Extrait de Ciguë avec la Fécule
Prenez : Herbe fraîche et mondée de ciguë oflicinale. . . quantité suffisante.
Pilez-Ia dans un mortier de marbre , en ajoutant par degrés un peu d’eau; exprimez le suc, passez-Ie au tamis et faites-le bouillir légèrement. Pendant l’ébullition, lorsque vous verrez s’y former un peu de coagulum, passez-le à la chausse et faitesle évaporer en consistance de miel. Alors, éloignez le vase du leu , et mêlez-y la fécule qui sera restée dans la chausse; mêlez le tout, et laites évaporer au bain-marie, en remuant de temps en temps, jusqu’à consistance pilulaire. Préparez de même les extraits d’aconit, de jusquiame et de belladone.
[ Ce procédé est celui de Stork; il a le désavantage de laisser dans l’extrait la partie albumineuse, qui s’est coagulée et qui est unie à la chlorophylle (^]adis fécule verte’) \ celte matière albumineuse rend l’extrait de ciguë très-prompt à s’altérer. Pour obvier à cet inconvénient, M.Henry père a proposé le mode suivant mis en pratique à la Pharmacie centrale. Il consiste à filtrer à froid le suc de la plante, pour obtenir sur les filtres la matière colorante {chlorophylle), à séparer l’albumine de la liqueur filtrée par l’action de la chaleur, et à rapprocher ensuite à la chaleur de ICO degrés centigr. le suc passé à la chausse; lorsque celui-ci est en consistance de miel épais , on y incorpore la chlorophylle, que l’on a pulpée au tamis pour la rendre plus homogène et plus lisse , puis on achève l’évaporation.
Il est bien préférable d’ajouter la chlorophylle molle que delà faire sécher et de la réduire eu poudre, que l’on mêle ensuite; car le mélange est toujours moins complet , et de plus par la dessiccation cntte chlorophylle a pu perdre un partie de ses propriétés.
Il existe un autre mode qui réussit parl'ailement j c est celui de passer le suc de ciguë à travers un linge pour séparer les fibres grossières, et de le faire rapprocher sur des assiettes a la chaleur de 4o degrés centigr. L’extrait obtenu doit être conserve dans des bouteilles bien bouchées.
Ou peut appliquer ce moyen à la préparation de plusieurs auires extraits, et sur-tout de ceux de belladone et Aejasquiame. On sépare, si l’on veut, auparavant, l’albumine et la matière colorante, à l'aide d’une légère ébullition et du filtre} puis le liquide est concentré à l’étuve comme ci-dessus.
Enfin, on demande quelquefois l’extrait de ci^né préparé par le vinaigre, et ce mode de préparation s’applique également a ceux de plusieurs plantes narcotiques, la jusquiame, la belladone, le stramonium, etc. Pour cela, on prend ces plantes mondees convenablement et sèches; on les expose sur un diaphragme ou sur un tamis à la vapeur du vinaigre, et lorsqu elles sont bien ramollies on les pile avec un peu d’eau , ou les expruiie, et le suc est mis à évaporer, soit à l’étuve, soit au bain-rnarie.
Par ce procédé , on exalte , dit-on , beaucoup l’odeur vireuse de ces végétaux. ]