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Savons médicinaux de Résines

Prenez : Résine de jalap, de scammonêe, ou toute autre quelconque ‘ g

caustique , ayant soin d’étendre cette lessive d’eau , et de saponifler à l’aide d’une douce chaleur?

Nota. On fait au surplus, comme le dit le Codex, aussi bien le baume opodeldoch en se servant de savon animal préparé avec la graisse de porc pure et la lessive caustique , d’après les proportions et avec les précautions que nous venons d’indiquer.

PHAruMACOPÉE

Savoii amygdalin

Dissolvez dans alcohol (22^52 degrés ) quantité suffisante.

Fuites évaporer ensuite l’alcohol , et épaîssir.la matière jusqu’à consistance d’extrait.

Trois "-rains de ce savon en contiennent un de résine.

[M. Pelletier a donné la formule d’un savon composé, dit savon acétique éthéré. Il le prépare avec :

Savon animal 2^ ^

Ether acétique 3 j

Faites dissoudre le savon dans l’éther, filtrez.

Le baume acétique camphré, du même, n’est aussi qu’une espèce de savon. En voici la recette :

Savon auimal ., 5j , *.

Camphre 5).

Ether acétique 5 fi

Essence de térébenthine . 10 gouttes.

Ôn fait dissoudre le camphre et le savon dans l’éther, et l’on ajoute l’essence.

Nota. Ces deux formules sont’ indiquées dans l’ouvrage de MM. Idt et Chevallier.]

ALCAtlS VÉGÉTAUX OU ALCALOÏDES (l).

Depuis plusieurs années on a retiré des végétaux certains principes particuliers ayant la propriété de se comporter avec les acides comme la potasse, la soude, etc. , et on leur a donne le nom à' alcalis végétaux. Comme plusieurs sont employés avec succès en médecine, nous citerons les principaux, ainsi que leurs combinaisons les plus usitées.

Nota. Kous donnerons aussi une note succincte contenant quelques autres principes immédiats tirés du règne végétal ou animal, et dont ou peut introduiie aussi l’usage dans la pratique médicale. • a *

(1) Nous avons déjà indiqué les motifs qui nous font ranger à la suite de chaque alcaloïde les principaux sels qu^il donne avec les acides. L oidre suivi dans le Codex n’est pas assez méthodiqucipour qu il paraisse étrange d’isoler de l’ordre des sels des composés qui devraient rigoureusement s y trouver.

TRANÇAISE.

Quinine.

Cet alcali, qui existe principalement dans le quinquina jaune royal [cinchona cordifolia) , s’obtient aujourd’hui généralement par le procédé de M. Henry fils , modifié depuis par quelques chimistes. Le voici :

Ou prend un kilogramme d’écorce de quinquina jaune privée de son épiderme; on la réduit en poudre grossière et on la fait bouillir avec 5 kilogram. d'eau acidulée par 5o gram. d’acide sulfurique; après demi-heure environ d’ébullition, on passe, on exprime, et l’on réitère deux ou trois fois la même opération. Les liqueurs étant réunies et refroidies, vous ajouterez par portion de la chaux éteinte en poudre fine, jusqu’à ce que le tout soit très-sensiblement alcalisé , et qu’il se soit fait une sorte de coagulum rougeâtre dans le liquide. On recueille alors le dépôt sur des toiles, et quand il est bien égoutté, séché à l’étuve, et réduit en poudre, on le met digérer à plusieurs reprises dans l’alcohol à 32 degrés. Les teintures dépurées , soit à l’aide de la décantation, soit à l’aide du filtre, sont soumises à la distillation, que l’on doit pousser le plus possible, et donnent un résidu brun visqueux, cassant à froid, qui est la quinine mêlée à une matière grasse. Pour l’obtenir pure, il faut la traiter à chaud par de l’eau acidulée et par une petite quantité de charbon animal, puis ajouter dans la liqueur filtrée et froide un lé<^er excès d’ammoniaque. Le précipité blanc recueilli, lavé et séché ou dans le vide, ou à l’aide d’une douce chaleur, est la quinine.

