I . Éther Sulfurique
Prenez ; Alcohol ( 26= 56 degrés ).
Acide sulfurique ( 66 degrés ), de chaque .... 5, 000 (1).
(1) IJ faut observer qu’ayaist seulement l’intention d’indiquer d’une manière générale les proportions des deux substances , chacun peut augmen-
Tersez d’abord l’alcohol dans une cornue de verre tubulée à sa partie supérieure; introduisez ensuite l’acide par la tubulure, et remuez la liqueur pour la mélanger exactement. Placez la cornue sur un bain de sable cbaud; que son col communique par le moyen d’un long tube de verre, avec un grand ballon dont la partie inférieure plonge dans de l’eau qu’on a soin d’entretenir toujours froide ; qu’une tubulure pratiquée au bas de ce ballon permette à la liqueur qui s’y rassemble, de couler dans des récipiens ou des flacons, qu’on aura soin de changer à mesure qu’ils se rempliront, par les progrès de la distillation. On introduira également dans la tubulure de la cornue un entonnoir garni d’un double robinet, et dont l’extrémité inférieure devra toucher presque au fond de la cornue.
L’appareil étant ainsi disposé, allumez le feu sous le bain de sable, et faites bouillir le plus promptement possible les deux liquides mêlés. Il passera une liqueur dans le récipient; dès que la quantité en sera de i,ooo, ajoutez autant d’alcohol nouveau, à la place de celui qui s’est converti en éther, et agissez ainsi plusieurs fois de suite , jusqu’à ce que vous ayez ajouté une quantité d’alcohol égale à celle qui a servi d’abord, c’est-àdire, 5,000. Continuez alors de distiller jusqu’à ce qu’il ait passé dans le récipient 7,600 de liqueur éthérée.
On purifie l’éther ainsi préparé, en y mêlant un peu de potasse liquide, et en le distillant ensuite au bain-marie. Le premier tiers qui passera, c’est-à-dire, a,5oo, sera de l’éther trèspur, marquant 46=56 degrés à l’aréomètre de Baumé, et dont la densité sera de 768. Il suffît pour les usages de la médecine, mais on peut encore le rectifier davantage, et le porter jusqu’à 56=66 degrés; sa densité n’est plus alors que de 715'. A cette liqueur succède une pareille quantité d’éther alcoholisé, marquant 35=45 degrés, et dont la densité est de 8o5; on l’appelait autrefois liqueur anodine d'Hoffmann.
[Quand on opère en grand, il est quelquefois dangereux de faire le mélange dans la cornue, parce qu’il se produit beaucoup de chaleur et que l’on s’expose à briser le vase, et parce qu’en outre l’acide sulfurique contenant du sulfate de plomb laisse par
ter ou diminuer à son gré la quantité que nous avons établie ; mais que cependant l’opération réussira mal si l’on opère sur de trop faibles quantités d’alcohol et d’acide : au contraire , elle se fait avec succès quand on se sert de mesures propres à remplir quatre à cinq bouteilles de deux livres chacune. Si pourtant vous voulez faire moins d’éther sulfurique , ayez une cornue , un ballon adapté à son col , et trois flacons remplis d’eau à moitié seulement : garnissez le ballon d’un tube de sûreté, établissez une communication entre lui et le premier flacon , entre celui-ci et le second , et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’appareil, par le moyen de tubes recourbés, selon la méthode de Weiss , et distillez ensuite suivant les règles de l’art.
son union avec l’alcohol, déposer ce sel, qui causerait dans le vase des soubresauts très- dangereux souvent pour l’opération. Il est préférable de faire le mélange à part dans des terrines , et de l’ajouter ensuite dans la cornue.
Il est préférable aussi de n’ajouter en deuxième que la moitié de l’alcohol indiqué, parce que l’acide sulfurique l’affaiblit beaucoup et n’est plus capable d’étbéréifier l’alcohol, qui passe alors pur et se mêle à l’éther. C’est ce qui nécessite de laver cet éther avec de l’eau, et de le décanter ensuite pour le rectifier, d’abord sur de la potasse, puis sur de la magnésie caustique.
C’est lorsqu’on voit pendant la formation de l’éther les gouttelettes d’huile jaune se produire ainsi que des vapeurs blanches d’acide sulfureux, qu’on doit arrêter l’opération et retirer le feu.
ISota. L’éther phosphorique est le même que celui dont nous venons de parler; il se prépare comme lui, en faisant arriver l’alcohol goutte à goutte dans l’acide chaud : on le demande trèsrarement aujourd’hui. M. Boullay, à qui on doit un travail trèsintéressant sur les éthers (i) , a donné les procédés pour les obtenir tous.]
Obs. Si l’on veut obtenir l’éther sulfurique alcoholisé, ou la liqueur anodine d’Hoffmann , il suffit de mêler ensemble deux parties d’alcohol et une d’acide, et de les distiller ensuite. On recueillera la moitié du tout dans le récipient, c’est-à-dire que 10,000 d’alcohol et 5,ooo d’acide donneront j,5oo d’éther alcoholisé.
[Le simple mélange d’alcohol et d’éther sulfurique constitue également la liqueur d' Hoffmann.