvent se faire avec trois degrés de l’alcoliol , nous en avons choisi un certain nombre qui pourront servir d’exemples pour préparer les autres.. Quant au degré de chaleur, nous l’avons fixé entre le 28* et le 3o'du lherinomètre de Ré sumur (35 — 37,6 cenlig.)

Les pharmaciens doivent avoir soin , en outre , de se procurer l’alcohol le plus pur possible, et de le ramener ensuite , par l’addition de l’eau distillée simple, au degré qu’ils jugent être le plus convenable pour chaque teinture.

Quelques personnes ont pensé qu’on parviendrait à se procurer des teintures plus chargées en ajoutant de l’ammo-* niaque ou de la potasse à l’alcohel pour lui donner plus de force. Mais des ex|)ériences directes ont démontré que de l’alcoholà 22=36 degrés, auquel on a ajouté moitié d’ammoniaque , ne dissout pas plus de résine de gayac que quand on l’emploie pur ; que le rapport de la solution simple à l’autre est de 8 à 6,7, dans ce cas, et absolument le même quand on agit sur de la racine de valériane. La potasse ordinaire , ou le sous-carbonate de potasse, augmente encore bien moins la faculté dissolvante. En efl'et, l’alcohol ne peut s’en charger que d’une très-petite quantité , surpassant à peine 1/1 54, et il dissout alors beaucoup moins de succin qu’auparavant , c’est-h-dire que la proportion de ce bitume est de i/52,3 dans l’alcohol pur, et de 1/76,5 seulement dans l’autre. Quant à la potasse pure, qui est infiniment plus soluble dans l’eau , puisque cette liqueur peut en recevoir au-delà du cinquième de son poids, on ne s’en est point encore servi pour préparer les teintures; mais il en résulterait probablement une espèce de savon soluble dans i’alcoliol.

[ Ce serait d’ailleurs introduire dans les médicamens des substances alcalines Irès-acli ves , capables aussi souvent de dénaturer les combinaisons naturelles que l'on se propo«e de dissoudre parralcohol pur, et de donner autant que possible dans leur état primitif. ]

Comme la force des teintures dépend de la quantité de matière soluble que l’alcohol renferme , nous ne nous sommes servis, dans les formules simples, que de nombres généraux, d’apres lesquels , en les pL çaut an-dessous les uns des autres , il est plus facile de juger des proportions au premier coup d œil. Mais nous avons employé les poids du conimerce pour les formules composées, dans la crainte que les pifo-

o6o PHAÎIMACOPÉK

portions respectives de plusieurs médicamens , exprimées avec moins de précision , ne donnassent lieu à quelque erreur.

Page 1