Sulfate de Quinine.

Comme l’alcaloïde dont nous venons de parler s’emploie plus généralement à l’état de combinaison avec les acides , et principalement avec l’acide sulfurique, voici le moyen de préparer

On prend le résidu de la distillation des teintures alcoholiques dont j’ai parlé plus haut, et on le traite à l’aide de la chaleur par de 1 eau contenant i/i5 de son poids d’acide sulfurique; et quand on remarque que la liqueur n’est plus qu’à peine acide , et .présente à sa surface de petits cristaux, on la filtre rapidement. Le sulfate qui se solidifie par le refroidissement est coloré; on le fait égoutter convenablement, on mieux, on l’exprime legerement , et alors on le purifie en le taisant cristalliser de nouveau dans une quantité convenable d’eau. A cet effet, il faut ■tjouter quelques gouttes d acide et environ 24 grammes de charbon animal dans le mélange, faire bouillir et filtrer de nouveau. Le produit abandonné, en repos, cristallise en aiguilles blanches

soyeuses, qui'sont recueillies et séchées à l’éluve entre des papiers Joseph.

Les eaux- mères évaporées fournissent de nouveaux cristaux de sulfate de quinine, mêlé de sulfate de cinchonine (i).

Obs. mm. Robiquet, Pelletier, Bernadet, sont les principaux chimistes qui ont apporté les modifications les plus heureuses à la préparation de ce composé salin.

1°. Ils ont reconnu qu’il est inutile d’évaporer les eaux provenant du précipité formé par l’addition de la chaux éteinte , parce que la quantité de quinine qu’elles contiennent est trèspeu considérable.

2°. Quelquefois ils remplacent, pour les décoctions du quinquina, l’acide sulfurique par l’acide hydro-chlorique , afin d’obtenir par la chaux une quitntité moindre de précipité, et de perdre par conséquent moins d’alcohol.

5°. Ils proposent aussi de dissoudre préalablement la matière «rrasse brune ^Jans une petite portion d’alcohol, avant de la traiter par l’eau acidulée, ou bien d’ajouter dans les teintures alcoholiques un très-léger excès d’acide sulfurique , puis de distiller aux 8/iO. Le résidu est le sulfate de quinine, qui souvent est assez beau pour n’avoir pas besoin d’être purifié.

Après la distillation des teintures alcoholiques, le résidu brun est ordinairement surnagé par un liquide qui contient encore quelques traces de quinine ou de cinchonine, il faut l’aciduler légèrement, et le faire bouillir avec du charbon animal, puis concentrer jusqu’à ce qu’il se forme des cristaux.

Quand les liqueurs qui contiennent le sulfate de quinine sont trop acides et refusent alors de cristalliser, on est dans l’usage d’y ajouter suffisante quantité de carbonate de chaux pulvérisé, mais souvent ce sel, comme M. Bernadet l’a reconnu , forme un précipité de sulfate de chaux, qui retient avec lui du sulfate de quinine. H est plus avantageux de saturer cet excès d’acide par de l’ammoniaque très-affaibli et du charbon animal.

Cinchonine.

On retire cet alcali du quinquina gris (cinchona condaminea) , quoiqu’il se trouve aussi dans d’autres espèces de quinquina. Pour l’obtenir, on suit à-peu-près le même procédé que pour la quinine; seulement, au lieu de pousser très-fortement la distillation des teintures alcoholiques, on doit ne retirer qu’environ les /j/5 du liquide. La cinchonine, qui cristallise facilement dans

(i) Nous ne parlons pas du sulfate acide de quinine reconnu par M. Robiquet, parce qu’il n’est point employé dans l’usage pharmaceutique.

le résidu de l’opération , est purifiée de nouveau par l’alcohol et le charbon animal, puis séchée avec soin.

Sulfate de Cinchonine.

Ce sel s’obtient comme celui de quinine, en faisant dissoudre la cmchonine dans une quantité suffisante d’eau acidulée, puis filtrant et laissant cristalliser en repos : il est moins usité. ^

Strychnine.

Cette substance se prépare de deux manières.

i». Procédé de M. Pelletier.

On épuise par i’alcohol à 3a deg. la noix vomique (strychnos nu^ vomica) réduite en poudre, comme l’a conseillé M. Henry père, en 1 exposant à la vapeur, la faisant sécher et la pilant dans un mortier de fer. Lorsque les teintures sont réunnies et qu’elles dut été soumises à la distillation, on traite le résidu ou extrait alcohohque par l’eau distillée. On ajoute à la solution du sousacetate de plomb liquide en léger excès; on décante la liqueur on lave le précipité avec soin, et les eaux de lavage sont réunies a la première liqueur. Pour en séparer le plomb en excès, on v tait passer un courant d’acide hydro-sulfurique (i). On filtre“^ et 1 on fait bouillir avec un excès de magnésie caustique. Le dépôt lave est traité à chaud par l’alcohol à 36 degrés , et celui-ci distille aux trois quarts, donne un résidu cristallin qui est la mne, que l’on purifie souvent de nouveau à l’aide du charbon animal.

a«. Procédé de M. Henry père , modifié.

On fait bouillir la noix vomique, pulvérisée comme ci-dessus dans 1 eau, en ayant soin d’ajouter à la troisième décoction une petite quantité d acide hydro-chlorique. Les liqueurs passées et reunies après l’expression du marc, sont concentrées en consistance sirupeuse ; on y ajoute alors, non pas de la chaux éteinte mais de la chaux vive réduite en poudre , environ 6 ou 800 gram! pour 4 kilog. de noix vomiques employées. Le précipité qui se torme est recueilli sur une toile, et lavé d’abord avec de l’eau

est bien plus prompt et plus avantageux de précipiter cet oxide de plomb par 1 addition d une petite quantité d’acide sulfurique.

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pure, puis avec de l’alcohol à 22 deg. qui en sépare la brucine, que l’oti peut retirer ensuite par l’évaporation complète de ce véhicule.

Le dépôt ainsi lavé est séché, réduit en poudre et traité par de l’alcohol à 36° bouillant. On distille aux 4/5 environ les teintures , et l’on obtient la strychnine cristallisée comme dans l’autre procédé.

La strychnine combinée aux acides forme des sels , mais ils ne sont pas usités en médecine.

Brucine.

Pour préparer cet alcali végétal , après avoir épuisé l’écorce de fausse angusture {brucea antidjsenterica) par l’éther', on la traite plusieurs fois par l’alcohol à 32 deg. , et l’extrait alcoholique qui en résulte est dissous en partie dans l’eau. La solution décomposée par l’acétate de plomb , et le liquide qui en résulte , privé de plomb par l’hydrogène sulfuré, est mis en contact à chaud avec un excès de magnésie pure, et du précipité qui se forme on enlève la brucine au moyen de l’alcohol bouillant. Par la distillation aux deux tiers, et l’évaporation spontanée, elle cristallise.

On peut l’obtenir aussi en suivant le procédé donné pour le sulfate de quinine, car le sulfate de brucine cristallise très-bien. En décomposant ce sel par un léger excès d’ammoniaque , la brucine se précipite sous l’apparence d’une résine, qui, exposée à l’air, augmente de volume et se réduit eu poudre. On la dissout dans l’alcühol, comme ci-dessus, et on la fait évaporer s’pontanément.

PbINCIPES immédiats HEDTRES, 00 QUE l’oM ^E PEUT RANGER PARMI LES BASES SALIFIABLES.

Narcotine.

On prend les résidus provenant de l’opium épuisé par l’eau pour la préparation de l’extrait gommeux , et après lés avoir réduits en poudre grossière, on les met en contact à frôid avec l’acide hydro-chlorique à 4 deg., ou mieux, de l’acide pyrôligneux à 4 ou 5 deg. On passe avec expi-ession le liquide, qui, filtré et décomposé par un excès d’ammoniaque , laisse précipiter la narcotine mêlée de résine. Le dépôt lavé à l’eau froide est mis en digestion dans l’alcohol à 36 deg. bouillant, et la mfl^coline obtenue par le refroidissement doit être purifiée de nouveau au moyen du ciiarbon animal. Les liqueurs alcoholiques distillées fournissent encore beaucoup de crlstauX impurs. '

Emétine pure.

Cette substance se retire de l’extrait alcoholique d’ipécaeuanha, dont on a isolé l’émétine brune par l’eau froide. (Voyez à l’article des Extraits.) Dans cet état on l’étend d’une trèspetite quantité d’eau , puis on y ajoute de la magnésie caustique en léger excès. L’alcoholà36 deg. , mis à chaud en contact avec le précipité magnésien et du charbon, donne par l’évaporation spontanée une poudre blanche non cristallisée, qui est l’émétine.

Gentianin.

Cette substance a été découverte par MM. Caventou et Henry père : elle a été retirée de la racine de gentiane. A cet effet, lorsqu’on a réduit celte racine en poudre très-fine , on l’épuise par 1 éther sulfurique , et les teintures éthérées soumises à la distillation donnent une masse glutineuse sur laquelle on met’ à plusieurs reprises de l’alcohol froid à 22 deg. On distille les nouvelles teintures, et le résidu évaporé à siccité , et mêlé avec un excès de magnésie pure, forme un dépôt dont l’éther dissout une partie du gentianin; ce dépôt, qui retient encore du gentianin, ainsi traite, est mis en contact avec l’acide oxalique, puis avec l’éther sulfurique qui en sépare le gentianin. Ce principe est jaunâtre, crystallisable , et se volatilise sous la forme d’une vapeur jaune.

Lupuline.

Celte matière se retire des cônes du houblon, que l’on agite sur un tamis, et dont on reçoit la poudre jaune sur une feuille de papier. Celte poudre est mêlée de sable; pour l’isoler, on délaye dans l’eau la poudre de lupuline qui la surnage, on la fait s’écher, puis on la conserve dans des flacons bien bouchés.

Cantharidine.

M. Robiquet, à qui on doit la découverte de cette substance cristalline, la retirée, comme son nom l’indique, des cantharides entières. Il l’a c btenue :

1”. En faisant bouillir la poudre de cantharides dans l’eau, et traitant le résidu par l’alcohol , qui donne, exposé à l’air, une huile verte fluide.

2“. La liqueur aqueuse, évaporée eu consistance d’extrait mou, est mise en contact avec l’alcohol; celui-ci, distillé, donne

un résidu dont l’éther sulfurique sépare la cantharidinc à l’aide de l’alcohol froid, sous forme de paillettes micacées. La matière jaunâtre huileuse en est facilement isolée.]

Castorlne.

La castorine s’obtient en mettant à plusieurs reprises du castoreum divisé avec six poids d’alcohol rectifié bouillant, et filtrant la colature chaude. Elle laisse déposer, par le refroidissement, de petits globules blancs qui doivent être purifiés par l’alcohol froid, pour laisser la castorine pure.

ARTICLE VII

Des Eaux Minérales factices.

Les observations d’un grand nombre de médecins ayant prouvé que les eaux minérales factices jouissent de propriétés analogues (i) à celles qui ont rendu célèbres les sources que la nature fait jaillir du sein de la terre dans divers pays, nous avons pensé qu’il ne serait pas inutile d’entrer dans quelques détails sur la manière dont les chimistes les préparent. Il suffira de rapporter un petit nombre d’exemples choisis parmi les eaux qu’on emploie le plus fréquemment , pour que l’on conçoive sans peine comment on doit faire toutes celles dont l’analyse a fait connaître la composition. Au reste , il s’agit moins d’imiter la nature que dé s’en rapprocher le plus possible , et de reproduire, non toutes les vertus des eaux minérales naturelles , mais seulement les principales , celles dont la médecine sait tirer parti. Nous divisons les eaux minérales factiees en acidulés , acidulés salines , acidulés ferrugineuses et hydx’osulfureuses.

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